Fashion Week Femme SS18 Jour 5

DEFILE GEOFFREY B SMALL A L’ESPACE SAINT-MARTIN: Pour dévoiler sa nouvelle collection, le designer américain installé en Italie a organisé un défilé/pièce de théâtre intitulé « Come and Go » combinant une représentation de la (mini-)pièce, sombre et minimaliste, de Samuel Beckett et le défilé des mannequins. Pendant que celles-ci défilent, trois femmes assises sur un banc se tiennent les mains, vont et viennent, et ne se reconnaissent que par le contact de leurs bagues. Comme l’explique Geoffrey B Small, cette pièce troublante reflète sa vision d’un futur sombre menaçant notre planète par ses catastrophes écologiques et sociales annoncées. Dans ce chaos le pouvoir et l’espoir ne peuvent venir que de la beauté, de la qualité. Le créateur transmet un message d’espoir par son recours à des processus de production écologiques pour une mode durable. Ses vêtements sont tous confectionnés à la main dans son atelier de Venise, dans les matières les plus nobles provenant d’artisans locaux, et dans des séries limitées. Sa collection met en scène tout à la fois une femme de pouvoir au style formel et austère, et des tenues plus cool agrémentées de détails colorés et d’accessoires qui en atténuent la sévérité. Une élégance classique intemporelle, non sans une pointe de poésie.

Le streetstyle du samedi 30 septembre 2017, aux abords du défilé Elie Saab:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):

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Fashion Week Femme SS18 Jour 4

DEFILE ISSEY MIYAKE AU GRAND PALAIS: Pour cette nouvelle collection intitulée « A Piece of Memory » le designer japonais Yoshiyuki Miyamae a trouvé son inspiration dans des souvenirs de paysages d’Islande. La beauté et la magie de ces paysages sont ainsi traduits par une garde-robe tout en légèreté et fluidité, par des imprimés spectaculaires qui se laissent découvrir dans les plis irréguliers des vêtements. Sur une blouse on voit s’animer des roches volcaniques recouvertes de mousse scintillant sous les rayons du soleil. Sur une tunique on voit s’étendre à perte de vue des glaciers cristallins. La marque poursuit ses innovations technologiques. Les formes en trois dimensions obtenues grâce au Steam Stretch (technique utilisant la vapeur pour rétracter un fil élastique) sont aplaties cette saison pour apporter plus de douceur et de légèreté au tissu. La couleur marron d’une série de vêtements quadrillés est obtenue grâce à un pigment naturel extrait de la terre selon une technique traditionnelle d’une île du sud du Japon. Cette ode à la nature très émouvante célèbre dans une explosion de couleurs et de façon magistrale une certaine beauté intemporelle et universelle.

Le streetstyle du vendredi 29 septembre 2017, aux abords des défilés Issey Miyake et Nina Ricci:

Et, pour terminer, mon look du jour (jupe Christopher Kane, veste VSP):

Fashion Week Femme SS18 Jour 3

DEFILE RICK OWENS AU PALAIS DE TOKYO: Le créateur californien installé à Paris nous a livré une composition dont il a le secret. Les mannequins, telles des sculptures vivantes, marchent au bord d’un bassin qui dégage une brume opaque, puis ce sont de puissants jets d’eau qui éclaboussent les spectateurs auxquels ont été distribués des coupe-vents imperméables. La féminité s’inscrit ici dans une nature brute et dompte les éléments déchaînés. Les corps sont enveloppés dans des drapés imposants, les robes cocons sont parsemées de bosses irrégulières. Les couches de vêtements augmentent tout au long du défilé. Coton raide, toile laquée ou rebrodée de baguettes géométriques et caoutchouc dessinent des silhouettes hors normes. Les modèles portent des sacs volumineux qui semblent collés à leur ventre et des sandales de sport à semelles épaisses qui leur permettent d’affronter tous les terrains et tous les temps. Une ambiance post-apocalyptique hallucinante non dénuée d’une certaine poésie!

Le streetstyle du jeudi 28 septembre 2017, aux abords des défilés Balmain (à l’Opéra Garnier) et Rick Owens:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Femme SS18 Jour 2

DEFILE NEITH NYER A L’INTERNAT EUGENE NAPOLEON: Pour cette nouvelle collection le jeune créateur brésilien Francisco Terra a trouvé son inspiration dans son histoire personnelle, plus exactement celle de sa petite soeur décédée d’un cancer à l’âge de 18 ans, à laquelle il rend hommage. Il évoque ainsi son parcours de l’enfance vers l’âge adulte qu’elle n’atteindra finalement jamais. Une immersion dans sa chambre, son univers douillet et fleuri aux couleurs pastel. Le créateur imagine ainsi ce que Miss Petticoat, le personnage pour enfants, aurait pu être comme adulte. Le résultat est une collection qui joue sur les différentes expressions de la féminité, mixant références enfantines et éléments de pop culture, élégance et vulgarité, luxe et streetwear. Une créativité débridée qui repousse la frontière entre bon et mauvais goût. Les mannequins ont l’air de sortir du lit, certaines à moitié nues et encore dans leurs rêves. Pantalons baggy, pattes d’eph fleuris, asymétrie, déconstruction des vêtements, oversize et transparence caractérisent les silhouettes proposées. Les teintes pastel, la dentelle , les fleurs et autres papillons sont contrebalancés par des couleurs acides et des matières techniques comme le PVC et le nylon. Un pyjama ouvert laisse apparaître un soutien-gorge jaune. Des manteaux sont rembourrés avec des oreillers. Les looks sont rehaussés par des bottes de cow-boy avec franges développées en collaboration avec New Rock. Comme toujours une formidable sensation de liberté émane de l’ensemble.

DEFILE MAZARINE PARIS A L’ATELIER RICHELIEU: Cette nouvelle collection de la jeune marque créée en 2014 par Hélène Timsit et développée en association avec Quentin Poisson met en scène des aventurières du ciel, parties à la découverte de contrées lointaines en montgolfière. Pour leur périple et afin de faire face aux éléments, elles ont imaginé des tenues multi-fonctions associant boléros à manches ballons et pantalons treillis, cache-coeurs ajustés et bermudas, coupes structurées et détails sportifs. Ceintures à boucles de corne, encolures carrées dégagées, multiples poches, sacs mappemonde pour transporter jumelles, boussoles et compas, bérets brodés, blouses de soie rayées, vestes de satin duchesse, légers pantalons sergés, chemisiers d’organdi et robes en jersey. Tout cela s’exprime au travers d’une palette de couleurs exotiques dans laquelle dominent jaune d’or, marsala, kaki et terra cotta. Une délicieuse collection à l’esthétique raffinée. La marque est soutenue par Designers Appartment, le showroom dédié aux jeunes créateurs organisé par la Fédération de la Haute Couture et de la Mode.

Le streetstyle du mercredi 27 septembre 2017:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):

 

Fashion Week Femme SS18 Jour 1

DEFILE VICTORIA/TOMAS DANS LES JARDINS DE LA FACULTE DE PHARMACIE DE PARIS: Pour ce premier défilé de leur marque créée en 2012, les jeunes créateurs Victoria Feldman (28 ans) et Tomas Berzins (26 ans) ont trouvé leur inspiration dans leur propre histoire, une histoire d’amour entre une jeune fille plutôt sage et un garçon rebelle, un « bad boy », qui se sont rencontrés sur les bancs de l’école Esmod à Paris. La collection revisite ainsi une garde-robe masculine classique qu’elle fait évoluer de façon inventive mais portable vers un style plus féminin. Cette fusion s’opère par le biais d’une multitude de petits détails, comme par exemple une alternance de boutons pression métalliques et de boutons en forme de fleur sur une chemise ou une veste. Superbes manteaux en cuir, trench élégant, robes d’été amples en coton à rayures ou à carreaux madras aux manches gonflées, robe nouée à la taille qui se transforme en jupe, tailleur rayé gris porté avec une jupe asymétrique. L’asymétrie présente sur de nombreuses pièces donne un caractère fort à l’ensemble de la collection: écharpe cousue sur l’épaule d’une robe, pan de tissu qui prolonge sur un côté un blouson en jean ou un pantalon, échancrure sur le bas d’une robe ou d’une jupe. Matières de qualité: maille, popeline de coton, cuir (grande spécialité de la marque). Une palette de couleurs étendue et vivifiante qui se décline en imprimés géographiques variés. Un immense bravo pour cette collection d’une grande fraîcheur, décontractée, moderne et très séduisante!

Le streetstyle du mardi 26 septembre 2017, avec comme nouveauté de cette saison le défilé Dior en premier jour de fashion week:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Look automne 2017 n°3

Je vous propose aujourd’hui une version plus casual du look précédent, puisque les imprimés colorés de Christopher Kane représentant des mannequins et les coulisses d’un défilé se déclinent également en version T-shirt. T-shirt Christopher Kane, mini-short en jean Iro, casquette en paille avec voilette en dentelle Karl Lagerfeld pour Maison Michel, petit sac en cuir Zadig&Voltaire, chaussures à talons What For.

photos: Eric Moret

Look automne 2017 n°2

Pour profiter des belles journées ensoleillées de ce début d’automne, je vous propose un look construit autour d’une superbe jupe de chez Christopher Kane, en soie et viscose, entièrement recouverte de magnifiques imprimés très colorés représentant des mannequins et les coulisses d’un défilé. Très agréable à porter et à toucher, je l’ai assortie avec un top blanc moulant et un collier fantaisie BCBG MaxAzria, ma casquette iconique en paille avec voilette en dentelle à l’arrière Karl Lagerfeld pour Maison Michel, et des chaussures à talons épais What For dans des tons coordonnés à ceux de la jupe.

Photos: Eric Moret