Fashion Week Femme AW18/19 Jour 4

DEFILE ISSEY MIYAKE AU PALAIS DE TOKYO: Le designer japonais Yoshiyuki Miyamae a conçu une collection au plus près de la nature. Intitulée « Silent energy » celle-ci se réfère à la force silencieuse et secrète des végétaux et des animaux qui se préservent pendant l’hiver pour s’épanouir de nouveau au printemps. Les mannequins sont emmitouflés dans des manteaux flottants, aux larges volumes. Les vêtements dessinent toutes sortes de courbes et ondulations autour du corps. La marque poursuit ses recherches textiles avec pour cette saison un nouveau plissé intégrant des fils de laine et une maille Steam Stretch (technique phare de la maison, utilisant la vapeur pour rétracter un fil élastique). De longues robes sans manches avec un large col montant sont du plus bel effet. Les couleurs sont variées, allant du noir et blanc à de jolies combinaisons deux par deux de couleurs vives (fuchsia, bleu, orange, jaune). Les têtes sont recouvertes de quelques mèches colorées hérissées à l’iroquoise ou alors de drôles de chapeaux en laine. Une collection très intéressante, moderne, à l’esthétique recherchée tout en donnant une grande impression de confort.

Le streetstyle du vendredi 2 mars 2018, aux abords des défilés Balmain, Issey Miyake et Nina Ricci:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Joanna Joy, Franck Malabre):

Publicités

Fashion Week Femme AW18/19 Jour 3

DEFILE RICK OWENS AU PALAIS DE TOKYO: Cette saison le créateur californien installé à Paris poursuit ses expérimentations en vue d’inventer une nouvelle esthétique du vêtement féminin. Il approfondit le thème du cocon, en proposant des silhouettes futuristes recouvertes de coussins et bourrelets protecteurs qui s’entortillent autour du corps. Des formes étranges apparaissent, comme par exemple avec trois manches. Manteaux croisés, trois-quarts bicolores, avec des applications sur les épaules, des hauts au col drapé, et toutes sortes de découpes sur le corps. Les robes sont courtes, déstructurées, et se portent avec des baskets. De gros sacs eux aussi rembourrés mais d’apparence légère sont prévus pour dormir ou se réchauffer dans les transports. La palette de couleurs est délicate, avec, outre le noir et blanc, de jolis coloris terre ou ocre qui se mélangent au rose pale et au kaki; de grands carreaux jaune et brun donnent une allure à la fois classique et audacieuse. Tout ceci est au final assez fascinant!

Le streetstyle du jeudi 1er mars 2018, aux abords des défilés Y/Project et Rick Owens:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):

Fashion Week Femme AW18/19 Jour 2

DEFILE NEITH NYER AU CENTRE CULTUREL ALEX MANOOGIAN: Pour cette  collection intitulée « Le Bal du Mauvais Goût » le jeune créateur brésilien Francisco Terra a de nouveau trouvé son inspiration dans ses souvenirs d’enfance, plus particulièrement lorsqu’il voyait ses parents sortir faire la fête dans des looks années 80. Fidèle à son approche populaire de la mode, aimant se faire rencontrer les subcultures, il nous emmène à la frontière entre élégance et mauvais goût dans une esthétique flamboyante. Les plissés font référence à la fête, un monde de mystère et d’excès. Les tissus sont repiqués comme lorsque les déguisements sont trop grands et  doivent être ajustés. Du glamour avec des mélanges de soie et de velours, une palette de couleurs combinant le rose cher au créateur avec l’orange, le noir et le violet; des robes longues qui révèlent plus qu’elles ne cachent, des épaules et décolletés en partie montrés. Touche sexy également avec les matières seconde peau. On retrouve les pièces à boutonner sur leur longueur, caractéristiques du vestiaire Neith Nyer. Les chaussures ont été dessinées en collaboration avec le bottier Zeferino. Au final, un vent de liberté qui n’est pas exempt d’une certaine poésie.

Le streetstyle du mercredi 28 février 2018, par un temps glacial, aux abords du défilé Dries Van Noten:

Et, pour terminer, mon look du jour (photo: Franck Malabre):

Fashion Week Femme AW18/19 Jour 1

DEFILE MARINE SERRE DANS L’EST PARISIEN: La jeune et prometteuse créatrice française (26 ans) qui a remporté le Prix LVMH 2017 pour les jeunes créateurs, a présenté son premier défilé intitulé Manic Soul Machine (« machine frénétique de l’âme »), montrant qu’elle est bien consciente des fortes exigences de la mode actuelle vis-à-vis des créateurs. Premier défilé, mais déjà troisième collection pour cette battante formée dans les plus grandes maisons. Comme l’indique l’inscription FutureWear sur plusieurs pièces, la créatrice est résolument tournée vers l’avenir, mais son style moderne et particulièrement créatif se décline en vêtements qu’on peut porter dans la vie de tous les jours. D’inspiration sportswear et très fonctionnelle la collection joue astucieusement sur les matières en combinant tissus techniques et drapés pour une allure tout en fluidité. Tenues de chasse revisitées, vestes en jean et vêtements d’équitation retaillés en équipements de survie urbains, multitude de poches pour le portable, la bouteille d’eau, le porte-monnaie et autres produits de beauté. Justaucorps, leggings et tops moulants sont recouverts de motifs imprimés croissant de lune (logo de la marque). Des combinaisons de surf en néoprène sont mixées avec toutes sortes de foulards en soie recyclés en robe drapée, soutien-gorge ou sac en forme de ballon de foot. Les chaussures ont été créées spécialement pour le défilé par Nicholas Kirkwood. Des silhouettes travaillées, innovantes et colorées, un chic hybride pour une fille d’aujourd’hui fréquentant assidûment les salles de sport.

Le streetstyle du mardi 27 février 2018 (aux abords du défilé Dior):

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Haute Couture SS18 Jour 4 (fin)

DEFILE A.F. VANDEVORST A L’ORATOIRE DU LOUVRE: Le duo de créateurs belge An Vandevorst et Filip Arickx a présenté un défilé tout particulier puisqu’il consacre sa volonté de s’extraire du rythme effréné du calendrier du prêt-à-porter et de proposer désormais des collections qui, sans être vraiment de haute couture, seront concentrées sur la création et l’ADN de la marque. D’où l’idée de ce défilé intitulé « Always+Forever » (toujours et à jamais), qui célèbre le 20ème anniversaire de la marque et présente une version réinventée au goût d’aujourd’hui des silhouettes de ces 40 saisons passées. Les étiquettes apparentes avec les années des collections ont un côté émotif. On retrouve les codes de la maison comme l’attirance pour les uniformes (de l’armée, d’équitation, d’infirmière), les grandes bottes et autres tenues d’inspiration gothique, les bijoux de visage, les longues robes aux plissés sensuels et romantiques, tout ceci se combinant habilement avec une ligne de T-shirts inspirés incarnant la modernité désirable de la marque.

DEFILE CHRISTOPHE JOSSE A LA CITE DE L’ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE: Pour son retour en tant que membre invité dans le calendrier de la haute couture qu’il avait quitté en 2014 le couturier français nous a présenté une véritable ode pastorale et bucolique. Un voyage onirique qui nous transporte dans une Arcadie contemporaine fantasmée où se combinent les dentelles des paysannes du Dorset de Thomas Hardy, les taffetas façonnés de nids d’abeille, les lins tissés aux tons contrastés d’ambre et de blé, les motifs brodés d’Europe centrale, du Moyen Atlas ou ceux du Pérou, la brillance diffuse des satins cuir lavés. Un harmonieux et délicat mélange de matières tout en légèreté et fluidité, dans une palette de couleurs sobres directement inspirée de la nature (blé, seigle, orge perlée, sable, terre d’ombre).

DEFILE XUAN AU LYCEE JACQUES DECOUR: La jeune créatrice d’origine vietnamienne Xuan-Thu Nguyen a présenté une nouvelle collection conçue comme une promenade entre la légèreté de l’air et la lourdeur d’un sombre nuage. Les premières robes blanches, pastel et bleu clair laissent peu à peu la place à de grandes robes noires aux drapés impressionnants, dont une avec une immense traîne. Crêpe de soie légère en abondance. De façon contrastée les multiples épaisseurs ont un côté brut et donnent une touche mélancolique à l’ensemble. De magnifiques broderies florales rappellent le rêve d’enfant de la créatrice qui voulait devenir fleuriste.

Le streetstyle du jeudi 25 janvier 2018:

Et, pour terminer, mon look du jour:

 

 

Fashion Week Haute Couture SS18 Jour 3

DEFILE ANTONIO ORTEGA A LA CITE DE L’ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE: Avec cette nouvelle collection intitulée « Dunes » le couturier montréalais d’origine mexicaine nous emmène dans le désert, ses mouvements et ses teintes chaudes. Une soie ondulante évoque les mouvements des vagues changeantes des dunes de sable, entrecoupés par de savants jeux d’ombres qui s’expriment sous forme de tulle de soie noire venant envelopper les couleurs chaudes de la collection. Opposition entre ombre et soleil. Contrastes aussi entre le côté brut et rude d’un jute jaune, la douceur de la soie, l’aspect étincelant des broderies. Par moments, des éclats de couleurs vives surgissent comme d’éphémères fleurs du désert, puis se fondent dans les beiges, jaunes et dorés des alentours.

DEFILE ZIAD NAKAD A L’HOTEL WESTIN: Pour cette nouvelle collection intitulée « Demeter », le couturier libanais a décidé de célébrer celle qu’on appelle « la déesse du blé » ou encore « la mère de la terre », une déesse qui recueille les fruits de la terre pour les offrir à l’humanité. Les mannequins avancent comme des oiseaux survolant les récoltes en toute liberté et traversant un ciel coloré, resplendissant, aux contours géométriques. Le bleu pâle du ciel se mêle au jaune et à l’or du blé, au vert de la terre, au corail de l’océan, au bronze des arbres au soleil couchant. Les longues robes en broderies de soie sublimées de tulle sont parsemées d’épis de blé, comme un symbole de générosité, d’accomplissement et de paix.

Le streetstyle du mercredi 24 janvier 2018:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Haute Couture SS18 Jour 2

DEFILE YANINA COUTURE A L’HOTEL WESTIN: Pour cette nouvelle collection la créatrice russe a choisi pour héroïne une femme moderne, accomplie dans sa carrière de femme d’affaires ou d’artiste, qui a du style et une certaine nostalgie des années 50. Elle passe ses hivers à Gstaad ou Saint-Moritz et l’été à Saint-Tropez ou Ibiza, où elle part cette saison à la recherche de l’amour. Elle porte beaucoup de noir, symbole pour elle de classicisme, affirmation de soi, perfection et élégance. Mais la collection s’inspire aussi de la nature d’Ibiza, dont les plantes variées, les feuilles des palmiers et des vignes s’invitent en impression sur les tenues. Les motifs ultra-féminins des broderies donnent vie aux robes. Les tissus préférés de la maison sont au rendez-vous: taffetas de soie, tulle, velours, mousseline de soie, avec la création de textures originales et des effets 3D.

DEFILE DANY ATRACHE DANS LE BATIMENT HISTORIQUE DE LCL: Pour cette saison le créateur libanais nous invite dans un boudoir pour y vivre un instant romantique. La collection, tout en sensualité et raffinement, s’inspire des rêveries du siècle des lumières: princesse décalée, ultra chic et féminine, avec des étoffes vaporeuses, des teintes aux tonalités poudrées, des dentelles sexy pour un esprit lingerie. Matières et détails précieux: les jupons sont recouverts de fleurs brodées et de dentelles de perles en cascade, les bustiers sont parsemés de plumes poétiques d’une grande légèreté. Les bleus poudrés, les blancs immaculés contrastent avec des nuances plus chaudes de rouge et de pourpre, ou bien avec une veste courte entièrement surpiquée de perles et sequins aux motifs de rose et de feuillage.

Le streetstyle du mardi 23 janvier 2018:

Et, pour terminer, mon look du jour: