Festival de Cannes 2018

Comme à l’habitude ce Festival de Cannes 2018 a été un pur moment de bonheur. Des rencontres, du glamour, une magie toujours présente. Même s’il n’était plus possible cette année de prendre de selfies sur la montée des marches, les occasions de faire des photos de jolies tenues étaient toujours très nombreuses! Côté palmarès, j’ai eu la chance d’assister à la projection de deux très beaux films récompensés par le jury magistralement présidé par Cate Blanchet pour cette édition assurément engagée: la palme d’or « Une affaire de famille » (du réalisateur japonais Hirokazu Kore-Eda), une histoire tendre et cruelle à la fois sur une famille déphasée avec la société, mais joyeuse et solidaire au point de recueillir une fillette battue par ses parents et lui apporter l’amour qui lui manquait; « Trois visages’ (prix du meilleur scenario) du réalisateur iranien Jafar Panahi, assigné à résidence dans son pays, un regard d’une grande acuité sur les maux de la société iranienne, le sort des femmes, l’absence de liberté, le conservatisme, le rapport à l’art, au travers d’un voyage en voiture plein de péripéties au fin fond des régions turcophones et montagneuses du nord-ouest iranien.

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Fashion Week Femme AW18/19 Jour 8 (dernier jour)

PRESENTATION WENDY JIM AU YOYO-CLUB (PALAIS DE TOKYO): Pour cette nouvelle saison la marque underground autrichienne créée en 1999 par le duo Hermann Fankhauser et Helga Ruthner a présenté une collection intitulée Tapis Rouge reflétant comme à son habitude l’humour et la dérision de ses créateurs. En guise de tapis rouge le décor en montrait surtout les coulisses, avec un large couloir de béton dont les murs étaient recouverts d’un rideau de fer sur lequel étaient apposés des cartes météorologiques d’Europe et des logos de marques. La collection parfaitement androgyne est constituée d’un ensemble de looks pointus, aux tons assez neutres mais rehaussés de touches fluo plus ou moins imposantes, avec maquillage et accessoires assortis. « Chaos Making a New Chaos » est inscrit sur une robe ample en coton. Une veste tailleur se porte avec une jupe à dentelle et motifs floraux, collants roses et chaussures jaunes. Une parka bicolore gris et sable est combinée avec un collant et des cils jaune fluo. Plusieurs pantalons, voire un costume entier, sont recouverts de bandes réfléchissantes. Une collection urbaine au style radical qui donne envie de s’évader!

PRESENTATION LEO DANS UNE GALERIE DU MARAIS: La jeune marque belge fondée en 2016 par la créatrice Leonneke Derksen a présenté dans une ambiance de boîte de nuit une collection intitulée « Millennium », traduisant l’esprit d’une génération et se positionnant à la rencontre du luxe, de l’avant-garde et du streetwear. Pantalon de jogging taille haute avec double ceinture porté avec un sweat long à capuche. Ensemble en maille chinée jaune et noir avec un haut zippé et un pantalon sanglé de cuir. Tailleur pantalon imprimé python. Robes en soie asymétriques. Ensemble en jean composé d’un bustier porté court sous un blouson et d’une jupe longue qui se dégrafe par des fermoirs troublants qu’on retrouve également sur des bottes hautes à talons. Maxi-manteau accessoirisé avec un bracelet sur le haut de la manche, ou en (fausse) fourrure beige au poil long. Molleton, jean, soie, satin, fourrure se combinent à merveille. Une superbe palette de couleurs énergisante et très chic. En fin de compte, une allure sophistiquée dans l’air du temps, toute en délicatesse et avec un brin de romantisme. On rappelle que la marque se retrouve sur internet et les réseaux sociaux sous le nom Leo By Leo.

Le streetstyle du mardi 6 mars 2018, aux abords des défilés Chanel et Miu Miu:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):

Fashion Week Femme AW18/19 Jour 7

PRESENTATION LE STUDIO PIERRE DANS UNE GALERIE DU 11EME ARRONDISSEMENT: Avec cette nouvelle collection unisexe intitulée « Jurassic Pierre » le duo de jeunes créateurs Tina Pierre et Thomas Bellego nous convie à une double immersion, dans l’ère jurassique et dans la jeunesse des années 80, d’une façon régressive et très colorée. Des animaux préhistoriques sont brodés sur des pulls en laine ou bien imprimés sur des foulards en soie. Les lainages d’hiver se combinent au vinyle des années 90 dans des silhouettes oversize. Les foulards retrouvent une nouvelle jeunesse: noués sur un manteau en guise de ceinture ou sur une salopette en guise de bretelle, ou bien portés sur la tête pour protéger les bigoudis. Des pyjamas à rayures se mélangent à des tailleurs chic aux coupes revisitées. Un système de coulisse sur des pièces d’allure classique crée un effet froncé qui dévoile les bras et les jambes de façon audacieuse. Salopette en vinyle menthe à l’eau ou satin rose poudré, pattes d’éléphant démesurées rouge vif ou en velours marron. Une collection de belle facture qui donne la pêche!

Le streetstyle du lundi 5 mars 2018:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):

Fashion Week Femme AW18/19 Jour 6

DEFILE KRISTINA FIDELSKAYA A L’HOTEL NATIONAL DES INVALIDES: La créatrice ukrainienne installée à Dubaï a présenté une nouvelle collection aux inspirations multiples, combinant passé idéalisé et modernité assumée, touche d’androgynie à la Bowie et élégance nonchalante toute parisienne. Une collection qui reprend l’ADN de Montana, avec ses épaules oversize, ses silhouettes précises qui marquent et dessinent la taille. Matières de choix: shearling, mousseline de soie fil coupe; le cachemire réconfortant se mélange au coton laminé, à la laine et la soie; gabardines « enduit vinyl » au toucher très doux, jersey métallique noir ébène, cuir effet papier mat, franges fluides en soie. Les silhouettes sophistiquées aux couleurs sobres laissent parfois transparaître la douceur d’une mousseline blanc immaculé.

DEFILE FATIMA LOPES A LA MAIRIE DU 4EME ARRONDISSEMENT: Inspiration musicale pour cette nouvelle collection de la créatrice portugaise. Celle-ci donne corps au rythme des notes et à la puissance des décibels dans des lignes très graphiques et des matières inédites, comme une néo-dentelle structurée au laser qui rappelle les « trois petites notes de musique », ou encore avec des matières scintillantes distillant joie, poésie et virtuosité. Les viscoses et mousselines de soie se combinent à des froncés bohèmes, les laines à des cuirs aux grands volumes. Les manteaux oversize aux manches iroquoises s’opposent à la délicatesse de robes subtilement transparentes. Ce jeu de contrastes se décline dans une palette de couleurs raffinées: roses poudrés, cerises profonds, bleus Klein,ors précieux, noirs élégants, verts audacieux.

Le streetstyle du dimanche 4 mars 2018:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Femme AW18/19 Jour 5

DEFILE GEOFFREY B SMALL A L’ESPACE SAINT-MARTIN: Le designer américain installé en Italie a présenté une nouvelle collection intitulée « Get Set » comportant un clin d’oeil à Fellini et aux débuts de Dolce&Gabbana. La performance accompagnant le défilé, qui devait être animée par la jeune performeuse et mannequin Matilde Canuti dans le rôle principal, a dû être adaptée suite au retour précipité de celle-ci en Italie pour se rendre au chevet de sa grand-mère adorée. Le show a ainsi été dédié à cette dernière, au passage entre les générations et un hommage a été rendu de façon amusante aux femmes qui travaillent dur en Italie et dans le reste du monde. Comme à l’accoutumée, le défilé en noir dominant a mis en scène tout à la fois une femme de pouvoir au style formel et austère, et des tenues plus décontractées avec quelques touches de couleur, des accessoires et foulards en soie à pois qui en atténuent la sévérité. Les mannequins portent des chaussures montantes à lacets d’inspiration militaire pour affronter la dureté du monde d’aujourd’hui. Le créateur rappelle que tous ses vêtements sont confectionnés à la main dans son atelier de Venise, dans des matières les plus nobles provenant d’artisans locaux, et dans des séries limitées. Un engagement affirmé pour une mode durable, et toujours une élégance classique intemporelle empreinte de poésie!

(Photos du défilé: StyleZeitgeist)

Le streetstyle du samedi 3 mars 2018, aux abords du défilé Elie Saab (photos prises par moi-même):

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):

 

Fashion Week Femme AW18/19 Jour 4

DEFILE ISSEY MIYAKE AU PALAIS DE TOKYO: Le designer japonais Yoshiyuki Miyamae a conçu une collection au plus près de la nature. Intitulée « Silent energy » celle-ci se réfère à la force silencieuse et secrète des végétaux et des animaux qui se préservent pendant l’hiver pour s’épanouir de nouveau au printemps. Les mannequins sont emmitouflés dans des manteaux flottants, aux larges volumes. Les vêtements dessinent toutes sortes de courbes et ondulations autour du corps. La marque poursuit ses recherches textiles avec pour cette saison un nouveau plissé intégrant des fils de laine et une maille Steam Stretch (technique phare de la maison, utilisant la vapeur pour rétracter un fil élastique). De longues robes sans manches avec un large col montant sont du plus bel effet. Les couleurs sont variées, allant du noir et blanc à de jolies combinaisons deux par deux de couleurs vives (fuchsia, bleu, orange, jaune). Les têtes sont recouvertes de quelques mèches colorées hérissées à l’iroquoise ou alors de drôles de chapeaux en laine. Une collection très intéressante, moderne, à l’esthétique recherchée tout en donnant une grande impression de confort.

Le streetstyle du vendredi 2 mars 2018, aux abords des défilés Balmain, Issey Miyake et Nina Ricci:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Joanna Joy, Franck Malabre):

Fashion Week Femme AW18/19 Jour 3

DEFILE RICK OWENS AU PALAIS DE TOKYO: Cette saison le créateur californien installé à Paris poursuit ses expérimentations en vue d’inventer une nouvelle esthétique du vêtement féminin. Il approfondit le thème du cocon, en proposant des silhouettes futuristes recouvertes de coussins et bourrelets protecteurs qui s’entortillent autour du corps. Des formes étranges apparaissent, comme par exemple avec trois manches. Manteaux croisés, trois-quarts bicolores, avec des applications sur les épaules, des hauts au col drapé, et toutes sortes de découpes sur le corps. Les robes sont courtes, déstructurées, et se portent avec des baskets. De gros sacs eux aussi rembourrés mais d’apparence légère sont prévus pour dormir ou se réchauffer dans les transports. La palette de couleurs est délicate, avec, outre le noir et blanc, de jolis coloris terre ou ocre qui se mélangent au rose pale et au kaki; de grands carreaux jaune et brun donnent une allure à la fois classique et audacieuse. Tout ceci est au final assez fascinant!

Le streetstyle du jeudi 1er mars 2018, aux abords des défilés Y/Project et Rick Owens:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):