Fashion Week Femme AW22/23 Jour 5

DEFILE YOHJI YAMAMOTO A L’HOTEL DE VILLE: Pour cette nouvelle collection le créateur japonais s’est amusé à croiser le style urbain de la jeunesse d’aujourd’hui avec les formes grandioses de la couture du XVIIIème siècle. Le bleu marine du denim se mêle ainsi au noir habituel des silhouettes de Yohji Yamamoto dans des tenues de plus en plus volumineuses au fil du défilé. Des superpositions de mousseline de soie noire et de laine fine sont découpées en fragments qui paraissent avoir du vécu, tout en évoquant l’opulence. Ces pans de tissus ont ensuite été cousus en vestes, redingotes et robes mi-mollet, lesquelles sont alors mixées avec des vestes Eisenhower (à fermeture éclair), des blousons courts en jean, des surchemises oversize et de petits gilets en denim. Des foulards sont noués ou drapés le long des hauts. De longs manteaux ont une coupe qui s’élargit au niveau des épaules et du col, comme une tour médiévale. Un ensemble assez poétique de cintres métalliques flotte comme de petits nuages au-dessus de la tête des mannequins. Le défilé se termine avec deux femmes-chaman en chapeau coolie, les hanches élargies par tout un attirail enroulé autour de leur taille.

Fashion Week Femme AW22/23 Jour 4

DEFILE LUDOVIC DE SAINT SERNIN DANS UN PARKING SOUTERRAIN: Le jeune créateur parisien de 31 ans qui a fondé sa marque en 2017, qui a été récompensé en 2018 du prix du label créatif du concours de mode de l’Andam et fut finaliste du prix LVMH en 2018, a présenté une collection parfaitement mixte, alors qu’il proposait jusque là des tenues essentiellement masculines. Le défilé se partageait également de façon équilibrée entre vêtements de jour et de nuit, un typique vestiaire hivernal dans des teintes brunes, grises et noires venant compléter ses habituelles tenues sexy et légères. Pour le jour, une élégance minimaliste à base de beaux manteaux structurés, jupes longues en laine épaisse, grandes chemises portées en robe et robes-pulls à col roulé. Pour la nuit, des pantalons taille basse fermés par des laçages suggestifs, un chemisier-pantalon diaphane en soie transparente, des mini-robes bustiers en python fendues latéralement très haut sur les cuisses, des cottes de maille minuscules couvrant le torse (en mouchoir suspendu à une chaîne autour du cou pour l’homme et en soutien-gorge pour la femme), des tricots et débardeurs-filets illuminés de strass, une combinaison à larges mailles laissant voir des dessous chics, une longue robe noire transparente qui ne cache rien. Alors que la célèbre mannequin Gigi Hadid ouvrait le défilé et que sa soeur Bella le clôturait, le créateur s’est fait plaisir en foulant lui aussi le podium.

Fashion Week Femme AW22/23 Jour 3

DEFILE ACNE STUDIOS AU LYCEE CARNOT: Jonny Johansson, le directeur artistique de la marque suédoise, a présenté une collection très travaillée qui revisite le patchwork. Cette recherche profonde sur les matières et la construction du vêtement met en scène une ribambelle de Cendrillons des temps modernes. Certaines se sont confectionnées de superbes robes de bal à crinoline en maille usée et raccommodée, ou bien avec de vieux bouts de toile et denim délavés. D’autres se sont fabriquées des jupes fourreaux d’une longueur infinie avec des rectangles de toutes sortes de tissus (cuir, flanelle, denim, matière brillante), parfois sommairement cousus entre eux, qu’elles enroulent autour d’elles, les nouant très haut à la taille d’un ruban enfilé dans une grosse boucle métallique façon ceinturon. Parfois la robe est simplement réalisée dans un carré de soie accroché à une épaule par un ruban. Des jupes s’enfilent sur de simples débardeurs ou tricots lâches décousus par endroits ou reprisés. Les longs gants sont eux aussi composés d’échantillons d’étoffes comme un puzzle. Rubans et pans de tissus ondulent le long du corps, prolongeant en mouvement la silhouette longiligne, notamment dans ces habits drapés réalisés à partir de châles ou rideaux frangés. Aux pieds, des bas de laine troués recouvrent les chaussures et remontent jusqu’en haut des cuisses.

Fashion Week Femme AW22/23 Jour 2

PRESENTATION « THE SELECTS » EN SHOWROOM: « The Selects » est tout à la fois une plateforme de promotion, un showroom créatif et une agence événementielle qui a pour but de promouvoir la mode coréenne actuelle. Parmi les neuf marques émergentes sélectionnées pour cette saison, quatre ont particulièrement retenu mon attention:

HANKIM: La marque propose une vision moderne de la féminité alliant humour et inspirations oniriques. Intitulée « Fly me to the moon », la collection combine coupes expérimentales, imprimés Op Art et silhouettes longilignes.

NEUL: Un style excentrique décliné dans une multitude de silhouettes et de matières. Des silhouettes intemporelles sont revisitées à l’aide d’une palette de couleurs détonante et de motifs complexes. Le familier se trouve décalé grâce à des détails inattendus. De cette collection intitulée « Boudoir » ressort une certaine élégance romantique à tonalité vintage.

EENK: La marque propose une approche créative, joueuse et atypique. Superpositions pleines d’imagination,multiplicité des matières et souci du détail se déclinent dans des combinaisons particulièrement originales. La collection intitulée « T for Temptation » navigue entre retenue et audace troublante.

EYEYE: Une élégance moderne toute en simplicité qui se décline dans des silhouettes souples et des coupes parfaites. La garde-robe explore des styles éclectiques ponctués de touches fun. La collection intitulée « Lucky Me » fait ressortir un avant-gardisme confortable empreint de stabilité.

Fashion Week Femme AW22/23 Jour 1

DEFILE WEINSANTO AU « 35-37 »: Le jeune créateur alsacien Victor Weinsanto, semi-finaliste du prix LVMH 2022, a présenté sa quatrième collection dans le centre culturel et créatif parisien de Dover Street Market. Ancien danseur passé par le studio de Jean Paul Gaultier, il puise dans l’univers de son mentor son goût pour le théâtral et le sculptural. Pour cette nouvelle collection intitulée « Murder in Paris », il met en scène la chanteuse Sam Quealy, la drag-queen La Grande Dame, la danseuse burlesque et meneuse de revue Allanah Starr ou encore la mannequin Queentoide dans un défilé-performance qui exalte la puissance de ses créations. Le premier look se compose d’une combinaison semi-transparente inspirée de visages roses et violets qu’on retrouve sur de nombreuses pièces, complétée par une énorme coiffe à tentacules ondulés. Puis la collection se déploie en robes et combinaisons moulantes ou voluptueuses, manteaux aux volumes exagérés, bodys sensuels et corsets caractéristiques de la marque, tops croisés semi-transparents, bibis en forme de chapeaux balayant le visage, diadèmes à plumes, superpositions de ceintures, courroies et sous-vêtements en cuir, tangas à taille haute et seins protégés de cache-tétons qui se devinent sous des robes transparentes. L’actrice d’Emily in Paris Philippine Leroy-Beaulieu clôt en beauté le défilé avec une capeline impressionnante.