Fashion Week Femme SS18 Jour 8 (dernier jour)

DEFILE/PRESENTATION WENDY JIM AU GARAGE LÜBECK: Premier défilé/présentation dans le cadre du calendrier officiel de la Fashion Week parisienne pour la marque autrichienne créée en 1999 par Hermann Fankhauser (53 ans) et Helga Ruthner (44 ans). La performance proposée était à la hauteur du caractère underground, voire radical, de la marque. Interprétant littéralement le mot « catwalk », le duo artistique de Wendy Jim, assisté pour l’occasion par la styliste russe Lotta Volkova, a imaginé une installation très ludique dans laquelle les mannequins prenaient la pose comme des chats. Modèles aux coiffures punk se léchant la patte, perchés sur une branche, jouant à la balle ou attachés à une laisse, « chat de gouttière » enroulé dans un sac en plastique, « aristochat » installé sur son coussin près d’une écuelle géante remplie de sushis. La collection, parfaitement androgyne, fait la part belle au jersey, nylon, lycra, déclinés en couleurs flashy comme le rose, le vert pomme ou le rouge. Les justaucorps sont portés sur des pantalons avec une simple cravate. Les tops sont découpés dans des tissus techniques froissés comme des sacs poubelle. Des ensembles en dentelle alternent avec des costumes revisités, point caractéristique de la marque. Plus que jamais on comprend que la mode est une attitude, mais on est vraiment en admiration devant pareille audace et créativité!

Le streetstyle du mardi 3 octobre 2017, avec notamment les défilés Chanel et Miu Miu:

Et, pour terminer, mon look du jour, avec une superbe veste couture de Coppelia Pique (photos: Franck Malabre):

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Fashion Week Femme SS18 Jour 6

DEFILE FATIMA LOPES A LA MAIRIE DU 4EME ARRONDISSEMENT: Pour cette 38ème collection de prêt-à-porter présentée à Paris la créatrice portugaise a trouvé son inspiration dans la magie esthétique des oiseaux. Ceci se traduit par des associations harmonieuses et élégantes de couleurs estivales, des silhouettes aériennes, des formes architecturées pouvant rappeler la ligne abrupte d’un bec d’oiseau. Les mauves, rouges et bleus se conjuguent à la pureté des nude et des noirs. Pour l’après-midi les mousselines de soie transparentes se superposent. Culottes fifties et maillots de bain graphiques se glissent sous des robes vaporeuses. Pour le soir, les jumpsuits contemporains côtoient des robes longues glamour et sexy aux transparences envoûtantes. Une collection comme toujours hautement désirable!

Le streetstyle du dimanche 1er octobre 2017, aux abords des défilés Fatima Lopes, Masha Ma, Akris et Valentino:

Et, pour terminer, mon look du jour (veste VSP-Paris, jupe Zadig&Voltaire ; photos: Franck Malabre):

 

Fashion Week Femme SS18 Jour 5

DEFILE GEOFFREY B SMALL A L’ESPACE SAINT-MARTIN: Pour dévoiler sa nouvelle collection, le designer américain installé en Italie a organisé un défilé/pièce de théâtre intitulé « Come and Go » combinant une représentation de la (mini-)pièce, sombre et minimaliste, de Samuel Beckett et le défilé des mannequins. Pendant que celles-ci défilent, trois femmes assises sur un banc se tiennent les mains, vont et viennent, et ne se reconnaissent que par le contact de leurs bagues. Comme l’explique Geoffrey B Small, cette pièce troublante reflète sa vision d’un futur sombre menaçant notre planète par ses catastrophes écologiques et sociales annoncées. Dans ce chaos le pouvoir et l’espoir ne peuvent venir que de la beauté, de la qualité. Le créateur transmet un message d’espoir par son recours à des processus de production écologiques pour une mode durable. Ses vêtements sont tous confectionnés à la main dans son atelier de Venise, dans les matières les plus nobles provenant d’artisans locaux, et dans des séries limitées. Sa collection met en scène tout à la fois une femme de pouvoir au style formel et austère, et des tenues plus cool agrémentées de détails colorés et d’accessoires qui en atténuent la sévérité. Une élégance classique intemporelle, non sans une pointe de poésie.

Le streetstyle du samedi 30 septembre 2017, aux abords du défilé Elie Saab:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):

Fashion Week Femme SS18 Jour 4

DEFILE ISSEY MIYAKE AU GRAND PALAIS: Pour cette nouvelle collection intitulée « A Piece of Memory » le designer japonais Yoshiyuki Miyamae a trouvé son inspiration dans des souvenirs de paysages d’Islande. La beauté et la magie de ces paysages sont ainsi traduits par une garde-robe tout en légèreté et fluidité, par des imprimés spectaculaires qui se laissent découvrir dans les plis irréguliers des vêtements. Sur une blouse on voit s’animer des roches volcaniques recouvertes de mousse scintillant sous les rayons du soleil. Sur une tunique on voit s’étendre à perte de vue des glaciers cristallins. La marque poursuit ses innovations technologiques. Les formes en trois dimensions obtenues grâce au Steam Stretch (technique utilisant la vapeur pour rétracter un fil élastique) sont aplaties cette saison pour apporter plus de douceur et de légèreté au tissu. La couleur marron d’une série de vêtements quadrillés est obtenue grâce à un pigment naturel extrait de la terre selon une technique traditionnelle d’une île du sud du Japon. Cette ode à la nature très émouvante célèbre dans une explosion de couleurs et de façon magistrale une certaine beauté intemporelle et universelle.

Le streetstyle du vendredi 29 septembre 2017, aux abords des défilés Issey Miyake et Nina Ricci:

Et, pour terminer, mon look du jour (jupe Christopher Kane, veste VSP):

Fashion Week Femme SS18 Jour 3

DEFILE RICK OWENS AU PALAIS DE TOKYO: Le créateur californien installé à Paris nous a livré une composition dont il a le secret. Les mannequins, telles des sculptures vivantes, marchent au bord d’un bassin qui dégage une brume opaque, puis ce sont de puissants jets d’eau qui éclaboussent les spectateurs auxquels ont été distribués des coupe-vents imperméables. La féminité s’inscrit ici dans une nature brute et dompte les éléments déchaînés. Les corps sont enveloppés dans des drapés imposants, les robes cocons sont parsemées de bosses irrégulières. Les couches de vêtements augmentent tout au long du défilé. Coton raide, toile laquée ou rebrodée de baguettes géométriques et caoutchouc dessinent des silhouettes hors normes. Les modèles portent des sacs volumineux qui semblent collés à leur ventre et des sandales de sport à semelles épaisses qui leur permettent d’affronter tous les terrains et tous les temps. Une ambiance post-apocalyptique hallucinante non dénuée d’une certaine poésie!

Le streetstyle du jeudi 28 septembre 2017, aux abords des défilés Balmain (à l’Opéra Garnier) et Rick Owens:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Femme SS18 Jour 2

DEFILE NEITH NYER A L’INTERNAT EUGENE NAPOLEON: Pour cette nouvelle collection le jeune créateur brésilien Francisco Terra a trouvé son inspiration dans son histoire personnelle, plus exactement celle de sa petite soeur décédée d’un cancer à l’âge de 18 ans, à laquelle il rend hommage. Il évoque ainsi son parcours de l’enfance vers l’âge adulte qu’elle n’atteindra finalement jamais. Une immersion dans sa chambre, son univers douillet et fleuri aux couleurs pastel. Le créateur imagine ainsi ce que Miss Petticoat, le personnage pour enfants, aurait pu être comme adulte. Le résultat est une collection qui joue sur les différentes expressions de la féminité, mixant références enfantines et éléments de pop culture, élégance et vulgarité, luxe et streetwear. Une créativité débridée qui repousse la frontière entre bon et mauvais goût. Les mannequins ont l’air de sortir du lit, certaines à moitié nues et encore dans leurs rêves. Pantalons baggy, pattes d’eph fleuris, asymétrie, déconstruction des vêtements, oversize et transparence caractérisent les silhouettes proposées. Les teintes pastel, la dentelle , les fleurs et autres papillons sont contrebalancés par des couleurs acides et des matières techniques comme le PVC et le nylon. Un pyjama ouvert laisse apparaître un soutien-gorge jaune. Des manteaux sont rembourrés avec des oreillers. Les looks sont rehaussés par des bottes de cow-boy avec franges développées en collaboration avec New Rock. Comme toujours une formidable sensation de liberté émane de l’ensemble.

DEFILE MAZARINE PARIS A L’ATELIER RICHELIEU: Cette nouvelle collection de la jeune marque créée en 2014 par Hélène Timsit et développée en association avec Quentin Poisson met en scène des aventurières du ciel, parties à la découverte de contrées lointaines en montgolfière. Pour leur périple et afin de faire face aux éléments, elles ont imaginé des tenues multi-fonctions associant boléros à manches ballons et pantalons treillis, cache-coeurs ajustés et bermudas, coupes structurées et détails sportifs. Ceintures à boucles de corne, encolures carrées dégagées, multiples poches, sacs mappemonde pour transporter jumelles, boussoles et compas, bérets brodés, blouses de soie rayées, vestes de satin duchesse, légers pantalons sergés, chemisiers d’organdi et robes en jersey. Tout cela s’exprime au travers d’une palette de couleurs exotiques dans laquelle dominent jaune d’or, marsala, kaki et terra cotta. Une délicieuse collection à l’esthétique raffinée. La marque est soutenue par Designers Appartment, le showroom dédié aux jeunes créateurs organisé par la Fédération de la Haute Couture et de la Mode.

Le streetstyle du mercredi 27 septembre 2017:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):