Fashion Week Femme AW22/23 Jours 8/9 (fin)

DEFILE GIAMBATTISTA VALLI AU MUSEE D’ART MODERNE: Pour cette saison le styliste italien réinterprète ses riches créations couture dans un esprit plus jeune. Perchées sur de très hautes plateformes, en collants opaques, blancs ou colorés ton sur ton avec leurs tenues ultra courtes, les mannequins se cachent derrière des lunettes noires surdimensionnées. Différents styles et savoir-faire se combinent, des costumes en tapisserie d’Aubusson aux ensembles à imprimé léopard, en passant par de mini robes blanches à boutons dorés ou des looks plus décontractés, comme ce pantalon palazzo associé à un long manteau shearling décoré de frises brodées. Pour le soir, les filles mettent leurs souliers argentés et strassés ou leurs immenses cuissardes python pour aller danser dans des robes tantôt sages en guipure vert d’eau, tantôt précieuses en dentelles noires ou couvertes, au choix, de grosses paillettes argent ou de micro-baguettes translucides. Elles peuvent également porter un ensemble culotte-top orné d’écailles roses ou des robes drapées, en soie blanche imprimée de roses ou rouge coquelicot. Quand elles veulent marquer le coup, elles s’enveloppent dans des nuages de tulle.

Fashion Week Femme AW22/23 Jour 7

DEFILE BALENCIAGA AU PARC DES EXPOSITIONS DU BOURGET: Après avoir envisagé d’annuler son défilé, le directeur artistique géorgien Demna Gvasalia, qui se fait appeler désormais simplement Demna et se définit lui-même comme un « éternel réfugié », a rendu un vibrant hommage à l’Ukraine. Les mannequins hommes et femmes, séparés du public par des parois transparentes, ont défilé en cercle sous des flocons et sur une épaisse neige avec une allure saccadée, en posant bien le pied pour ne pas glisser. Des tenues noires et des sacs à dos évoquant des sacs poubelle ont ouvert le défilé. Certains hommes étaient à moitié nus portant des boxers et des baskets, les jambes non couvertes, très vulnérables sous la neige. Puis on a retrouvé, en noir dominant, des versions affinées du style volumineux emblématique de Demna, combinaisons massives, robes flamenco évasées, grands peignoirs de gouvernantes. Bottes de soldats napoléoniens, capes revisitées, avec un sac poubelle à la main et des lunettes de soleil pour se protéger des bourrasques de neige. L’essentiel de la collection est composé de vêtements d’extérieur pliables et de trenchs en tissu très léger. Certaines tenues semblent avoir été fabriquées par les mannequins eux-même: looks en denim assemblés et cousus, jeans composés de plusieurs débardeurs, sacs à main formés de deux bottines à talons cousues ensemble. Un homme en total look jaune et une femme en robe bleue aérienne et traîne ont clôturé le défilé.

Fashion Week Femme AW22/23 Jour 6

DEFILE HERMES A LA GARDE REPUBLICAINE: Cette nouvelle collection présentée par Nadège Vanhée-Cybulski, directrice artistique des collections femme d’Hermès, entend déployer l’univers équestre dans la vie d’une femme urbaine d’aujourd’hui: elle traduit pour la maison une évolution vers un vestiaire plus jeune, plus punchy et plus sexy, dans un style confortable et sportif, mais toujours très chic, en noir et blanc dominant complété de vert pâle ou olive, bleu faïence et brun ébène. Bottes en daim d’où dépassent jusqu’aux cuisses de longs bas en laine, ensembles très courts, micro robe en cuir noir avec top à jabot blanc, transparences, mini-shorts en abondance, guêtres. Tricots légers moulants renforcés aux coudes, leggings, justaucorps, combi-shorts en matière technique, combinaisons tout en cuir. Le thème équestre apparaît dans les rabats-revers en cuir en forme de selle sur des blousons fourrés, ainsi que dans les nombreuses rayures liées aux casaques des jockeys. Ces rayures structurelles composées de lamelles de cuir et de maille rendent le vêtement plus souple. Innovation aussi dans les techniques de remaillage et de travail sur le cuir, avec une série de très belles pièces en peau, comme cette blouse à plis fluctuante en napa d’agneau ou cette jupe plissée aérienne en cuir dont une bande sur deux est transparente. De grands manteaux amples en cachemire et mohair ouverts ainsi que quelques robes fluides en mousseline de soie complètent la garde-robe.

Fashion Week Femme AW22/23 Jour 5

DEFILE YOHJI YAMAMOTO A L’HOTEL DE VILLE: Pour cette nouvelle collection le créateur japonais s’est amusé à croiser le style urbain de la jeunesse d’aujourd’hui avec les formes grandioses de la couture du XVIIIème siècle. Le bleu marine du denim se mêle ainsi au noir habituel des silhouettes de Yohji Yamamoto dans des tenues de plus en plus volumineuses au fil du défilé. Des superpositions de mousseline de soie noire et de laine fine sont découpées en fragments qui paraissent avoir du vécu, tout en évoquant l’opulence. Ces pans de tissus ont ensuite été cousus en vestes, redingotes et robes mi-mollet, lesquelles sont alors mixées avec des vestes Eisenhower (à fermeture éclair), des blousons courts en jean, des surchemises oversize et de petits gilets en denim. Des foulards sont noués ou drapés le long des hauts. De longs manteaux ont une coupe qui s’élargit au niveau des épaules et du col, comme une tour médiévale. Un ensemble assez poétique de cintres métalliques flotte comme de petits nuages au-dessus de la tête des mannequins. Le défilé se termine avec deux femmes-chaman en chapeau coolie, les hanches élargies par tout un attirail enroulé autour de leur taille.

Fashion Week Femme AW22/23 Jour 4

DEFILE LUDOVIC DE SAINT SERNIN DANS UN PARKING SOUTERRAIN: Le jeune créateur parisien de 31 ans qui a fondé sa marque en 2017, qui a été récompensé en 2018 du prix du label créatif du concours de mode de l’Andam et fut finaliste du prix LVMH en 2018, a présenté une collection parfaitement mixte, alors qu’il proposait jusque là des tenues essentiellement masculines. Le défilé se partageait également de façon équilibrée entre vêtements de jour et de nuit, un typique vestiaire hivernal dans des teintes brunes, grises et noires venant compléter ses habituelles tenues sexy et légères. Pour le jour, une élégance minimaliste à base de beaux manteaux structurés, jupes longues en laine épaisse, grandes chemises portées en robe et robes-pulls à col roulé. Pour la nuit, des pantalons taille basse fermés par des laçages suggestifs, un chemisier-pantalon diaphane en soie transparente, des mini-robes bustiers en python fendues latéralement très haut sur les cuisses, des cottes de maille minuscules couvrant le torse (en mouchoir suspendu à une chaîne autour du cou pour l’homme et en soutien-gorge pour la femme), des tricots et débardeurs-filets illuminés de strass, une combinaison à larges mailles laissant voir des dessous chics, une longue robe noire transparente qui ne cache rien. Alors que la célèbre mannequin Gigi Hadid ouvrait le défilé et que sa soeur Bella le clôturait, le créateur s’est fait plaisir en foulant lui aussi le podium.

Fashion Week Femme AW22/23 Jour 3

DEFILE ACNE STUDIOS AU LYCEE CARNOT: Jonny Johansson, le directeur artistique de la marque suédoise, a présenté une collection très travaillée qui revisite le patchwork. Cette recherche profonde sur les matières et la construction du vêtement met en scène une ribambelle de Cendrillons des temps modernes. Certaines se sont confectionnées de superbes robes de bal à crinoline en maille usée et raccommodée, ou bien avec de vieux bouts de toile et denim délavés. D’autres se sont fabriquées des jupes fourreaux d’une longueur infinie avec des rectangles de toutes sortes de tissus (cuir, flanelle, denim, matière brillante), parfois sommairement cousus entre eux, qu’elles enroulent autour d’elles, les nouant très haut à la taille d’un ruban enfilé dans une grosse boucle métallique façon ceinturon. Parfois la robe est simplement réalisée dans un carré de soie accroché à une épaule par un ruban. Des jupes s’enfilent sur de simples débardeurs ou tricots lâches décousus par endroits ou reprisés. Les longs gants sont eux aussi composés d’échantillons d’étoffes comme un puzzle. Rubans et pans de tissus ondulent le long du corps, prolongeant en mouvement la silhouette longiligne, notamment dans ces habits drapés réalisés à partir de châles ou rideaux frangés. Aux pieds, des bas de laine troués recouvrent les chaussures et remontent jusqu’en haut des cuisses.

Fashion Week Femme AW22/23 Jour 2

PRESENTATION « THE SELECTS » EN SHOWROOM: « The Selects » est tout à la fois une plateforme de promotion, un showroom créatif et une agence événementielle qui a pour but de promouvoir la mode coréenne actuelle. Parmi les neuf marques émergentes sélectionnées pour cette saison, quatre ont particulièrement retenu mon attention:

HANKIM: La marque propose une vision moderne de la féminité alliant humour et inspirations oniriques. Intitulée « Fly me to the moon », la collection combine coupes expérimentales, imprimés Op Art et silhouettes longilignes.

NEUL: Un style excentrique décliné dans une multitude de silhouettes et de matières. Des silhouettes intemporelles sont revisitées à l’aide d’une palette de couleurs détonante et de motifs complexes. Le familier se trouve décalé grâce à des détails inattendus. De cette collection intitulée « Boudoir » ressort une certaine élégance romantique à tonalité vintage.

EENK: La marque propose une approche créative, joueuse et atypique. Superpositions pleines d’imagination,multiplicité des matières et souci du détail se déclinent dans des combinaisons particulièrement originales. La collection intitulée « T for Temptation » navigue entre retenue et audace troublante.

EYEYE: Une élégance moderne toute en simplicité qui se décline dans des silhouettes souples et des coupes parfaites. La garde-robe explore des styles éclectiques ponctués de touches fun. La collection intitulée « Lucky Me » fait ressortir un avant-gardisme confortable empreint de stabilité.