Fashion Week Haute Couture AW17/18 Jour 2

DEFILE YANINA COUTURE A L’HOTEL WESTIN: Pour cette nouvelle collection la créatrice russe a trouvé son inspiration dans l’un des contes d’Andersen qu’elle affectionne tout particulièrement, « La Reine des Neiges », et dans la beauté des hivers russes. Sa Gerda des temps modernes est une voyageuse érudite et romantique, qui vit dans ses rêves et recherche l’amour et la passion. Le réel et le magique s’entremêlent dans cette collection dans laquelle les robes représentent les différents héros et héroïnes que Gerda rencontre dans son voyage: un petit voleur, une finlandaise, une femme de Laponie…Ceci se traduit par un ensemble de capes, de robes de toutes longueurs, de fourreaux, de capuches, de manches, de moufles. Noir et blanc dominant, allure très graphique, matières fluides jouant sur la transparence. Sublime!

DEFILE PATUNA AU FAUST: La créatrice d’origine géorgienne a présenté une nouvelle collection qui se veut une rencontre entre l’architecture organique inspirée de la nature de Gaudi et l’abstraction onirique de Dali. Les silhouettes proposées combinent rigueur et fluidité, et jouent sur le contraste féminin/masculin. Les tenues aux lignes ondulantes et asymétriques semblent s’enrouler autour du corps. Les matières utilisées, soie, laine, velours, coton, maille permettent cette flexibilité et sont déclinées dans une palette de couleurs cohérente qui va du noir au rose pâle, en passant par le gris, le violet et le blanc; Une collection qui a du caractère!

DEFILE TONY WARD A L’ORATOIRE DU LOUVRE: Une nouvelle collection pour laquelle le créateur libanais déclare avoir trouvé son inspiration dans une rencontre entre la géométrie et les fleurs. La délicatesse des fleurs est ainsi associée à des motifs géométriques réinventés qui sont finement brodés à la main sur des robes de soie vaporeuses. Les courbes des fleurs sont transposées dans les silhouettes. Les couleurs franches comme le bordeaux et le jade sont complétées par des teintes plus douces comme l’argent et le rose, sans oublier le noir et blanc intemporel. Magnifique!

Le streetstyle du lundi 3 juillet 2017:

Et, pour terminer, mon look du jour:

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Fashion Week Haute Couture AW17/18 Jour 1

DEFILE EWA MINGE A L’HOTEL SHANGRI-LA: La créatrice polonaise a présenté une collection inspirée par les anciennes fables tziganes et leur monde enchanté, joyeux et dansant. Les silhouettes multicolores aux nombreuses superpositions, les détails et les accessoires évoquent l’univers riche et chantant de cette culture. De somptueuses robes longues, mais aussi des pantalons et des robes courtes qui apportent une touche de modernité. Un large éventail de matières: fourrure, soie, dentelle, tulle, organza, mousseline, cuir. De la transparence, des plumes et des motifs floraux pour le glamour. Les vêtements sont recouverts de broderies artisanales et de papillons, ces derniers ayant été réalisés par les « élèves » de la fondation Black Butterflies dans un cadre d’art-thérapie: sous l’oeil de la créatrice, des femmes qui se battent contre le cancer ont ainsi réalisé des « petites oeuvres d’art » à partir de perles. La créatrice a également fait défiler plusieurs mannequins « plus-size » afin de montrer que la beauté n’a pas de taille.

DEFILE GUO PEI A L’HOTEL SALOMON DE ROTHSCHILD: Pour cette quatrième collection présentée à Paris, la créatrice chinoise a choisi pour thème de rendre hommage à l’âge d’or de la Haute Couture, en y associant également la Haute Joaillerie grâce à une collaboration avec Caroline Scheufele, co-présidente et directrice artistique de Chopard. Dans un décor très fleuri, Guo Pei a ainsi présenté pas moins de 43 tenues somptueuses et ultra-féminines, les lignes classiques aux tissus délicats s’enrichissant de brillance métallique texturée, de couleurs moirées, de constructions et superpositions complexes donnant une impression d’illusion tout en gardant une grande fraîcheur. Broderies et perles sont toujours au rendez-vous, notamment des broderies en relief associées à de délicats ornements, qui sont sublimées par les opulentes parures de Chopard et nous offrent ainsi un mélange féérique de culture et d’esthétique chinoises et occidentales.

Le streetstyle du dimanche 2 juillet 2017:

Et, pour terminer, mon look du jour:

 

Fashion Week Homme SS18 Jour 5 (dernier jour)

DEFILE SANKUANZ A L’ENSCI: Pour cette nouvelle collection le designer chinois Shangguan Zhe a trouvé son inspiration dans l’univers créatif de l’artiste américain Cy Twombly. Les allusions aux différentes facettes de l’oeuvre de celui-ci sont multiples et se traduisent dans un style urbain, arty, oversize qui se décline en pantalons, vestes (parfois attachées à la ceinture), chemises, sweat-shirts aux coloris divers, couleurs vives et pastels reflétant son inspiration méditerranéenne. Le lin brut des costumes est une allusion à la toile vierge du peintre, dans certains cas recouvert d’une peinture blanche évoquant la matière mate des sculptures. Les costumes tailleurs, coupés dans un style italien, sont une référence à la vie de l’artiste à Rome et sont revêtus d’imprimés graffitis rappelant son oeuvre. Des références à d’anciennes expositions sont inscrites sur des chemises à plastron et des pantalons. Certains mannequins portent de grands cabas et sacs à dos surdimensionnés qui se déplient comme des trousses de peintre. Une synthèse très séduisante entre streetwear et art qui nous propulse avec une belle énergie dans la modernité.

DEFILE RYNSHU SUR LA TERRASSE DE L’HOTEL MEURICE: Pour cette saison le créateur japonais Masatamo Yamashi qui a pour habitude de chercher son inspiration dans la contemplation du modernisme japonais y ajoute une touche de romantisme. Cette collection androgyne se décline ainsi en pantalons en tissu de kimonos traditionnels vintage, en manches de chemises qui deviennent romantiques grâce à une technique de drapé en volume, en un mélange savant d’imprimés floraux et graphiques, en broderies aux motifs de phoenix ornant vestes, blousons, manteaux, pantalons et chemises, en messages japonais brodés en violet sur des écussons noirs et blancs, en kanjis (caractères utilisés dans l’écriture du japonais) exprimant la volonté de réalisation des souhaits ou de succès dans les affaires. Pour ce qui est des matières: cotonnade faite main avec une technique de « collage », noire et blanche, soie aérienne et transparente imprimée de motifs pastels ou de dessins inkjet de fleurs colorées, association d’organdi noir ultra-fin et d’un lamé chatoyant. Les silhouettes sont finalisées avec des chapeaux et foulards qui invitent à une rêverie toute romantique.

PRESENTATION AGNES B DANS SON SHOWROOM: Le point de départ de cette nouvelle collection est un livre d’André Villers et Picasso dans lequel la créatrice a remarqué la proximité entre ses propres créations et la garde-robe du peintre. Ce qui la conduit à imaginer des coupes confortables avec des volumes élargis, à base de mailles ajourées, de caleçons en popeline, de chemises de travail à poches plaquées. On trouve également des chemises à imprimés fleuris et des pantalons jambes droites à la taille replacée. En s’inspirant par ailleurs de photos prises par son père en Normandie en 1936 elle redéfinit une certaine élégance à la française avec des costumes en lin léger, jacquard, des vestes pied de puce ou à boutonnage croisé. Pour le soir elle propose des pièces plus rock avec par exemple une veste en jacquard noir et blanc, ou en s’inspirant du street art, avec notamment un imprimé signé JonOne sur un costume, et des impressions numériques de photos d’artistes ou prises par elle-même.

Le street style du dimanche 25 juin 2017:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme SS18 Jour 4

DEFILE ARTHUR AVELLANO AU GYMNASE TREVISE: Le jeune créateur français, âgé de 25 ans, a lancé sa marque en 2016 à la sortie de ses études. Pour ce premier défilé, il s’est inspiré du film culte de Joel Schumacher « Chute libre » qui raconte l’histoire d’un homme en rupture avec les faux-semblants de la société moderne. Toute cette collection est ainsi construite autour du latex dont le côté transgressif le fascine. Il le décline sur toutes sortes de pièces, allant du pantalon et du short au trench et autres bombers en passant par les vestes. En collaboration avec un laboratoire spécialisé et afin de le rendre portable et lavable en machine, il a développé sa propre matière, un latex hybride reprenant certaines caractéristiques du cuir. Au-delà de l’inspiration androgyne il cherche à habiller un homme audacieux, élégant et viril dont l’attitude et la personnalité font partie intégrante de la silhouette. La palette de couleurs est très engageante, en particulier le bleu foncé et le bordeaux très lumineux. Bravo et bonne chance l’ami!

DEFILE GEOFFREY B.SMALL A L’ESPACE SAINT MARTIN: Pour fêter son centième défilé, et par voie de conséquence ses 25 ans de présentations à Paris, le designer américain installé en Italie a imaginé une collection très complète aux allures champêtres. Dans un décor de grands draps blancs ornés de fleurs suspendues, et accompagnés d’un violon et d’une danseuse, les mannequins ont dévoilé un ensemble de looks très variés dans des matières légères (lin, coton) pour les différents moments de la journée. Coupes amples ou plus resserrées tant pour les pantalons que pour les vestes. Les bermudas s’arrêtent au genou ou légèrement au-dessus. Les manteaux longs et capes paraissent très légers et fluides. Les couleurs sont sobres mais diverses (noir, beige, crème, gris clair ou foncé, bleu clair). Des rayures style banquier et quelques motifs floraux sur les chemises et foulards viennent égayer l’ensemble. Sur la tête: bobs, casquettes, chapeaux à larges bords apportent leur part de fantaisie. Une élégance toujours aussi romantique!

PRESENTATION HUGO COSTA A LA MAISON DES METALLOS: Pour cette nouvelle collection intitulée « Don’t Fish my Fish » le créateur portugais a trouvé son inspiration chez les « Moken », des gitans des mers vivant dans l’archipel des Mergui, un groupe de 800 îles désertiques en Asie du Sud-Est. Cette collection est ainsi une métaphore entre ces personnes libres et la société moderne peu respectueuse de certaines valeurs sociales et environnementales. Elle s’inspire de leurs tenues rafistolées et de l’univers de la mer pour présenter des looks contemporains, déstructurés et oversize, intégrant des matières très techniques. La palette de couleurs se décline autour d’une élégante combinaison de gris, blanc, noir complétée par un délicieux jaune vif. Superbe!

Le streetstyle du samedi 24 juin 2017, aux abords des défilés Dior Homme et Balmain:

Et, pour terminer, mon look du jour (jupe et tee-shirt: Alexander Kane):

Fashion Week Homme SS18 Jour 3

DEFILE 22/4 HOMMES AU PALAIS DE TOKYO: Une collection intitulée « Souvenirs de bord de mer » et inspirée par les souvenirs des vacances d’été de la créatrice allemande Stephanie Hahn. Celle-ci a voulu traduire l’élégance qui naît de la rencontre entre la mer et le ciel dans un ensemble de lignes épurées et de rayures délicates. Comme à l’habitude la collection inclut des silhouettes féminines. Des éléments nautiques comme les oeillets et les cordes reflètent le souci du détail de la créatrice. Les combinaisons pour hommes et femmes sont un clin d’oeil aux maillots de bain du 19ème siècle. Le jeu sur les mélanges de matières et de couleurs apporte une touche de fantaisie et exprime le côté ludique des vacances d’été. Chemises kimono, shorts plissés et pantalons à taille haute assortis à des vestes ou blazers dont les manches ou poches ont des couleurs contrastées. La palette de couleurs est à dominante bleue et verte, pour refléter les teintes du ciel et de la mer. Matières de qualité: laine légère, viscose, lurex, coton, soie.

DEFILE CHRISTIAN DADA AU PALAIS DE TOKYO: Dans cette collection intitulée « Losing Power » le directeur artistique japonais Masanori Morikawa exprime son rejet du consumérisme et de la société de consommation. Inspiré par le travail de l’artiste urbain français Zeus et ses logotypes en liquéfaction, il imprime sur ses vêtements ces motifs en déliquescence traduisant sa vision d’un monde qui s’écroule. A côté de broderies faites à la main il appose également sur les tenues des citations célèbres issues du monde de la mode comme le « Fashion fades, style is eternal » d’Yves Saint-Laurent. Les silhouettes, masculines et féminines, combinent influences occidentale et orientale. Bombers croisés, tissus patchwork, vestes en forme de kimono avec au dos des images folkloriques du Japon et des fleurs orientales exubérantes. Des imprimés abstraits bariolés complètent les teintes pastel, marron et noir, et apportent une touche estivale à la collection.

Le streetstyle du vendredi 23 juin 2017:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme SS18 Jour 2

DEFILE ISSEY MIYAKE MEN A L’UNIVERSITE PIERRE ET MARIE CURIE (JUSSIEU): Pour cette nouvelle saison, le directeur artistique japonais Yusuke Takahashi s’est inspiré du désert et de ses grands espaces. Sous un soleil brûlant parfaitement en phase avec la collection les mannequins ont dévoilé des silhouettes amples, aériennes, à base de sarouels, tuniques et autres djellabas. Les matières sont conçues pour donner confort, aisance et fluidité: coton double-face (matière iconique de la maison, qui est ici revisitée), technique de « shrinking » donnant un effet ondulé rappelant les courbes du sables dans le désert, polyester, nylon et autres matières innovantes permettant un entretien facile. A l’image du désert les lignes sont tantôt épurées, tantôt recouvertes de rayures inspirées par les strates géologiques. Outre les teintes neutres du sable et de la pierre, les couleurs reflètent également le bleu intense du ciel et l’orange vif d’un coucher de soleil. Une collection d’une grande élégance, tout à la fois innovante, facile à porter et hautement désirable. Bravo!

Le streetstyle du jeudi 22 juin 2017, particulièrement impressionnant:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme SS18 Jour 1

DEFILE ICOSAE AU « FAUST »: Pour son deuxième défilé dans le calendrier officiel de la fashion week parisienne la jeune marque créée en 2014 par les frères Valentin et Florentin Glemarec a trouvé son inspiration dans les ambiances de nuit et de lumières de Los Angeles. Cette nouvelle collection intitulée « The world has music for those who listen » se revendique d’un « tailoring new wave ». Elle nous présente des costumes noirs aux coupes soignées, des bombers et perfectos déstructurés, des sweats découpés et imprimés. Les vêtements sont ornés, avec beaucoup de subtilité, de rivets, inserts de métal et broderies fait main, d’impressions avec des peintures originales des créateurs, ou portent des messages empreints de poésie. Fruit d’une collaboration avec le chausseur Louboutin, les mannequins portent des boots en strass. Des looks sophistiqués tout en restant cool et facile à porter. Superbe!

DEFILE Y/PROJECT A « LA GENERALE »: Le designer Glenn Martens a dévoilé une collection d’inspiration années 90 qui explore de nouvelles voies dans la déstructuration du vêtement. L’oversize est roi dans le haut ou dans le bas des silhouettes, on joue abondamment sur les volumes et sur les associations de matières nobles (daim, lin, nylon,…). Costume en lin à double devant, survêtement à manches plissées surdimensionné, jogging baggy, sweat-shirt à quatre manches dont deux nouées sur les épaules, parka de travail à la carrure repliée, pulls et chemises aux manches bouffantes. La palette de couleurs s’oriente essentiellement vers des teintes nude et terreuses (beige, sable, rose pâle, gris) complétées par du noir, du blanc ou du bleu clair. Pointu, mais décontracté, et délicieusement romantique!

DEFILE WALTER VAN BEIRENDONCK AU GARAGE LÜBECK: Pour cette saison, le créateur anversois a présenté une nouvelle collection intitulée « Owls Whisper » aux silhouettes bariolées et excentriques dont il a le secret. Un festival de couleurs vives (jaune, bleu, rouge, vert) et métallisées. Les mannequins défilent sur un tapis jaune et sont revêtus d’une perruque longue agrémentée d’une frange courte. Des bouts de tissus sont assemblés les uns aux autres sur des chemises à grand col qui font apparaître des visages de clowns. Redingotes à carreaux, parkas colorées, leggings imprimés à motifs géométriques extravagants qu’on retrouve également sur les vestes et chemises. Un univers toujours aussi créatif, lyrique et terriblement actuel. Grandiose!

Le streetstyle du mercredi 21 juin 2017:

Et, pour terminer, mon look du jour: