Fashion Week Homme AW19/20 Jour 5

DEFILE ENAMI DANS UN SHOWROOM DU 11EME ARRONDISSEMENT: Fondée par la jeune créatrice Imane Medjahed en 2017, ENAMI (anagramme de son prénom) est une marque néo-minimaliste basée à Paris, qui se veut libre et spontanée. En perpétuelle expérimentation autour des corps, des formes géométriques et des volumes, elle puise son inspiration dans l’architecture brute et la déconstruction. L’utilisation quasi-unique du noir est pour elle un défi créatif qui la conduit à se concentrer sur les textures et les proportions des vêtements. Le thème de cette nouvelle collection unisexe est l’oppression générée par le monde actuel, tant dans les relations sociales que par les flux permanents d’information. Ceci se traduit par des formes rigides, volumineuses et asymétriques, des contrastes entre lainages épais, matières techniques et raphia. Les silhouettes sont customisées avec un sac iPhone case en béton et des bijoux en tôle d’acier, transformés à partir de carrosseries de voiture par Thismx Jewelry.

DEFILE GEOFFREY B SMALL A L’ESPACE SAINT-MARTIN: Une nouvelle fois le designer américain installé en Italie a choisi de présenter sa collection dans le cadre d’une représentation théâtrale, toujours dans l’optique de rechercher une convergence entre mode et art. Nous avons ainsi assisté à une mise en scène inédite du chapitre intitulé « L’Oignon » du célèbre roman de Dostoïevski « Les Frères Karamazov »: fidèle à son engagement pour une mode écologiquement et socialement responsable, et appelant à davantage de solidarité humaine, le créateur y a vu une métaphore sur les puissants qui entraînent le monde à sa perte tout en pensant pouvoir y échapper eux-même. Cette inspiration russe se traduit par une grande variété de propositions: vêtements chauds ou bien très légers aux coupes diverses, nombreuses pièces réversibles (anoraks, costumes, robe de chambre,…). Un nouveau type de vêtement apparaît avec une surchemise en cachemire avec poches qui est un intermédiaire entre chemise et veste. L’ensemble est toujours fabriqué à la main dans les ateliers du créateur à Venise, avec les meilleurs tissus: laine (notamment laine super 120 très chaude), cachemire, lin, soie, satin de soie. A partir d’un même tissu des rendus différents sont obtenus en jouant sur la teinture. Une teinture naturelle à base d’écorces de bois donne un joli teint violacé. Quelques pièces sont agrémentées d’imprimés de montages photos ou de motifs floraux, parfois sur la doublure. On retrouve les épaulettes vues sur les dernières collections. Toujours une élégance intemporelle alliant modernité et éco-responsabilité!

Le streetstyle du samedi 19 janvier 2019 (une toute petite journée):

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 4

DEFILE LAZOSCHMIDL DANS LE GARAGE DE L’INSTITUT MARANGONI: Premier défilé à Paris pour cette jeune marque fondée en 2014 par le duo suédois-allemand et couple à la ville Josef Lazo et Andreas Schmidl, qui défile habituellement à Stockholm où elle est basée. Avec cette collection intitulée « Planet Sex » nous avons pu découvrir son univers sexy, érotique et assez subversif, avec ces garçons éphèbes à la corpulence musclée en tenues scintillantes, en body-maillot de bain rétro, zébré et asymétrique à une bretelle, en slip léopard et tricot rose décoré d’un phallus ailé, en caleçons-combinaisons moulants en lurex enfilés sur des tricots brillants. Des pantalons en cuir vert, moutarde ou rose bonbon sont associés à des tops épaule nue au bord volanté coupés dans des matières brillantes, ou un haut en mousseline de soie fine avec son noeud lavallière. D’autres pantalons à effet zébré sont portés avec des tricots résille blancs. Des ensembles chemises-pantalons jouent sur la transparence. La collection montre que délicatesse peut rimer avec gros zizis! Les créateurs s’adressent assurément aux nouvelles générations aux mentalités plus ouvertes. Bravo pour cette imagination débridée et cette audace, et vive la libération des zizis!

PRESENTATION/DEFILE « SYSTEM » AU PALAIS DE TOKYO (YOYO-CLUB): Première présentation à Paris également pour cette marque coréenne encore peu connue en dehors de l’Asie, créée en 1990 pour des collections de prêt-à-porter féminin et qui s’est lancée dans l’homme en 2008. Appartenant à un conglomérat coréen de grande envergure qui lui permet de disposer de moyens importants, comme un studio collectif de près de 80 designers pour les lignes homme et femme, elle propose un style urbain chic très actuel, aux coupes et finitions soignées, portant une grande attention aux matières et à la fabrication réalisée en Corée. Pour un fort impact visuel, les mannequins hommes et femmes déambulent autour et à l’intérieur d’un vrai ring tout blanc, illuminé au centre d’une salle sombre. Le maître mot de cette collection est la dualité. La collection joue ainsi abondamment avec les superpositions et mélanges de matières. Les pièces classiques d’une garde-robe, vestes, manteaux, pantalons, mailles, sont revisitées en combinant habilement denim, soie et cuir dans des silhouettes amples et fluides, dans une palette de couleurs où dominent le noir, le marron et le beige. Une certaine sophistication se dégage de l’ensemble.

Le streetstyle du vendredi 18 janvier 2019:

Et, pour terminer, mon look du jour:

 

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 3

DEFILE ISSEY MIYAKE MEN AU PALAIS DE TOKYO: Pour cette nouvelle collection intitulée « Wind », le directeur artistique Yusuke Takahashi a trouvé son inspiration dans les sensations de liberté et d’énergie que procure le vent. Alliant comme toujours créativité et technicité, artisanat et technologie, il propose un ensemble très varié de silhouettes aérées, amples et colorées en s’appuyant sur différentes techniques de teinture et de tissage: batik, ikat, franges, jacquard, tweed,… Les imprimés sont du plus bel effet avec ces rayures en diagonale, horizontales et verticales, ces dégradés arty, ces délicieuses combinaisons de coloris à base d’orange et de jaune. Et, comme toujours, se dégage de l’ensemble une grande impression de confort.

Le streetstyle du jeudi 17 janvier 2019, aux abords des défilés Issey Miyake, Rick Owens et Louis Vuitton:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 2

DEFILE LOUIS-GABRIEL NOUCHI (LGN) A L’ESPACE 109: Pour cette nouvelle collection le jeune créateur français a trouvé son inspiration tout à la fois dans le roman « Ancient Evenings » (1983) de l’écrivain américain Norman Mailer qui explore le parcours de la réincarnation dans l’Egypte Ancienne, et dans le film « River of Fundament » (2014) de Matthew Barney qui inscrit ce voyage initiatique dans le déclin de l’industrie automobile à Detroit. Cette quête de spiritualité se décline ainsi dans un dialogue entre costume classique et vêtement de travail. Les silhouettes se construisent par accumulation de couches de textures différentes donnant à la fois une impression de richesse, de fluidité et de douceur. Les imprimés forts (léopard, tartan, crâne) aux couleurs subtiles, les étoiles et les accessoires en métal confrontent une certaine opulence aux codes du grunge et aux symboles du pouvoir. Cet exode imaginaire se fait avec beaucoup de style!

PRESENTATION HUGO COSTA DANS UNE GALERIE DU MARAIS: Pour sa nouvelle collection intitulée « Maybe we’ll be together again » le créateur portugais s’est inspiré d’une phrase inscrite sur le mur de Berlin pour inviter le monde à briser les barrières et les frontières, à combattre la haine et les extrêmismes. Présentées dans un décor de poutres en béton et de blocs de ciment posés sur le sol, où les murs sont abondamment recouverts de messages révolutionnaires, les silhouettes et les matières se caractérisent par une certaine austérité. Un fort pari sur les fibres naturelles, coton, laine, twill de soie,… Les poches sont imposantes. Les couleurs sobres (beige, bordeaux, rose ancienne, gris, noir, bleu) se combinent délicatement entre elles. Une collection qui se veut avant tout pratique et confortable.

Le stretstyle du mercredi 16 janvier 2019, aux abords du défilé Off-White aux Tuileries:

Et, pour terminer, mon look du jour:

 

 

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 1

DEFILE SANKUANZ CHEZ SOTHEBY’S: Avant l’accès à la salle du défilé de la nouvelle collection intitulée « 150119.F » du créateur chinois Shangguan Zhe, une performance artistique présentait une dizaine de corps dans une lumière rouge néon et invitait à une réflexion sur les dangers de l’immortalité, du clonage et de la recherche effrénée de la perfection des corps. La salle du défilé poursuivait l’expérience en plongeant le public dans une lumière rouge puis blanche. La collection est une combinaison savante d’inspirations tailoring/streetwear/militaire/vêtements nautiques. Dans une ambiance sombre et inquiétante, les premiers mannequins apparaissent en vestes de costume cuir ou vinyle, associées à de longues jambières ou des pantalons larges. Certains portent des diamants aux oreilles et des gants en métal. Les pantalons en cuir, déclinés en plusieurs coloris, fendus et boutonnés sur les côtés, ont des fermetures rappelant les combinaisons de plongée. Quelques touches de bleu suggèrent les profondeurs de l’océan face à un ensemble de noirs dominants. Le camouflage se décline en blousons et en imprimés à motifs marins. Des combinaisons multipoches d’esprit motard sont recouvertes de bandes réfléchissantes. Les derniers looks, inspirés de tenues de plongée militaires, présentent les trois sacs étanches et combinables entre eux développés en collaboration avec la marque canadienne de sacs et bagages Herschel. L’homme Sankuanz est prêt à affronter tous les dangers, avec des textures toujours très travaillées et d’une façon un peu décalée!

Le streetstyle du mardi 15 janvier 2019, aux abords des défilés Heron Preston et Sankuanz:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Femme SS19 Jour 9 (dernier jour)

DEFILE ANTON BELINSKIY AU PALAIS DE TOKYO: Pour cette nouvelle collection de sa marque fondée en 2011, et qui défile pour la première fois à Paris dans le cadre du calendrier officiel de la fashion week, le jeune créateur ukrainien basé à Kiev s’est inspiré de l’iconographie de l’église orthodoxe, en référence à sa mère qui est devenue très religieuse à la suite d’un certain nombre d’accidents de la vie. Il déclare ainsi que cette collection est une quête de la foi. Certains mannequins portent des voiles en denim ou en coton blanc comme chez les bonnes soeurs et tiennent des chapelets dans leurs mains. Un crop-top rose à l’effigie d’une madone vient se nouer sur une chemise blanche portée comme une mini-robe sur des jambes nues. D’autres modèles portent une une simple chemise-body avec des collants à motifs colorés et des gants. Des tuniques, pantalons, collants et mini-jupes reproduisent des photos vintage. Un look en velours avec petite veste bleue et mini-jupe jaune, et inversement un T-shirt jaune associé à un bermuda en denim rappellent les couleurs bleu et jaune du drapeau ukrainien. Une écharpe aux broderies traditionnelles traverse un costume de banquier. Les tenues masculines avec pantalons et chemises folkloriques sont très décontractées. Une mode jeune d’une grande fraîcheur!

Le streetstyle du mardi 2 octobre 2018, aux abords des défilés Chanel et Miu Miu:

Et, pour terminer, mon look du jour. Une journée un peu spéciale puisque, avec ma partenaire du jour, la magnifique mannequin tanzanienne Miriam Odembe, nous portions un T-shirt de soutien à l’association caritative Vita, présidée par la blogueuse suisse Valentina Nessi, qui poursuit un combat pour un monde meilleur et participe actuellement à la reconstruction d’un orphelinat au Népal suite au tremblement de terre d’avril 2015, T-shirt fabriqué au Népal et portant le message « Make Fashion Not War ».

Fashion Week Femme SS19 Jour 8

DEFILE VALENTIN YUDASHKIN AU PALAIS DES BEAUX ARTS: Le créateur russe a présenté une collection estivale sous influence asiatique et plus particulièrement japonaise, avec des pièces inspirées des kimonos et des tenues de judo (judogis), des ceintures-obi et des chignons typiques. Les silhouettes sont fluides et les coupes amples. Des imprimés à base de fleurs et de dragons ornent les vêtements. Selon ses déclarations le créateur a voulu se placer à la rencontre de la haute couture, du prêt-à-porter et du sportswear. Robes courtes et longues se complètent harmonieusement. Manteau beige en faille de soie porté avec une ceinture obi. Veste de kimono rose en satin duchesse. D’impressionnantes robes de bal vaporeuses, en mousseline et avec froufrous, sont présentées en fin de défilé. La palette de couleurs, variée et vivifiante (rose, rouge, jaune citron, lavande, vert,…) sublime cette collection très glamour.

PRESENTATION LEO AU BAR « LE POP UP DU LABEL »: La jeune marque bruxelloise fondée en 2016 et animée par la créatrice Leonneke Derksen a présenté sa nouvelle collection intitulée « Evasion », qui cible la génération Millenials et propose une confrontation entre le luxe, le bon et le mauvais goût. Cherchant toujours son inspiration dans le propre vécu de la créatrice, ce sont cette fois les moments marquants de ses vacances d’été au camping dans les années 90 qui sont mis à contribution. Les tissus évoquent les toiles de tente et les moustiquaires, et se combinent avec des éléments métalliques pour une touche plus urbaine. Imprimés représentant des dauphins, chemises tie-dye, pantalons de parachute en satin, mini-sacs se conjuguent au denim. Les couleurs se concentrent autour du kaki, mauve, jaune et du noir et blanc et dégagent une certaine sophistication. Si besoin est, on rappelle que la marque se retrouve sur internet et les réseaux sociaux sous le nom de Leo By Leo.

PRESENTATION SCHUELLER DE WAAL AU PALAIS DE TOKYO: Pour cet avant-dernier jour de fashion week, le duo néerlandais a voulu proposer une pause dans le rythme effréné des défilés, reflétant sa vision d’une mode plus douce, plus intemporelle, au travers d’une installation intitulée « Gateway to Fashion ». Pas de nouvelle collection, mais un film nous invitant à un voyage hypnotique et artistique d’une créativité débridée dans les méandres de ses collections passées. Celles-ci sont revisitées dans des esthétiques différentes, navigant entre réel et fiction, avec d’un côté un minimalisme d’allure assez classique et de l’autre un maximalisme original et surréaliste, constituant les deux fondements de la marque.

Le streetstyle du lundi 1er octobre 2018:

Et, pour terminer, mon look du jour: