Fashion Week Haute Couture SS19 Jour 1

DEFILE TONY WARD A L’ECOLE DE MEDECINE: Pour cette nouvelle collection intitulée « Anatomy of a Wing » le créateur libanais a trouvé son inspiration dans l’anatomie de la libellule et son aspect si majestueux. Les silhouettes sont ainsi directement inspirées de la finesse et de la délicatesse de la structure de leurs ailes traduisant une grande fragilité. Leurs lignes se retrouvent dans les détails des broderies, dans des formes géométriques, sur des ailes reconstituées ou bien encore dans de magnifiques accessoires de cheveux conçus par Yana Markova. Les matériaux nobles jouent avec la transparence et la légèreté des volumes. Les battements rapides des mouvements de la libellule sont traduits par une structure aux formes voluptueuses qui met les pièces en mouvement à chaque pas. L’ensemble est sublimé par une palette de couleurs holographiques allant du violet intense au vert émeraude, en passant par des tons pastels rappelant le corps et les ailes irisées de la libellule.

DEFILE PATUNA A L’HOTEL INTERCONTINENTAL PARIS-LE GRAND: La créatrice américano-géorgienne a dévoilé sa nouvelle collection intitulée « Obsession éthérique » faisant référence à une citation d’Einstein selon lequel « sans l’éther, non seulement la lumière ne se propagerait pas, mais les normes de l’espace et du temps ne pourraient absolument pas exister ». Toujours fascinée par la lumière, la créatrice en a conçu une collection extravagante aux envolées de matières-satellites autour d’un corps de femme astrale, fatale et battante, dans laquelle les robes épousent et magnifient les courbes du corps féminin. L’idée de l’éther protégeant le corps comme un écrin est symbolisée par des arabesques de tissus qui se meuvent au rythme de la démarche et accompagnent chacun des mouvements du corps et du vêtement. Les tissus irisés captent la lumière éblouissante des défilés, toutes ces volutes matérialisant cet éther remplissant l’espace vide qui propagerait les ondes lumineuses aux parties nues du corps laissées visibles avec sensualité. Cette sensualité s’exprime également sur le visage des mannequins aux pommettes accentuées et aux yeux maquillés de blanc que la lumière rend surnaturels.

Le streetstyle du lundi 21 janvier 2019 aux abords des défilés Tony Ward et Christian Dior:

Et, pour terminer, mon look du jour, avec mon interview habituelle pour « Quotidien » (sur RMC):

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Fashion Week Homme AW19/20 Jour 6 (dernier jour)

DEFILE RYNSHU A L’HOTEL MEURICE: Le thème principal de cette nouvelle collection est un retour sur le roman graphique « Black Legend » publié par le créateur japonais en 2012. Ceci s’inscrit dans le cadre de la mise en place de nouveaux partenariats pour la diffusion internationale de ce livre. Rynshu exprime dans cette collection une élégance futuriste libérée, à la fois masculine et féminine. La collection joue avec la longueur des silhouettes. On y trouve une abondance de sequins, lurex et lamé. De grands manteaux sont portés avec des pantalons slim ou baggy en matière légère. Les jacquards sont ornés de motifs étoile, lune et soleil. Un imprimé oeil rappelle l’oeil du héros de Black Legend. Les franges sont très présentes, volumineuses. Les couleurs sont audacieuses: noir, jaune, rouge, violet, vert, bleu. La pièce phare de la collection est une étole brodée XXL en soie et lurex irisé au motif « Entertainment Circus », qui se porte drapée de façon féminine. Les perruques des mannequins sont en cheveu naturel.

Le streetstyle du dimanche 20 janvier 2019, aux abords des défilés Kenzo et Rynshu:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 5

DEFILE ENAMI DANS UN SHOWROOM DU 11EME ARRONDISSEMENT: Fondée par la jeune créatrice Imane Medjahed en 2017, ENAMI (anagramme de son prénom) est une marque néo-minimaliste basée à Paris, qui se veut libre et spontanée. En perpétuelle expérimentation autour des corps, des formes géométriques et des volumes, elle puise son inspiration dans l’architecture brute et la déconstruction. L’utilisation quasi-unique du noir est pour elle un défi créatif qui la conduit à se concentrer sur les textures et les proportions des vêtements. Le thème de cette nouvelle collection unisexe est l’oppression générée par le monde actuel, tant dans les relations sociales que par les flux permanents d’information. Ceci se traduit par des formes rigides, volumineuses et asymétriques, des contrastes entre lainages épais, matières techniques et raphia. Les silhouettes sont customisées avec un sac iPhone case en béton et des bijoux en tôle d’acier, transformés à partir de carrosseries de voiture par Thismx Jewelry.

DEFILE GEOFFREY B SMALL A L’ESPACE SAINT-MARTIN: Une nouvelle fois le designer américain installé en Italie a choisi de présenter sa collection dans le cadre d’une représentation théâtrale, toujours dans l’optique de rechercher une convergence entre mode et art. Nous avons ainsi assisté à une mise en scène inédite du chapitre intitulé « L’Oignon » du célèbre roman de Dostoïevski « Les Frères Karamazov »: fidèle à son engagement pour une mode écologiquement et socialement responsable, et appelant à davantage de solidarité humaine, le créateur y a vu une métaphore sur les puissants qui entraînent le monde à sa perte tout en pensant pouvoir y échapper eux-même. Cette inspiration russe se traduit par une grande variété de propositions: vêtements chauds ou bien très légers aux coupes diverses, nombreuses pièces réversibles (anoraks, costumes, robe de chambre,…). Un nouveau type de vêtement apparaît avec une surchemise en cachemire avec poches qui est un intermédiaire entre chemise et veste. L’ensemble est toujours fabriqué à la main dans les ateliers du créateur à Venise, avec les meilleurs tissus: laine (notamment laine super 120 très chaude), cachemire, lin, soie, satin de soie. A partir d’un même tissu des rendus différents sont obtenus en jouant sur la teinture. Une teinture naturelle à base d’écorces de bois donne un joli teint violacé. Quelques pièces sont agrémentées d’imprimés de montages photos ou de motifs floraux, parfois sur la doublure. On retrouve les épaulettes vues sur les dernières collections. Toujours une élégance intemporelle alliant modernité et éco-responsabilité!

Le streetstyle du samedi 19 janvier 2019 (une toute petite journée):

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 4

DEFILE LAZOSCHMIDL DANS LE GARAGE DE L’INSTITUT MARANGONI: Premier défilé à Paris pour cette jeune marque fondée en 2014 par le duo suédois-allemand et couple à la ville Josef Lazo et Andreas Schmidl, qui défile habituellement à Stockholm où elle est basée. Avec cette collection intitulée « Planet Sex » nous avons pu découvrir son univers sexy, érotique et assez subversif, avec ces garçons éphèbes à la corpulence musclée en tenues scintillantes, en body-maillot de bain rétro, zébré et asymétrique à une bretelle, en slip léopard et tricot rose décoré d’un phallus ailé, en caleçons-combinaisons moulants en lurex enfilés sur des tricots brillants. Des pantalons en cuir vert, moutarde ou rose bonbon sont associés à des tops épaule nue au bord volanté coupés dans des matières brillantes, ou un haut en mousseline de soie fine avec son noeud lavallière. D’autres pantalons à effet zébré sont portés avec des tricots résille blancs. Des ensembles chemises-pantalons jouent sur la transparence. La collection montre que délicatesse peut rimer avec gros zizis! Les créateurs s’adressent assurément aux nouvelles générations aux mentalités plus ouvertes. Bravo pour cette imagination débridée et cette audace, et vive la libération des zizis!

PRESENTATION/DEFILE « SYSTEM » AU PALAIS DE TOKYO (YOYO-CLUB): Première présentation à Paris également pour cette marque coréenne encore peu connue en dehors de l’Asie, créée en 1990 pour des collections de prêt-à-porter féminin et qui s’est lancée dans l’homme en 2008. Appartenant à un conglomérat coréen de grande envergure qui lui permet de disposer de moyens importants, comme un studio collectif de près de 80 designers pour les lignes homme et femme, elle propose un style urbain chic très actuel, aux coupes et finitions soignées, portant une grande attention aux matières et à la fabrication réalisée en Corée. Pour un fort impact visuel, les mannequins hommes et femmes déambulent autour et à l’intérieur d’un vrai ring tout blanc, illuminé au centre d’une salle sombre. Le maître mot de cette collection est la dualité. La collection joue ainsi abondamment avec les superpositions et mélanges de matières. Les pièces classiques d’une garde-robe, vestes, manteaux, pantalons, mailles, sont revisitées en combinant habilement denim, soie et cuir dans des silhouettes amples et fluides, dans une palette de couleurs où dominent le noir, le marron et le beige. Une certaine sophistication se dégage de l’ensemble.

Le streetstyle du vendredi 18 janvier 2019:

Et, pour terminer, mon look du jour:

 

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 3

DEFILE ISSEY MIYAKE MEN AU PALAIS DE TOKYO: Pour cette nouvelle collection intitulée « Wind », le directeur artistique Yusuke Takahashi a trouvé son inspiration dans les sensations de liberté et d’énergie que procure le vent. Alliant comme toujours créativité et technicité, artisanat et technologie, il propose un ensemble très varié de silhouettes aérées, amples et colorées en s’appuyant sur différentes techniques de teinture et de tissage: batik, ikat, franges, jacquard, tweed,… Les imprimés sont du plus bel effet avec ces rayures en diagonale, horizontales et verticales, ces dégradés arty, ces délicieuses combinaisons de coloris à base d’orange et de jaune. Et, comme toujours, se dégage de l’ensemble une grande impression de confort.

Le streetstyle du jeudi 17 janvier 2019, aux abords des défilés Issey Miyake, Rick Owens et Louis Vuitton:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 2

DEFILE LOUIS-GABRIEL NOUCHI (LGN) A L’ESPACE 109: Pour cette nouvelle collection le jeune créateur français a trouvé son inspiration tout à la fois dans le roman « Ancient Evenings » (1983) de l’écrivain américain Norman Mailer qui explore le parcours de la réincarnation dans l’Egypte Ancienne, et dans le film « River of Fundament » (2014) de Matthew Barney qui inscrit ce voyage initiatique dans le déclin de l’industrie automobile à Detroit. Cette quête de spiritualité se décline ainsi dans un dialogue entre costume classique et vêtement de travail. Les silhouettes se construisent par accumulation de couches de textures différentes donnant à la fois une impression de richesse, de fluidité et de douceur. Les imprimés forts (léopard, tartan, crâne) aux couleurs subtiles, les étoiles et les accessoires en métal confrontent une certaine opulence aux codes du grunge et aux symboles du pouvoir. Cet exode imaginaire se fait avec beaucoup de style!

PRESENTATION HUGO COSTA DANS UNE GALERIE DU MARAIS: Pour sa nouvelle collection intitulée « Maybe we’ll be together again » le créateur portugais s’est inspiré d’une phrase inscrite sur le mur de Berlin pour inviter le monde à briser les barrières et les frontières, à combattre la haine et les extrêmismes. Présentées dans un décor de poutres en béton et de blocs de ciment posés sur le sol, où les murs sont abondamment recouverts de messages révolutionnaires, les silhouettes et les matières se caractérisent par une certaine austérité. Un fort pari sur les fibres naturelles, coton, laine, twill de soie,… Les poches sont imposantes. Les couleurs sobres (beige, bordeaux, rose ancienne, gris, noir, bleu) se combinent délicatement entre elles. Une collection qui se veut avant tout pratique et confortable.

Le stretstyle du mercredi 16 janvier 2019, aux abords du défilé Off-White aux Tuileries:

Et, pour terminer, mon look du jour:

 

 

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 1

DEFILE SANKUANZ CHEZ SOTHEBY’S: Avant l’accès à la salle du défilé de la nouvelle collection intitulée « 150119.F » du créateur chinois Shangguan Zhe, une performance artistique présentait une dizaine de corps dans une lumière rouge néon et invitait à une réflexion sur les dangers de l’immortalité, du clonage et de la recherche effrénée de la perfection des corps. La salle du défilé poursuivait l’expérience en plongeant le public dans une lumière rouge puis blanche. La collection est une combinaison savante d’inspirations tailoring/streetwear/militaire/vêtements nautiques. Dans une ambiance sombre et inquiétante, les premiers mannequins apparaissent en vestes de costume cuir ou vinyle, associées à de longues jambières ou des pantalons larges. Certains portent des diamants aux oreilles et des gants en métal. Les pantalons en cuir, déclinés en plusieurs coloris, fendus et boutonnés sur les côtés, ont des fermetures rappelant les combinaisons de plongée. Quelques touches de bleu suggèrent les profondeurs de l’océan face à un ensemble de noirs dominants. Le camouflage se décline en blousons et en imprimés à motifs marins. Des combinaisons multipoches d’esprit motard sont recouvertes de bandes réfléchissantes. Les derniers looks, inspirés de tenues de plongée militaires, présentent les trois sacs étanches et combinables entre eux développés en collaboration avec la marque canadienne de sacs et bagages Herschel. L’homme Sankuanz est prêt à affronter tous les dangers, avec des textures toujours très travaillées et d’une façon un peu décalée!

Le streetstyle du mardi 15 janvier 2019, aux abords des défilés Heron Preston et Sankuanz:

Et, pour terminer, mon look du jour: