Fashion Week Homme SS20 Jour 1

DEFILE LOUIS-GABRIEL NOUCHI (LGN) A L’ESPACE NIEMEYER (SIEGE DU PARTI COMMUNISTE FRANCAIS): Le jeune créateur français a présenté une collection intitulée « The Skin » en référence au roman « La Peau » de l’écrivain italien Curzio Malaparte qui raconte l’expérience de la guerre d’un soldat italien pendant la libération de Naples par l’armée américaine en 1943. La collection se veut être ainsi un message d’amour et de paix dans le monde violent actuel. Les silhouettes d’allure classique et élégante sont construites en combinant différentes techniques comme la maille, les imprimés, la teinture. On apprécie notamment les coupes amples des pantalons, les shorts longs, des pièces originales comme des combinaisons et des tuniques, une chemise blanche sans manches très chic. Les coupes tailleurs des années 1940 s’enrichissent de détails militaires. Des éléments grunge, chers au créateur, s’invitent dans des bords francs ainsi que dans des manches et ourlets déconstruits. La gamme de couleurs sobres est directement inspirée de la cité antique italienne. Les associations de couleurs délicates, parfois ton sur ton, sont du plus bel effet.

PRESENTATION HUGO COSTA DANS UNE GALERIE DU MARAIS: Pour cette nouvelle saison le créateur portugais a présenté une collection intitulée « Haenyo » (littéralement femmes de la mer) en hommage à ces femmes plongeuses en apnée originaires de la province du Jeju-do, une île du sud de la Corée. Représentatives de la structure matriarcale de cette province, elles devinrent en effet les « chefs » de leur famille lorsqu’elles se mirent à la plongée à la place des hommes pour aller chercher la nourriture quotidienne de la famille dans des conditions souvent difficiles et ceci jusqu’à l’âge de 90 ans. Cette inspiration a conduit à une collection unisexe toute en sensibilité, avec des vêtements amples et confortables jouant parfois sur la transparence, dans lesquels les tissus classiques se combinent aux matières plus techniques comme le waterproof et le 3D net. Les silhouettes sont sublimées par des foulards et cravates nouées de façon nonchalante. Thème cher au créateur, les tenues sont dotées de nombreuses poches dont certaines semblent amovibles. Les couleurs vives et fortes sont dominées par l’orange, le vert et le bleu et se combinent habilement, non sans une certaine audace. Evoluant dans un décor rappelant le monde de la pêche, les mannequins sont équipés de grands sacs ou de pochettes portées en bandoulière.

Le streetstyle du mardi 18 juin 2019:

Et, pour terminer, mon look du jour:

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Festival de Cannes 2019

Le Festival de Cannes est toujours pour moi un moment particulier de l’année. Un cocktail de projections et de rencontres, non pas avec les stars inaccessibles, mais avec « l’autre » festival, celui des festivaliers ordinaires, des invités lamba, des photographes, du public qui vient s’immerger pour quelques jours dans cette ambiance unique,… et de mes propres fans qui trouvent toujours l’occasion de venir me dire des mots très sympathiques. Une fois de plus j’ai pu assister à la projection du film lauréat de la Palme d’Or, le brillant « Parasite » du réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho, avec cette histoire captivante et redoutable d’une famille démunie parvenant à s’incruster dans la vie d’une famille riche, brossant un portrait impitoyable de la société coréenne actuelle et revisitant par la même occasion la lutte des classes. Voici donc ma petite sélection de mes photos préférées de cette édition très intense!

Fashion Week Femme AW19/20 Jour 8 (dernier jour)

DEFILE JAREL ZHANG A L’IMPRIMERIE JACQUES LONDONN: Pour cette nouvelle collection intitulée « Born to be », le jeune créateur chinois de 28 ans s’est propulsé dans le monde nouveau qui pourrait surgir à la fin du monde actuel, en mode survie mais avec l’espoir de quelque chose de meilleur. Cette inspiration se traduit en doudounes gigantesques, maxi-manteaux, coupe-vents retravaillés dans des volumes oversize, tantôt zippés avec de grandes poches ovales, tantôt sous forme de vestes déstructurées. Les vestes sont parcourues de sangles à boucles. Des sweaters en néoprène, que le créateur appelle « coton spatial », sont décorés de poches géométriques. Le mode survie s’exprime aussi par de véritables chaussures de ski portées par certains mannequins et par l’utilisation généralisée du duvet, sous diverses versions, qui est au coeur des expérimentations textiles dont raffole le créateur. Des pièces hybrides associent un duvet ultra-brillant à des matières mates. Ces silhouettes unisexe, volumineuses et futuristes, d’esprit sportswear et aux accents graphiques, se déclinent dans des couleurs fortes où dominent le noir et des jaunes et bleus très vifs.

Le streetstyle du mardi 5 mars 2019, aux abords des défilés Chanel et Miu Miu:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Femme AW19/20 Jour 7

PRESENTATION « LE STUDIO PIERRE » AU PALAIS DE TOKYO: La marque créée en 2017 par le duo de jeunes créateurs Tina Pierre et Thomas Bellego a présenté sa nouvelle collection intitulée « Pierre’s Angels », dans le cadre de Designers Appartment. Une collection ludique, colorée, ironique traduisant une vision tout à la fois nostalgique et d’avant-garde. Une mise en scène dans une ambiance de bureau complètement décalée qui exprime assurément une attitude et transmet un message de liberté. Les tenues sont sexy, élégantes, un brin provocantes et proposent un mélange original de matières avec des bottes en PVC transparentes vertes, des bas roses avec des doigts, un manteau en vinyle rouge brillant. Les coupes sont très travaillées. Dans ce monde délicieusement onirique les foulards en soie retrouvent une nouvelle jeunesse. Mille bravos pour tant d’audace et d’inspiration!

Le streetstyle du lundi 4 mars 2019:

Et, pour terminer, mon look du jour (je porte une veste en fausse fourrure de Zadig&Voltaire):

Fashion Week Femme AW19/20 Jour 6

DEFILE LYSANDRE GL AU BAR DE L’HOTEL W PARIS OPERA: Pour cette nouvelle collection intitulée « Heartbeat » la créatrice chinoise Minhua Guo Lenoir a trouvé son inspiration dans l’histoire de la mythique Route 66 et le message de liberté qu »elle véhicule. Elle entend ainsi rendre hommage aux différentes générations qui ont façonné cette route grâce à leurs combats. La créatrice, qui met toujours en avant un travail artisanal dans des matières haut de gamme embellies par de délicates broderies, a présenté dans une ambiance intimiste un bel ensemble de looks arty, romantiques, jouant sur la transparence et la sensualité. Les couleurs sont vivantes et raffinées, et subliment des effets de découpe créatifs. Certaines tenues portent des motifs artistiques célébrant le corps humain. On lui souhaite un long voyage!

PRESENTATION MAISON MAI AU PALAIS DE TOKYO: Pour cette nouvelle collection de sa marque fondée en 2016, la créatrice chinoise Mia Li a été inspirée par le film documentaire « Le Sel de la Terre » qui raconte la vie du photographe franco-brésilien humaniste Sebastiao Salgado. La créatrice y a vu le côté le plus sombre de la civilisation humaine (guerres, massacres, faim, fuite), mais aussi une lueur d’espoir vers un avenir plus heureux. Ainsi la collection est pensée en deux séries de couleurs qui s’opposent, le noir cruel d’une part, des teintes plus claires bienveillantes d’autre part, illustrant le thème de l’obscurité et de la lumière que l’on trouve dans la philosophie chinoise traditionnelle. Les coupes parfois déstructurées et les jeux de superposition reflètent les déchirures et les combats de la condition humaine. Les matières sont de grande qualité. Les silhouettes au design épuré ne renient pas une touche garçonne. L’ensemble est puissant et très élégant.

Le streetstyle du dimanche 3 mars 2019, notamment aux abords du défilé Valentino:

Et, pour terminer, mon look du jour:

 

Fashion Week Femme AW19/20 Jour 5

DEFILE GEOFFREY B SMALL A L’ESPACE SAINT-MARTIN: Avec cette nouvelle collection intitulée « I am not sustainable » (« Je ne suis pas durable ») c’est un véritable coup de gueule que le designer américain installé en Italie a voulu exprimer. Précurseur et impliqué depuis près de quarante ans dans les processus de production écologiques dans l’indifférence quasi-générale, il entend dénoncer l’usage aujourd’hui galvaudé par les principaux acteurs de la mode du terme « durable » à des fins purement commerciales. Dans une ambiance théâtrale et sobre comme les affectionne le créateur, les mannequins défilent en clamant haut et fort « I am not sustainable ». Comme toujours, les vêtements sont confectionnés à la main en quantité limitée dans les ateliers du créateur à Venise, avec les meilleurs tissus: laine (et notamment une très belle pièce en laine de vigogne), cachemire, lin, coton, soie, satin de soie, tissus gaufrés 3D, tissus double face très confortables comme un molleton,matelassages tissés à la main. Le noir dominant est complété par des beiges et quelques patchworks très colorés. Le travail sur la teinture permet d’obtenir des parties plus claires sur certains vêtements. Les coupes sont très variées et on retrouve des pièces réversibles (veste, robe) et les épaulettes présentes sur les dernières collections. Une mannequin porte un costume d’homme avec chemise et cravate. Toujours une grande élégance!

Le streetstyle du samedi 2 mars 2019 aux abords du défilé Elie Saab:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre, Joanna Joy):

Fashion Week Femme AW19/20 Jour 4

DEFILE ISSEY MIYAKE AU LYCEE CARNOT: Le designer japonais Yoshiyuki Miyamae poursuit ses expérimentations textiles. Cette saison, le tissu maison « Dough Dough », matière en polyéthylène permettant de sculpter le vêtement comme une pâte à modeler, gagne en souplesse et prend de la couleur grâce à l’intégration de nouvelles fibres comme la laine. Egalement, une nouvelle texture apparaît, le « Blink » qui procure un effet kaléidoscope grâce à des motifs en résine imprimés sur le tissu. Tout ceci se décline en ravissants manteaux, paletots, tuniques, robes, blousons aux cols larges à modeler, dans une explosion de rayures, courbes ondulées, formes géométriques pour commencer, puis de couleurs intenses dans la deuxième partie. L’ensemble est revivifiant et très joyeux, et toutes ces magnifiques silhouettes polychromes dégagent une certaine poésie.

DEFILE KIMHEKIM A LA CANOPEE DES HALLES: Pour le premier défilé à Paris de sa marque fondée en 2014, le jeune créateur sud-coréen Kiminte Kimhékim, qui est diplômé du Studio Berçot à Paris et a travaillé chez Balenciaga pendant deux ans, a présenté une collection reprenant les éléments majeurs de son esthétique à la croisée de l’Asie et de l’Europe. La culture de l’uniforme, que les jeunes coréens aiment  revisiter de façon toute personnelle, par exemple en en redécoupant certains éléments ou en portant la cravate lacée autour du cou ou nouée à la ceinture. La « néo-couture », avec des robes à traîne et des tissus drapés agrémentés de perles et noeuds XXL qui donnent une nouvelle naissance à des silhouettes classiques. Le twist du vestiaire traditionnel coréen, à base de couleurs poudrées mettant à l’honneur l’organza très utilisé en Corée. La pop culture des années 1990, dont les jeunes coréens sont très nostalgiques, à base de total look blanc en laine bouclée, d’étoffe matelassée portée à la main, de jean destroy et corset pointu. Au final: dépaysant et très inspiré!

DEFILE NINAMOUNAH A L’ATELIER NEERLANDAIS: Cette jeune marque expérimentale basée à Amsterdam et créée par Ninamounah Langestraat entend bousculer les codes de la mode et transcender notre instinct animal en proposant des silhouettes innovantes, tout à la fois masculines et féminines. Cette quatrième collection intitulée « Evolve around me » explore les thèmes de la domination et de la soumission sous l’angle de l’évolution. Des cowboys et cowgirls ouvrent le défilé. L’un d’eux porte un manteau de cuir incrusté d’une selle de cheval tout en marchant sur des escarpins à talons; il est tenu en laisse par une cavalière qui essaie de monter sur son dos. Jupe vinyle et épaules de protection, veste blouson à l’esprit corset, tailleur lacé sur le bras et les épaules, body string très échancré, tailleur strict devant avec fesses à l’air dans le dos, et pour finir une jolie robe fluide en satin immaculé. Contrastes entre couleurs intenses comme le rouge et teintes beiges et crème plus douces. Mélange également de matières brutes et de tissus délicats. Une imagination débridée et délicieusement subversive.

Le streetstyle du vendredi 1er mars 2019 aux abords des défilés Balmain (à l’Espace Champerret) et Issey Miyake:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):