Festival de Cannes 2019

Le Festival de Cannes est toujours pour moi un moment particulier de l’année. Un cocktail de projections et de rencontres, non pas avec les stars inaccessibles, mais avec « l’autre » festival, celui des festivaliers ordinaires, des invités lamba, des photographes, du public qui vient s’immerger pour quelques jours dans cette ambiance unique,… et de mes propres fans qui trouvent toujours l’occasion de venir me dire des mots très sympathiques. Une fois de plus j’ai pu assister à la projection du film lauréat de la Palme d’Or, le brillant « Parasite » du réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho, avec cette histoire captivante et redoutable d’une famille démunie parvenant à s’incruster dans la vie d’une famille riche, brossant un portrait impitoyable de la société coréenne actuelle et revisitant par la même occasion la lutte des classes. Voici donc ma petite sélection de mes photos préférées de cette édition très intense!

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Fashion Week Femme AW19/20 Jour 8 (dernier jour)

DEFILE JAREL ZHANG A L’IMPRIMERIE JACQUES LONDONN: Pour cette nouvelle collection intitulée « Born to be », le jeune créateur chinois de 28 ans s’est propulsé dans le monde nouveau qui pourrait surgir à la fin du monde actuel, en mode survie mais avec l’espoir de quelque chose de meilleur. Cette inspiration se traduit en doudounes gigantesques, maxi-manteaux, coupe-vents retravaillés dans des volumes oversize, tantôt zippés avec de grandes poches ovales, tantôt sous forme de vestes déstructurées. Les vestes sont parcourues de sangles à boucles. Des sweaters en néoprène, que le créateur appelle « coton spatial », sont décorés de poches géométriques. Le mode survie s’exprime aussi par de véritables chaussures de ski portées par certains mannequins et par l’utilisation généralisée du duvet, sous diverses versions, qui est au coeur des expérimentations textiles dont raffole le créateur. Des pièces hybrides associent un duvet ultra-brillant à des matières mates. Ces silhouettes unisexe, volumineuses et futuristes, d’esprit sportswear et aux accents graphiques, se déclinent dans des couleurs fortes où dominent le noir et des jaunes et bleus très vifs.

Le streetstyle du mardi 5 mars 2019, aux abords des défilés Chanel et Miu Miu:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Femme AW19/20 Jour 7

PRESENTATION « LE STUDIO PIERRE » AU PALAIS DE TOKYO: La marque créée en 2017 par le duo de jeunes créateurs Tina Pierre et Thomas Bellego a présenté sa nouvelle collection intitulée « Pierre’s Angels », dans le cadre de Designers Appartment. Une collection ludique, colorée, ironique traduisant une vision tout à la fois nostalgique et d’avant-garde. Une mise en scène dans une ambiance de bureau complètement décalée qui exprime assurément une attitude et transmet un message de liberté. Les tenues sont sexy, élégantes, un brin provocantes et proposent un mélange original de matières avec des bottes en PVC transparentes vertes, des bas roses avec des doigts, un manteau en vinyle rouge brillant. Les coupes sont très travaillées. Dans ce monde délicieusement onirique les foulards en soie retrouvent une nouvelle jeunesse. Mille bravos pour tant d’audace et d’inspiration!

Le streetstyle du lundi 4 mars 2019:

Et, pour terminer, mon look du jour (je porte une veste en fausse fourrure de Zadig&Voltaire):

Fashion Week Femme AW19/20 Jour 6

DEFILE LYSANDRE GL AU BAR DE L’HOTEL W PARIS OPERA: Pour cette nouvelle collection intitulée « Heartbeat » la créatrice chinoise Minhua Guo Lenoir a trouvé son inspiration dans l’histoire de la mythique Route 66 et le message de liberté qu »elle véhicule. Elle entend ainsi rendre hommage aux différentes générations qui ont façonné cette route grâce à leurs combats. La créatrice, qui met toujours en avant un travail artisanal dans des matières haut de gamme embellies par de délicates broderies, a présenté dans une ambiance intimiste un bel ensemble de looks arty, romantiques, jouant sur la transparence et la sensualité. Les couleurs sont vivantes et raffinées, et subliment des effets de découpe créatifs. Certaines tenues portent des motifs artistiques célébrant le corps humain. On lui souhaite un long voyage!

PRESENTATION MAISON MAI AU PALAIS DE TOKYO: Pour cette nouvelle collection de sa marque fondée en 2016, la créatrice chinoise Mia Li a été inspirée par le film documentaire « Le Sel de la Terre » qui raconte la vie du photographe franco-brésilien humaniste Sebastiao Salgado. La créatrice y a vu le côté le plus sombre de la civilisation humaine (guerres, massacres, faim, fuite), mais aussi une lueur d’espoir vers un avenir plus heureux. Ainsi la collection est pensée en deux séries de couleurs qui s’opposent, le noir cruel d’une part, des teintes plus claires bienveillantes d’autre part, illustrant le thème de l’obscurité et de la lumière que l’on trouve dans la philosophie chinoise traditionnelle. Les coupes parfois déstructurées et les jeux de superposition reflètent les déchirures et les combats de la condition humaine. Les matières sont de grande qualité. Les silhouettes au design épuré ne renient pas une touche garçonne. L’ensemble est puissant et très élégant.

Le streetstyle du dimanche 3 mars 2019, notamment aux abords du défilé Valentino:

Et, pour terminer, mon look du jour:

 

Fashion Week Femme AW19/20 Jour 5

DEFILE GEOFFREY B SMALL A L’ESPACE SAINT-MARTIN: Avec cette nouvelle collection intitulée « I am not sustainable » (« Je ne suis pas durable ») c’est un véritable coup de gueule que le designer américain installé en Italie a voulu exprimer. Précurseur et impliqué depuis près de quarante ans dans les processus de production écologiques dans l’indifférence quasi-générale, il entend dénoncer l’usage aujourd’hui galvaudé par les principaux acteurs de la mode du terme « durable » à des fins purement commerciales. Dans une ambiance théâtrale et sobre comme les affectionne le créateur, les mannequins défilent en clamant haut et fort « I am not sustainable ». Comme toujours, les vêtements sont confectionnés à la main en quantité limitée dans les ateliers du créateur à Venise, avec les meilleurs tissus: laine (et notamment une très belle pièce en laine de vigogne), cachemire, lin, coton, soie, satin de soie, tissus gaufrés 3D, tissus double face très confortables comme un molleton,matelassages tissés à la main. Le noir dominant est complété par des beiges et quelques patchworks très colorés. Le travail sur la teinture permet d’obtenir des parties plus claires sur certains vêtements. Les coupes sont très variées et on retrouve des pièces réversibles (veste, robe) et les épaulettes présentes sur les dernières collections. Une mannequin porte un costume d’homme avec chemise et cravate. Toujours une grande élégance!

Le streetstyle du samedi 2 mars 2019 aux abords du défilé Elie Saab:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre, Joanna Joy):

Fashion Week Femme AW19/20 Jour 3

PRESENTATION « SAVOAR FER » AU PALAIS DE TOKYO: La jeune marque lancée par la créatrice suisse Eliane Heutschi en février 2017 a présenté sa nouvelle collection dans le cadre de Designers Apartment, un programme d’accompagnement de créateurs français et internationaux basés à Paris, développé par la Fédération de la Haute Couture et de la Mode. Le nom de la marque est la traduction phonétique du mot « savoir-faire », un mot-clé pour la créatrice fascinée par l’artisanat, les textiles travaillés et la conservation des savoir-faire ancestraux qu’elle essaie de faire revivre au travers de vêtements contemporains. Après les boutons recouverts, le plissé pli plat, le point de croix et la dentelle aux fuseaux, le thème choisi pour cette saison est le rapiéçage, c’est-à-dire l’idée de raccommoder un vêtement avec d’autres tissus, comme pour boucher des trous. La créatrice déclare s’être beaucoup servie de cette technique de broderie pour dessiner des pièces sur les pièces. Elle identifie d’abord un savoir-faire puis réfléchit aux matières, généralement assez classiques, en utilisant les chutes de tissus de collections antérieures (propres ou externes) qu’elle recompose de façon très inventive. On y trouve ainsi une curieuse matière plastique transparente évoquant un filet de pêche: c’est un plastique hydrosoluble traditionnellement utilisé en broderie comme support pour stabiliser les tissus, avant d’être jeté, et qui devient ici une matière principale, très fine et très stretch. En mélangeant cette matière technique avec du denim la créatrice revisite les lignes iconiques du blouson. La notion de mélange est un autre maître-mot de cette mode écologique et durable qui se décline en tenues oversize  associant un côté élégant à un côté streetwear, finitions travaillées et matières brutes, transparence et opacité, motifs à carreaux et bicolores. Bravo et bonne chance!

Le streetstyle du jeudi 28 février 2019, aux abords des défilés Paco Rabanne (où l’on voit que la marque n’a pas lésiné pour habiller ses invités) et Y/Project:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):

Fashion Week Femme AW19/20 Jour 1

DEFILE MOOHONG A L’ECOLE DE MEDECINE: Pour cette nouvelle collection intitulée « Juxtaposition », le créateur coréen Kim Moo Hong nous invite à un voyage initiatique dans le temps et l’espace, combinant astucieusement des vêtements inspirés du 18ème siècle avec des tenues contemporaines style sportswear/tenue de motard. Les matières sont travaillées pour donner un aspect usé illustrant le passage du temps et discrètement teintées d’encre. La laine bouillie se combine au velours et aux matières synthétiques dans un patchwork de couleurs plutôt amusant et anachronique. Coupes déstructurées, épaules larges, manches ballons, bottes grandes ouvertes, collants troués: cette esthétique aux accents grunge, jouant sur les contrastes, dégage un romantisme noir qui n’est pas sans charme.

DEFILE FATIMA LOPES A L’AMBASSADE DU PORTUGAL: Une nouvelle collection toute particulière pour la créatrice portugaise qui fêtait le vingtième anniversaire de son premier défilé à Paris. Elle a donc tout naturellement tenu à rendre hommage à ses origines, à l’âme portugaise et sa mélancolie que l’on retrouve dans les paysages de sa lumineuse capitale Lisbonne. Le Portugal s’est ainsi invité dans de nombreux détails de cette riche collection. Coupes graphiques faisant écho à la « Calçada Portuguesa » et jouant sur le contraste du noir et du blanc. Robes épaulées et drapées, manteaux structurés et sophistiqués dans des matières nobles qu’affectionne la créatrice, se déclinant dans les couleurs organiques du Portugal. Des bleus profonds en cachemires et soie pour la mer et la « Saudade », des verts naturels rappelant l’intensité de la « Serra » portugaise, tout comme les bruns, ocres et autres tons de terres. Les souliers dorés en guise de rayons de soleil illuminaient cette collection très inspirée.

PRESENTATION LEO DANS LE NOUVEAU CONCEPT STORE-CLUB « JEAN LOUIS LA NUIT »: La jeune marque bruxelloise fondée en 2016 et animée par la créatrice Leonneke Derksen a présenté sa nouvelle collection intitulée « Trance » dans laquelle elle poursuit ses expérimentations entre trash et sophistication, dans un monde résolument contemporain mais qui puise ses références dans la nostalgie des grands rassemblements de Goa des années 1980/1990 et dans les préceptes du yoga, répondant à l’envie de spiritualité de la génération Millenials. Elle déclare s’inspirer autant des esthétiques psychédéliques et religieuses originelles que des déclinaisons mainstream actuelles de ces thématiques. Ces atmosphères sont traduites dans la collection par la combinaison d’imprimés et bijoux d’inspiration indienne avec des éléments que l’on identifie à la trance européenne comme les jeans bruts et les teintures décolorées. On retrouve également dans cette approche innovante de ces thématiques les éléments stylistiques propres à la marque: les jupes longues (ou courtes) fendues qui se dégrafent par des attaches troublantes, les grandes bottes à talons sur lesquelles on retrouve les mêmes fermoirs, les grosses ceintures, des hauts courts avec des manches très longues, les brassières, les combinaisons, le tout dans une panoplie de matières combinant jean, molleton, soie, satin, et une palette de couleurs où dominent kaki, jaune, mauve et le noir et blanc. Que la fête commence!

Le streetstyle du mardi 26 février 2019, en particulier aux abords du défilé Dior:

Et, pour terminer, mon look du jour: