Fashion Week Femme SS19 Jour 1

DEFILE KRISTINA FIDELSKAYA AU GARAGE LUBECK: La créatrice ukrainienne basée à Dubaï a présenté une nouvelle collection dans laquelle elle prône le retour aux vraies valeurs, abandonnant un luxe ostentatoire pour davantage d’authenticité, mettant en avant la qualité des tissus ainsi que des détails subtils et raffinés qui reflètent les petites attentions de la vie de tous les jours. Inspirée du mouvement du Nouveau Réalisme elle propose des formes, volumes et finitions innovantes dans des matières soigneusement choisies comme un taffetas technique, un gazar de viscose métallique, une popeline de soie lamée. Tailles hautes, transparences, coupes oversize, cheveux plaqués, chaussures plates. Les silhouettes longilignes jouent sur l’androgynie et se déclinent dans une palette de couleurs estivales sobres, à base d’écrus rosés, de blancs crémeux, de noirs légers. Ce qui n’exclut pas non plus un jaune plus audacieux délicatement associé à des teintes métalliques, une combinaison de petites touches de couleurs vives rappelant la palette d’un peintre, ou bien encore des motifs Vichy imposants. Au final une collection très actuelle et intelligemment revendicative.

Le streetstyle du lundi 24 septembre 2018 aux abords des défilés Dior (à l’Hippodrome Paris Longchamp) et Kristina Fidelskaya:

Et, pour terminer, mon look du jour:

 

 

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Fashion Week Homme SS19 Jour 5 (dernier jour)

DEFILE RYNSHU SUR LA TERRASSE DE L’HOTEL MEURICE: Cette nouvelle collection intitulée « Rynshu Peace » a été inspirée par la chanson de Stevie Wonder « I just called to say I love you », pour son message de paix et pour les paysages paradisiaques qu’on voit dans son clip. D’où ce festival de couleurs vives à dominante bleu et jaune qui nous emmène vers la mer, le soleil et la nature des îles d’Hawaï et de Tahiti. Le noir caractéristique de la marque s’orne de petits motifs en plastique et métal noir cousus à la main et se met à refléter les ombres oniriques d’une forêt de palmiers dans l’obscurité. Légèreté exceptionnelle du pur cachemire et du multi-stretch. Les tee-shirts en jersey se parent de broderies de fleurs roses appliquées en écussons « Rynshu Peace » et transmettent le message « I want to be happy ». Les chaussures, chapeaux, vestes et blousons sont aussi brodés de fleurs. L’accessoire clé de la saison est une écharpe garnie de disques irisés roses délicatement cousus à la main. Peace and love!

Le streetstyle du dimanche 24 juin 2018 aux abords des défilés Balmain Homme et Y-3:

Et, pour terminer, mon look du jour:

 

Fashion Week Homme SS19 Jour 4

DEFILE SANKUANZ A LA CITE DE LA MODE ET DU DESIGN: Le créateur chinois Shangguan Zhe a présenté une nouvelle collection aux inspirations diverses, qui tout à la fois revisite les codes de la masculinité et nous propose une esthétique d’avant-garde aux accents militaire, utilitaire et sportswear. Vestes oversize, shorts amples ayant l’apparence de jupes, imprimés camouflage, ensembles en cuir qui semblent inspirés de combinaisons de plongée, carreaux et cottes de maille, gilets pare-balles tenues de survie en matières transparentes. Ces silhouettes hybrides se déclinent en noir dominant, mais on y trouve également des couleurs pastel (rose, vert) ou fluo. A noter une collaboration avec Puma pour une ligne de sneakers aux couleurs flashy.

DEFILE GEOFFREY B SMALL A L’ESPACE SAINT MARTIN: Pour cette nouvelle collection intitulée « On your Mark » le designer américain installé en Italie s’est inspiré de la légendaire course automobile italienne d’endurance sur route « Mille Miglia » (les Mille Milles), qui s’est déroulée entre 1927 et 1957, y voyant un symbole du monde actuel qui court droit à son auto-destruction à moins qu’il ne fasse un virage vers une civilisation plus proche de la nature, écologiquement et socialement responsable. Convaincu que le monde de la mode doit être conscient de ces enjeux, il dédie sa collection à cette révolution des comportements qu’il appelle de ses voeux. En guise de fond sonore du défilé, il nous a proposé des enregistrements récents de personnalités engagées dans ces combats, comme Noam Chomsky et Jeremy Rifkin, donnant un tour assez dramatique à la présentation. Ceci se traduit pour lui par une nouvelle esthétique, ce mélange doux-amer de désespoir et d’espoir étant reflété d’un côté par des pièces aux coupes structurées et teintes austères, de l’autre par davantage de fluidité et de couleurs claires. Des coupes plus modernes, des épaules renforcées, des détails sportswear, de la transparence et une palette de couleurs plus diversifiée viennent donc cotoyer une élégance plus intemporelle, mais l’ensemble est toujours fabriqué à la main et avec les meilleurs tissus dans les ateliers du créateur à Venise.

PRESENTATION MAROS BARAN DANS UN ATELIER DE CERAMIQUE DU 9EME: L’artiste et créateur slovaque installé à Paris a présenté sa nouvelle collection intitulée « Aftermath », inspirée par Nietsche et le tout récent film de science-fiction « Annihilation » réalisé par Alex Garland. Il s’agit d’un projet artistique incluant tout à la fois sa collection mixant tenues de combat, sportswear et tailoring dans une esthétique soignée et recherchée aux couleurs fortes, un lookbook en video la mettant en scène dans une sorte de nature paradoxale, et une performance sur le thème de l’acte impossible dans laquelle le modèle s’efforçait de reconstituer avec persévérance une poterie détruite en début de séance. Une très belle découverte!

Le streetstyle du samedi 23 juin 2018, notamment aux abords du défilé Dior Homme (à partir de la dixième photo):

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme SS19 Jour 3

DEFILE MAISON MIHARA YASUHIRO AU GARAGE LUBECK: Le créateur japonais Mihara Yasuhiro a fêté le 20ème anniversaire de sa marque en revenant défiler à Paris et en donnant une nouvelle impulsion à son style. Connu pour sa fantaisie débridée, mixant les influences anglo-saxonne et japonaise, il nous propose de revisiter les pièces maîtresses de ses dernières collections en les remettant au goût du jour. Ceci conduit à une collection foisonnante, à base de multiples superpositions, dans un mix détonnant de longueurs, couleurs, matières et motifs, où rayures et carreaux se font la part belle. On y trouve ainsi des vêtements hybrides à quatre manches pouvant être portés de plusieurs façons: cardigan/bomber, tricot/coupe-vent, veste/chemise, jogging/bermuda. Des effets trompe-l’oeil accompagnent ces silhouettes sophistiquées et innovantes. Des chemises patchwork donnent la réplique à des vestes en cuir clouté. Les détails ne sont pas en reste avec des zips en format géant, des tickets de pressing cousus sur les vêtements en guise de garnitures, des cordons de sweaters et joggings à rallonge. Très inspirant!

Le streetstyle du vendredi 22 juin 2018:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme SS19 Jour 2

DEFILE ISSEY MIYAKE MEN A L’UNIVERSITE PIERRE ET MARIE CURIE (JUSSIEU): S’inscrivant pleinement dans une époque où les frontières entre vestiaire formel et décontracté tendent à s’estomper de plus en plus, le directeur artistique Yusuke Takahashi nous a présenté une nouvelle collection intitulée « Sun everywhere » combinant tout à la fois confort, décontraction et style. Les chemises sont remises au goût du jour et se portent blanches ou alors dans des ensembles garnis de toutes sortes de motifs graphiques et colorés, jouant sur les rayons et les ombres du soleil,  dessinés pour certains par ordinateur. Pouvant tout aussi bien servir de veste, elles s’allient avec d’élégants bermudas, longs et amples, qui détrônent l’habituel pantalon, lui aussi porté large. La palette de couleurs s’avère particulièrement raffinée et conduit en fin de compte à des tenues urbaines très chic et relax, tout à fait accessibles.

Le streetstyle du jeudi 21 juin 2018, aux abords des défilés Issey Miyake, Rick Owens et Louis Vuitton:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme SS19 Jour 1

DEFILE LOUIS-GABRIEL NOUCHI (LGN) DANS UNE GALERIE DU 11EME: Pour ce premier défilé le jeune créateur français a puisé son inspiration dans le roman « Le Pavillon d’or » de l’auteur japonais Yukio Mishima, racontant l’histoire (vraie) d’un jeune moine bouddhiste qui, obsédé par la beauté de ce temple, décida de le brûler en 1950. Amoureux du Japon, Louis-Gabriel Nouchi nous invite ainsi à une réflexion sur la notion de beauté dans un monde en crise. Les coupes amples rappellent les kimonos traditionnels et enveloppent le corps tout en sensualité. L’espace entre la peau et le tissu est sublimé par le mouvement. Ce nouveau masculin aux accents féminins assumés s’exprime par des mailles et soies aux couleurs délicates, contrebalancées par des traitements bruts tels que délavages et surteintures sur du denim ou du jersey. Les influences d’Extrême Orient, streetwear et tailoring se mélangent habilement dans un vestiaire contemporain, sensible et fonctionnel. Les imprimés aux larges bouquets fleuris placés de façon aléatoire ont assurément une intensité dramatique qui nous met face à la violence quotidienne du monde qui nous entoure.

PRESENTATION HUGO COSTA DANS UNE GALERIE DU MARAIS: Pour cette nouvelle collection le créateur portugais a trouvé son inspiration dans le « kintsugi », un art japonais consistant à réparer des objets en céramique ou porcelaine avec des jointures en or. Autrement dit, c’est la beauté qui ressort de l’imperfection. Ceci se traduit par des vêtements reconstruits aux doublures et coutures apparentes, ourlets à liens, surplus de tissu, patchworks, manches superposées, surfilage… Ces détails subtils sont conjugués avec des couleurs délicates et douces comme le lilas, toutes sortes de pastels, blanc, denim et kaki clairs. La collection était parfaitement mise en valeur par le décor épuré et lumineux, garni de vaisselle brisée, de la présentation, illustrant l’inspiration toute en finesse du créateur que l’on continuera à suivre.

Le streetstyle du mercredi 20 juin 2018:

Et, pour terminer, mon look du jour: