La fête de Kenzo

Lors de la Fashion Week parisienne Homme printemps-été 2027 qui s’est déroulée fin juin, la maison Kenzo s’est installée le temps d’une semaine Place des Victoires (où se trouvait le premier siège de la marque fondée par Kenzo Takada) pour présenter tout à la fois sa nouvelle collection homme/femme, mais aussi un événement intitulé « la fête de Kenzo » ouvert au public. Celui-ci comprenait un pop-up store permettant d’acheter dès maintenant certaines pièces de la collection automne-hiver 2026/2027, un konbini reprenant le nom et le concept des petits magasins de quartier japonais (avec une série de produits exclusifs tels que T-shirts, magazines, snacks et rafraichissements), un « Kenzo Café » permettant de déguster de délicieuses boissons et mets japonais, et une boutique ‘Kenzo Fleurs » où des bouquets de saison inspirés par l’univers de la marque étaient proposés par le spécialiste parisien des compositions florales haut de gamme, Debeaulieu, le tout dans une ambiance fort sympathique. Concernant la collection printemps-été 2027, celle-ci puise son inspiration dans les archives de la maison avec des imprimés floraux caractéristiques de la marque qu’on retrouve notamment sur des cols de veste, des manches de gilets, en broche ou en broderie sur un sac à main, des rubans colorés, des écussons de type universitaire aux couleurs de la maison, du denim et des motifs pied-de-poule. Le jaune, le bleu nuit marine et le vert s’imposent. On remarque également une surprenante robe polo à volants jaune et bleu, et une magnifique veste de smoking bleu nuit.

« Gianni Versace Retrospective »: une très belle exposition au Musée Maillol à Paris

L’exposition très riche retrace toute la carrière du créateur italien assassiné en 1997, au travers de près de 450 pièces illustrant son style flamboyant unique. La présentation ne suit pas l’ordre des collections, mais est organisée par thèmes, des drapés inspirés de la sculpture grecque aux imprimés baroques et aux silhouettes pop des années 1980 et 1990. Le parcours présente vêtements et silhouettes originales, accessoires, photographies et entretiens filmés. On y voit notamment les tenues portées par les mannequins vedettes et les stars des années 1980 et 1990 (Naomi Campbell, Cindy Crawford, Linda Evangelista, Madonna, Elton John, Prince), des photographies signées des plus grands noms de la photographie de mode (Richard Avedon, Helmut Newton, Irving Penn) et une reconstitution de son atelier. L’exposition n’entre pas dans les détails techniques. Elle se veut une célébration joyeuse et accessible au grand public, et c’est très réussi! Bonne nouvelle, compte tenu de son succès, elle est prolongée du 6 septembre 2026 au 31 octobre 2026. Raison de plus pour ne la manquer sous aucun prétexte!

KENZO x Futura 2000 : une magnifique collection

La Maison Kenzo vient de dévoiler une collaboration exclusive avec l’artiste Futura 2000, pionnier du graffiti dont la pratique s’est développée au cours des années 1970 dans la ville de New York. Il a été l’un des premiers artistes à introduire des formes abstraites dans l’art, repoussant les barrières et répandant son style futuriste dans les galeries d’art pendant les années 1980. La pièce phare de cette collection particulièrement réussie est un coupe-vent court en nylon à la coupe décontractée, garni d’un imprimé combinant le motif Boke Flower signature de Kenzo et le symbole Atom de Futura 2000, sur un fond coloré dégradé qui rappelle les graffitis (collection homme). Cet imprimé se retrouve également sur un magnifique pantalon en soie à taille élastique (collection femme), ainsi que sur un pantalon en nylon en bleu dominant à la coupe loose et avec des cordons de serrage à la cheville soulignant son inspiration urbaine (collection homme).

Fashion Week Femme AW24/25 Jour 9 (dernier jour)

DEFILE LOUIS VUITTON DANS LA COUR CARREE DU LOUVRE: La collection synthétise parfaitement le style du directeur artistique Nicolas Ghesquière qui fêtait ses dix ans chez Louis Vuitton: sportswear actif, chic futuriste, finitions éclatantes, drapés audacieux. Le défilé s’ouvre avec des vêtements athlétiques entièrement blancs, des vestes Norfolk coupées comme des blousons à encolure haute et portées avec des jupes à volants et à poches. Puis apparaissent des robes fourreaux à paillettes et autres robes longues, des vestes de randonnée coupées comme des robes de cocktail, une remarquable série de robes bouffantes réalisées dans d’étonnantes soieries rigides imprimées comme des sacs LV et des monogrammes. Quelques robes noires laissent ensuite la place à une partie « robotique chic », une série très fraîche de gilets militaires gris mastic avec des tailles cintrées. De nombreux mannequins portent des gants en peau de mouton hirsute, tandis que d’autres sont munies de nouvelles mini valises en matelassé métallique. Le défilé se termine en beauté avec la mannequin vedette néerlandaise Rianne van Rompaey, vêtue d’une superbe robe noire à plumes asymétrique et de travers, surmontée d’une mini cape en cuir.

Fashion Week Femme AW24/25 Jour 8

DEFILE ZIMMERMANN AU PAVILLON CAMBON: La marque australienne connue pour ses collections glamour et romantiques évolue cette saison vers des tenues plus urbaines à porter au quotidien, combinant ainsi toilettes du soir volumineuses et éléments plus sportifs comme les pièces en denim. La dentelle, véritable passion de la créatrice Nicky Zimmermann, est encore bien présente, dans de longues robes à traîne, des corsages et des dessous chic, de même que les soies précieuses pour confectionner des robes à volants et des blouses Lavallière à manches ballons volumineuses. Mais l’ensemble prend une tournure plus pratique avec des vêtements conçus pour le quotidien, associés à des chaussettes en laine et de confortables souliers à lacets. Le dressing prévoit des ensembles en denim délavé, des costumes-bermuda Prince de Galles, des costumes en laine mélangée au style sportif avec grandes poches et boutons pression, des blousons et des maxi jupes en cuir, des robes tricot ajourées. Le look qui synthétise le mieux cet état d’esprit plus urbain est celui composé d’un pantalon de jogging en satin enfilé sur une guêpière, le tout avec un manteau bicolore rayé en fausse fourrure.

Fashion Week Femme AW24/25 Jour 7

DEFILE ATLEIN AU PALAIS DE TOKYO: Le créateur Antonin Tron explore de nouvelles pièces et matières. Les longues robes en jersey drapées et froncées constituent toujours la base de sa garde-robe, enrichies cette saison de cagoules et de longues fermetures à glissière qui s’enroulent sur tout le corps, le fendant du cou aux pieds. Mais il s’éloigne des tenues de soirée pour proposer davantage de pièces à manches et des pantalons dans un esprit plus urbain et sportswear. Son héroïne, inspirée de films de science fiction, s’affiche dans des petits bombers militaires, avec des leggings épais comme taillés dans du daim, des fuseaux zippés tout du long sur le devant, des hoodies à cagoule en jersey léger et des ensembles en laine enduite imperméable, ressemblant à du vieux cuir. Lorsqu’elle revient de mission, la guerrière spatiale d’Atlein retire son pantalon en nylon rembourré et porté taille haute, dézippé sur le côté comme les combinaisons d’astronaute, pour revêtir des robes étincelantes de reines des galaxies comme ces fourreaux scintillants en tissu mesh de cristal, ces tenues délicates en jersey transparent ou métallisée mercure. Des robes en paillettes, à l’allure de peau de serpent, brillent par intermittence en fonction des reflets de la lumière.

Fashion Week Femme AW24/25 Jour 6

DEFILE « NOIR » DANS UN ANCIEN MAGASIN DU 9EME ARRONDISSEMENT: Contrairement à son habitude, le créateur japonais Kei Ninomiya délaisse le noir, auquel il ne consacre que quelques modèles, pour étudier les propriétés de la couleur et de la lumière. Il explore ainsi les effets d’optique et les matières réfléchissantes, comme s’il soumettait ses créations à un prisme, réfractant la lumière à travers les différents rayonnements de l’arc-en-ciel. Le rouge, l’orange, le jaune, le vert, le bleu, l’indigo et le violet sont réunis dans plusieurs silhouettes féériques, comme dans ces tops et jupes cocons confectionnés dans des plumes de taffetas, ou dans cette tunique tressée dans un dégradé harmonieux de petites bandes en plastique colorées. Ces mêmes teintes sont utilisées sous forme d’une multitude de petites fleurs découpées et assemblées dans de délicates robes camouflage, ou dans des chaînes-colliers de petits carreaux de PVC constituant des harnais à superposer sur des robes ou un manteau en satin matelassé kaki. Le styliste joue aussi avec les couleurs primaires pour créer des looks pop joyeusement bariolés à partir d’un entrelacs de fils de scoubidou ou en utilisant ces mêmes fils en caoutchouc pour confectionner des fleurs à piquer au milieu d’autres fleurs de tulle blanc dans des robes ou corsages à la consistance de nuages. Des rosaces multicolores découpées dans des toiles en plastique transparent servent à fabriquer des capes et robes rappelant les vitraux de cathédrales. Pour le final, Kei Ninomiya réalise une mini-cape couvrant toute la tête ainsi qu’une robe scintillante à partir de cristaux qu’il utilise comme des prismes. On retrouve dans leurs reflets irisés les nuances de l’arc-en-ciel, qui changent selon la façon dont les pierres accrochent la lumière ou selon la couleur qui leur sert de base. Le T-shirt blanc laisse filtrer des lueurs rose et bleutée, le short noir des lueurs jaune, verte et oranger.