Fashion Week Femme AW19/20 Jour 1

DEFILE MOOHONG A L’ECOLE DE MEDECINE: Pour cette nouvelle collection intitulée « Juxtaposition », le créateur coréen Kim Moo Hong nous invite à un voyage initiatique dans le temps et l’espace, combinant astucieusement des vêtements inspirés du 18ème siècle avec des tenues contemporaines style sportswear/tenue de motard. Les matières sont travaillées pour donner un aspect usé illustrant le passage du temps et discrètement teintées d’encre. La laine bouillie se combine au velours et aux matières synthétiques dans un patchwork de couleurs plutôt amusant et anachronique. Coupes déstructurées, épaules larges, manches ballons, bottes grandes ouvertes, collants troués: cette esthétique aux accents grunge, jouant sur les contrastes, dégage un romantisme noir qui n’est pas sans charme.

DEFILE FATIMA LOPES A L’AMBASSADE DU PORTUGAL: Une nouvelle collection toute particulière pour la créatrice portugaise qui fêtait le vingtième anniversaire de son premier défilé à Paris. Elle a donc tout naturellement tenu à rendre hommage à ses origines, à l’âme portugaise et sa mélancolie que l’on retrouve dans les paysages de sa lumineuse capitale Lisbonne. Le Portugal s’est ainsi invité dans de nombreux détails de cette riche collection. Coupes graphiques faisant écho à la « Calçada Portuguesa » et jouant sur le contraste du noir et du blanc. Robes épaulées et drapées, manteaux structurés et sophistiqués dans des matières nobles qu’affectionne la créatrice, se déclinant dans les couleurs organiques du Portugal. Des bleus profonds en cachemires et soie pour la mer et la « Saudade », des verts naturels rappelant l’intensité de la « Serra » portugaise, tout comme les bruns, ocres et autres tons de terres. Les souliers dorés en guise de rayons de soleil illuminaient cette collection très inspirée.

PRESENTATION LEO DANS LE NOUVEAU CONCEPT STORE-CLUB « JEAN LOUIS LA NUIT »: La jeune marque bruxelloise fondée en 2016 et animée par la créatrice Leonneke Derksen a présenté sa nouvelle collection intitulée « Trance » dans laquelle elle poursuit ses expérimentations entre trash et sophistication, dans un monde résolument contemporain mais qui puise ses références dans la nostalgie des grands rassemblements de Goa des années 1980/1990 et dans les préceptes du yoga, répondant à l’envie de spiritualité de la génération Millenials. Elle déclare s’inspirer autant des esthétiques psychédéliques et religieuses originelles que des déclinaisons mainstream actuelles de ces thématiques. Ces atmosphères sont traduites dans la collection par la combinaison d’imprimés et bijoux d’inspiration indienne avec des éléments que l’on identifie à la trance européenne comme les jeans bruts et les teintures décolorées. On retrouve également dans cette approche innovante de ces thématiques les éléments stylistiques propres à la marque: les jupes longues (ou courtes) fendues qui se dégrafent par des attaches troublantes, les grandes bottes à talons sur lesquelles on retrouve les mêmes fermoirs, les grosses ceintures, des hauts courts avec des manches très longues, les brassières, les combinaisons, le tout dans une panoplie de matières combinant jean, molleton, soie, satin, et une palette de couleurs où dominent kaki, jaune, mauve et le noir et blanc. Que la fête commence!

Le streetstyle du mardi 26 février 2019, en particulier aux abords du défilé Dior:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Publicités

Fashion Week Haute Couture SS19 Jour 4 (fin)

PRESENTATION ARMINE OHANYAN DANS LE SALON « HAUTE COUTURE » DE L’HOTEL PLAZA ATHENEE: Pour cette nouvelle collection intitulée « Deep Harmony » la jeune créatrice d’origine arménienne a trouvé son inspiration dans la richesse des fonds marins, l’intensité de leurs couleurs et leur beauté toute particulière qu’elle idéalise. Elle nous transporte ainsi dans un monde quelque peu irréel dans lequel la nature serait préservée et où le jeu des formes, de la lumière et du mouvement opère dans une profonde harmonie. L’utilisation de déchets plastiques en tant que broderies et l’illustration de l’altération des couleurs de la flore aquatique sont un moyen de mettre en lumière les enjeux écologiques. La collection dégage un aspect futuriste avec l’utilisation de nouvelles technologies comme l’impression 3D, la découpe laser et le recours à des matières inédites comme le silicone.

Une toute petite journée (jeudi 24 janvier 2019) sans streetstyle, mais avec mon look du jour:

Fashion Week Haute Couture SS19 Jour 3

DEFILE ZIAD NAKAD AU PAVILLON CAMBON CAPUCINES: Pour cette nouvelle collection intitulée « Orion », le couturier libanais a trouvé son inspiration dans ce chasseur géant qui selon la mythologie grecque fut transformé en constellation par Zeus, comme en quelque sorte une victoire de la grâce sur la violence. Il va ainsi cueillir les étoiles une à une pour les transformer comme par magie en robes spectaculaires illuminant tout en finesse les douces nuits d’été. De couleur vert d’eau, pêche, mordoré, lavande ou bleu électrique les robes ont l’apparence de véritables atlas célestes. Les sequins argent et les cristaux brodés épousent à merveille les courbes du corps pour une allure des plus étincelantes qui invite au rêve et rend hommage aussi bien aux étoiles qu’à la femme.

Le streetstyle du mercredi 23 janvier 2019:

Et, pour terminer, mon look du jour:

 

Fashion Week Haute Couture SS19 Jour 2

DEFILE JULIEN FOURNIE A L’ORATOIRE DU LOUVRE: Pour cette nouvelle collection intitulée « Première Plénitude » le jeune couturier français a trouvé son inspiration dans l’île de Lanzarote en Espagne et ses paysages lunaires, entre désert et tropique, sirocco et alizés, algues prodigieuses et lichens volcaniques. Cette énergie toute tellurique s’exprime dans une collection tonique pleine de sensualité, aux drapés asymétriques, aux plissés rectilignes qui marquent les courbes, aux épaules, buste et taille galbés. Des silhouettes envoûtantes d’une grande fluidité où les ampleurs se déploient principalement à partir des hanches. Des attaches et métalleries sanglent parfois le cou, harnachent les épaules et la poitrine, ceignent la taille. Les tissus à base de fibres naturelles, drap de soie, mousseline, moire de dégradés géologiques de gris, georgette de soie, cuirs spéciaux (anguille, renne, python) se déclinent dans une riche palette de couleurs inspirée des minéraux (sombres comme le basalte ou plus lumineux comme le sable) et de la nature luxuriante de l’île (vert cactus, rose bougainvillier, bleu firmament). Des imprimés saisissants viennent sublimer ce magnifique ensemble.

Le streetstyle du mardi 22 janvier 2019 (un peu réduit en raison du mauvais temps):

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Haute Couture SS19 Jour 1

DEFILE TONY WARD A L’ECOLE DE MEDECINE: Pour cette nouvelle collection intitulée « Anatomy of a Wing » le créateur libanais a trouvé son inspiration dans l’anatomie de la libellule et son aspect si majestueux. Les silhouettes sont ainsi directement inspirées de la finesse et de la délicatesse de la structure de leurs ailes traduisant une grande fragilité. Leurs lignes se retrouvent dans les détails des broderies, dans des formes géométriques, sur des ailes reconstituées ou bien encore dans de magnifiques accessoires de cheveux conçus par Yana Markova. Les matériaux nobles jouent avec la transparence et la légèreté des volumes. Les battements rapides des mouvements de la libellule sont traduits par une structure aux formes voluptueuses qui met les pièces en mouvement à chaque pas. L’ensemble est sublimé par une palette de couleurs holographiques allant du violet intense au vert émeraude, en passant par des tons pastels rappelant le corps et les ailes irisées de la libellule.

DEFILE PATUNA A L’HOTEL INTERCONTINENTAL PARIS-LE GRAND: La créatrice américano-géorgienne a dévoilé sa nouvelle collection intitulée « Obsession éthérique » faisant référence à une citation d’Einstein selon lequel « sans l’éther, non seulement la lumière ne se propagerait pas, mais les normes de l’espace et du temps ne pourraient absolument pas exister ». Toujours fascinée par la lumière, la créatrice en a conçu une collection extravagante aux envolées de matières-satellites autour d’un corps de femme astrale, fatale et battante, dans laquelle les robes épousent et magnifient les courbes du corps féminin. L’idée de l’éther protégeant le corps comme un écrin est symbolisée par des arabesques de tissus qui se meuvent au rythme de la démarche et accompagnent chacun des mouvements du corps et du vêtement. Les tissus irisés captent la lumière éblouissante des défilés, toutes ces volutes matérialisant cet éther remplissant l’espace vide qui propagerait les ondes lumineuses aux parties nues du corps laissées visibles avec sensualité. Cette sensualité s’exprime également sur le visage des mannequins aux pommettes accentuées et aux yeux maquillés de blanc que la lumière rend surnaturels.

Le streetstyle du lundi 21 janvier 2019 aux abords des défilés Tony Ward et Christian Dior:

Et, pour terminer, mon look du jour, avec mon interview habituelle pour « Quotidien » (sur RMC):

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 6 (dernier jour)

DEFILE RYNSHU A L’HOTEL MEURICE: Le thème principal de cette nouvelle collection est un retour sur le roman graphique « Black Legend » publié par le créateur japonais en 2012. Ceci s’inscrit dans le cadre de la mise en place de nouveaux partenariats pour la diffusion internationale de ce livre. Rynshu exprime dans cette collection une élégance futuriste libérée, à la fois masculine et féminine. La collection joue avec la longueur des silhouettes. On y trouve une abondance de sequins, lurex et lamé. De grands manteaux sont portés avec des pantalons slim ou baggy en matière légère. Les jacquards sont ornés de motifs étoile, lune et soleil. Un imprimé oeil rappelle l’oeil du héros de Black Legend. Les franges sont très présentes, volumineuses. Les couleurs sont audacieuses: noir, jaune, rouge, violet, vert, bleu. La pièce phare de la collection est une étole brodée XXL en soie et lurex irisé au motif « Entertainment Circus », qui se porte drapée de façon féminine. Les perruques des mannequins sont en cheveu naturel.

Le streetstyle du dimanche 20 janvier 2019, aux abords des défilés Kenzo et Rynshu:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 5

DEFILE ENAMI DANS UN SHOWROOM DU 11EME ARRONDISSEMENT: Fondée par la jeune créatrice Imane Medjahed en 2017, ENAMI (anagramme de son prénom) est une marque néo-minimaliste basée à Paris, qui se veut libre et spontanée. En perpétuelle expérimentation autour des corps, des formes géométriques et des volumes, elle puise son inspiration dans l’architecture brute et la déconstruction. L’utilisation quasi-unique du noir est pour elle un défi créatif qui la conduit à se concentrer sur les textures et les proportions des vêtements. Le thème de cette nouvelle collection unisexe est l’oppression générée par le monde actuel, tant dans les relations sociales que par les flux permanents d’information. Ceci se traduit par des formes rigides, volumineuses et asymétriques, des contrastes entre lainages épais, matières techniques et raphia. Les silhouettes sont customisées avec un sac iPhone case en béton et des bijoux en tôle d’acier, transformés à partir de carrosseries de voiture par Thismx Jewelry.

DEFILE GEOFFREY B SMALL A L’ESPACE SAINT-MARTIN: Une nouvelle fois le designer américain installé en Italie a choisi de présenter sa collection dans le cadre d’une représentation théâtrale, toujours dans l’optique de rechercher une convergence entre mode et art. Nous avons ainsi assisté à une mise en scène inédite du chapitre intitulé « L’Oignon » du célèbre roman de Dostoïevski « Les Frères Karamazov »: fidèle à son engagement pour une mode écologiquement et socialement responsable, et appelant à davantage de solidarité humaine, le créateur y a vu une métaphore sur les puissants qui entraînent le monde à sa perte tout en pensant pouvoir y échapper eux-même. Cette inspiration russe se traduit par une grande variété de propositions: vêtements chauds ou bien très légers aux coupes diverses, nombreuses pièces réversibles (anoraks, costumes, robe de chambre,…). Un nouveau type de vêtement apparaît avec une surchemise en cachemire avec poches qui est un intermédiaire entre chemise et veste. L’ensemble est toujours fabriqué à la main dans les ateliers du créateur à Venise, avec les meilleurs tissus: laine (notamment laine super 120 très chaude), cachemire, lin, soie, satin de soie. A partir d’un même tissu des rendus différents sont obtenus en jouant sur la teinture. Une teinture naturelle à base d’écorces de bois donne un joli teint violacé. Quelques pièces sont agrémentées d’imprimés de montages photos ou de motifs floraux, parfois sur la doublure. On retrouve les épaulettes vues sur les dernières collections. Toujours une élégance intemporelle alliant modernité et éco-responsabilité!

Le streetstyle du samedi 19 janvier 2019 (une toute petite journée):

Et, pour terminer, mon look du jour: