Fashion Week Femme AW19/20 Jour 2

DEFILE DIOGO MIRANDA A L’ORATOIRE DU LOUVRE: Pour cette nouvelle saison le créateur portugais a conçu une collection à l’élégance classique, sophistiquée et aux grands volumes inspirée du personnage de Catherine Deneuve dans le film « Indochine ». On y trouve ainsi des motifs nautiques tels que les rayures et les chaînes, déclinés de façon tout à la fois classique et féminine et qui confèrent une grande assurance aux silhouettes. Des vestes aux boutons dorés sont associées à des pantalons de marin tout en simplicité. Les jupes fluides et plissées se combinent élégamment avec des vestes et autres tops aux manches volumineuses en taffetas. La palette de couleurs très raffinée (ivoire/gris clair/beige/noir/bleu marine/or) renforce le côté très chic de la collection.

DEFILE LUIS BUCHINHO A L’ORATOIRE DU LOUVRE: Pour cette nouvelle collection intitulée « The Missing Airplane » le créateur portugais a trouvé son inspiration dans les tenues des pionnières de l’aviation des années 1940, et particulièrement la puissance dégagée par leurs casques, combinaisons et blousons bombers. Ceci se traduit par des shearlings, manteaux, vestes et modèles hybrides de style aviateur aux grands cols et aux coupes graphiques. Les imprimés sont inspirés des images de pin up utilisées pendant la seconde guerre mondiale pour remonter le moral des soldats. La combinaison de matières (cuir, fausse fourrure, laine, flanelle, feutre), du mat et du brillant, de couleurs fortes conduit à des silhouettes conquérantes et féminines à la fois.

DEFILE « NEITH NYER AND DDP » A L’ESPACE DAYLIGHT: Ce défilé marque une collaboration tout à fait inattendue, mais qui a vocation à se prolonger sur plusieurs saisons, entre la marque DDP, icône du streetwear des années 1990 et du début des années 2000 qui était quelque peu tombée en désuétude, et Neith Nyer, le label à l’esthétique avant-gardiste créé en 2015 par Francisco Terra. Cette association inédite conduit à un produit luxe pointu ancré dans l’univers streetwear actuel, tout en s’appuyant sur les inspirations excentriques sans tabous de Francisco Terra à la croisée du chic et du vulgaire. Ceci donne une collection inventive et décalée intégrant quelques références subtiles aux archives de DDP (en particulier ses mascottes qui ont été redessinées, notamment le fameux Egg Man). Le tailleur-pantalon en caoutchouc jaune, style ciré de pêcheur, côtoie la robe du soir réalisée dans un patchwork de fleurs découpées dans du feutre. Ces mêmes motifs floraux très années 1970 sont déclinés dans des teintes pâles ou vives sur des collants, robes en jersey ou grandes doudounes. Un motif tartan aux tons clairs se retrouve sur des pantalons, des chemises nouées au cou par un gros noeud et des sacs à dos qui s’accrochent à la taille. Une mini-jupe en maille à rayures arc-en -ciel est portée juste avec un double soutien-gorge coloré sous la veste. Les chaussures ont été développées en collaboration avec Naomi Hille et les bijoux avec Florence Tetier. On souhaite bonne chance à ce projet très prometteur.

Le streetstyle du mercredi 27 février 2019:

Et, pour terminer, mon look du jour:

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Fashion Week Femme AW19/20 Jour 1

DEFILE MOOHONG A L’ECOLE DE MEDECINE: Pour cette nouvelle collection intitulée « Juxtaposition », le créateur coréen Kim Moo Hong nous invite à un voyage initiatique dans le temps et l’espace, combinant astucieusement des vêtements inspirés du 18ème siècle avec des tenues contemporaines style sportswear/tenue de motard. Les matières sont travaillées pour donner un aspect usé illustrant le passage du temps et discrètement teintées d’encre. La laine bouillie se combine au velours et aux matières synthétiques dans un patchwork de couleurs plutôt amusant et anachronique. Coupes déstructurées, épaules larges, manches ballons, bottes grandes ouvertes, collants troués: cette esthétique aux accents grunge, jouant sur les contrastes, dégage un romantisme noir qui n’est pas sans charme.

DEFILE FATIMA LOPES A L’AMBASSADE DU PORTUGAL: Une nouvelle collection toute particulière pour la créatrice portugaise qui fêtait le vingtième anniversaire de son premier défilé à Paris. Elle a donc tout naturellement tenu à rendre hommage à ses origines, à l’âme portugaise et sa mélancolie que l’on retrouve dans les paysages de sa lumineuse capitale Lisbonne. Le Portugal s’est ainsi invité dans de nombreux détails de cette riche collection. Coupes graphiques faisant écho à la « Calçada Portuguesa » et jouant sur le contraste du noir et du blanc. Robes épaulées et drapées, manteaux structurés et sophistiqués dans des matières nobles qu’affectionne la créatrice, se déclinant dans les couleurs organiques du Portugal. Des bleus profonds en cachemires et soie pour la mer et la « Saudade », des verts naturels rappelant l’intensité de la « Serra » portugaise, tout comme les bruns, ocres et autres tons de terres. Les souliers dorés en guise de rayons de soleil illuminaient cette collection très inspirée.

PRESENTATION LEO DANS LE NOUVEAU CONCEPT STORE-CLUB « JEAN LOUIS LA NUIT »: La jeune marque bruxelloise fondée en 2016 et animée par la créatrice Leonneke Derksen a présenté sa nouvelle collection intitulée « Trance » dans laquelle elle poursuit ses expérimentations entre trash et sophistication, dans un monde résolument contemporain mais qui puise ses références dans la nostalgie des grands rassemblements de Goa des années 1980/1990 et dans les préceptes du yoga, répondant à l’envie de spiritualité de la génération Millenials. Elle déclare s’inspirer autant des esthétiques psychédéliques et religieuses originelles que des déclinaisons mainstream actuelles de ces thématiques. Ces atmosphères sont traduites dans la collection par la combinaison d’imprimés et bijoux d’inspiration indienne avec des éléments que l’on identifie à la trance européenne comme les jeans bruts et les teintures décolorées. On retrouve également dans cette approche innovante de ces thématiques les éléments stylistiques propres à la marque: les jupes longues (ou courtes) fendues qui se dégrafent par des attaches troublantes, les grandes bottes à talons sur lesquelles on retrouve les mêmes fermoirs, les grosses ceintures, des hauts courts avec des manches très longues, les brassières, les combinaisons, le tout dans une panoplie de matières combinant jean, molleton, soie, satin, et une palette de couleurs où dominent kaki, jaune, mauve et le noir et blanc. Que la fête commence!

Le streetstyle du mardi 26 février 2019, en particulier aux abords du défilé Dior:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 6 (dernier jour)

DEFILE RYNSHU A L’HOTEL MEURICE: Le thème principal de cette nouvelle collection est un retour sur le roman graphique « Black Legend » publié par le créateur japonais en 2012. Ceci s’inscrit dans le cadre de la mise en place de nouveaux partenariats pour la diffusion internationale de ce livre. Rynshu exprime dans cette collection une élégance futuriste libérée, à la fois masculine et féminine. La collection joue avec la longueur des silhouettes. On y trouve une abondance de sequins, lurex et lamé. De grands manteaux sont portés avec des pantalons slim ou baggy en matière légère. Les jacquards sont ornés de motifs étoile, lune et soleil. Un imprimé oeil rappelle l’oeil du héros de Black Legend. Les franges sont très présentes, volumineuses. Les couleurs sont audacieuses: noir, jaune, rouge, violet, vert, bleu. La pièce phare de la collection est une étole brodée XXL en soie et lurex irisé au motif « Entertainment Circus », qui se porte drapée de façon féminine. Les perruques des mannequins sont en cheveu naturel.

Le streetstyle du dimanche 20 janvier 2019, aux abords des défilés Kenzo et Rynshu:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 5

DEFILE ENAMI DANS UN SHOWROOM DU 11EME ARRONDISSEMENT: Fondée par la jeune créatrice Imane Medjahed en 2017, ENAMI (anagramme de son prénom) est une marque néo-minimaliste basée à Paris, qui se veut libre et spontanée. En perpétuelle expérimentation autour des corps, des formes géométriques et des volumes, elle puise son inspiration dans l’architecture brute et la déconstruction. L’utilisation quasi-unique du noir est pour elle un défi créatif qui la conduit à se concentrer sur les textures et les proportions des vêtements. Le thème de cette nouvelle collection unisexe est l’oppression générée par le monde actuel, tant dans les relations sociales que par les flux permanents d’information. Ceci se traduit par des formes rigides, volumineuses et asymétriques, des contrastes entre lainages épais, matières techniques et raphia. Les silhouettes sont customisées avec un sac iPhone case en béton et des bijoux en tôle d’acier, transformés à partir de carrosseries de voiture par Thismx Jewelry.

DEFILE GEOFFREY B SMALL A L’ESPACE SAINT-MARTIN: Une nouvelle fois le designer américain installé en Italie a choisi de présenter sa collection dans le cadre d’une représentation théâtrale, toujours dans l’optique de rechercher une convergence entre mode et art. Nous avons ainsi assisté à une mise en scène inédite du chapitre intitulé « L’Oignon » du célèbre roman de Dostoïevski « Les Frères Karamazov »: fidèle à son engagement pour une mode écologiquement et socialement responsable, et appelant à davantage de solidarité humaine, le créateur y a vu une métaphore sur les puissants qui entraînent le monde à sa perte tout en pensant pouvoir y échapper eux-même. Cette inspiration russe se traduit par une grande variété de propositions: vêtements chauds ou bien très légers aux coupes diverses, nombreuses pièces réversibles (anoraks, costumes, robe de chambre,…). Un nouveau type de vêtement apparaît avec une surchemise en cachemire avec poches qui est un intermédiaire entre chemise et veste. L’ensemble est toujours fabriqué à la main dans les ateliers du créateur à Venise, avec les meilleurs tissus: laine (notamment laine super 120 très chaude), cachemire, lin, soie, satin de soie. A partir d’un même tissu des rendus différents sont obtenus en jouant sur la teinture. Une teinture naturelle à base d’écorces de bois donne un joli teint violacé. Quelques pièces sont agrémentées d’imprimés de montages photos ou de motifs floraux, parfois sur la doublure. On retrouve les épaulettes vues sur les dernières collections. Toujours une élégance intemporelle alliant modernité et éco-responsabilité!

Le streetstyle du samedi 19 janvier 2019 (une toute petite journée):

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 4

DEFILE LAZOSCHMIDL DANS LE GARAGE DE L’INSTITUT MARANGONI: Premier défilé à Paris pour cette jeune marque fondée en 2014 par le duo suédois-allemand et couple à la ville Josef Lazo et Andreas Schmidl, qui défile habituellement à Stockholm où elle est basée. Avec cette collection intitulée « Planet Sex » nous avons pu découvrir son univers sexy, érotique et assez subversif, avec ces garçons éphèbes à la corpulence musclée en tenues scintillantes, en body-maillot de bain rétro, zébré et asymétrique à une bretelle, en slip léopard et tricot rose décoré d’un phallus ailé, en caleçons-combinaisons moulants en lurex enfilés sur des tricots brillants. Des pantalons en cuir vert, moutarde ou rose bonbon sont associés à des tops épaule nue au bord volanté coupés dans des matières brillantes, ou un haut en mousseline de soie fine avec son noeud lavallière. D’autres pantalons à effet zébré sont portés avec des tricots résille blancs. Des ensembles chemises-pantalons jouent sur la transparence. La collection montre que délicatesse peut rimer avec gros zizis! Les créateurs s’adressent assurément aux nouvelles générations aux mentalités plus ouvertes. Bravo pour cette imagination débridée et cette audace, et vive la libération des zizis!

PRESENTATION/DEFILE « SYSTEM » AU PALAIS DE TOKYO (YOYO-CLUB): Première présentation à Paris également pour cette marque coréenne encore peu connue en dehors de l’Asie, créée en 1990 pour des collections de prêt-à-porter féminin et qui s’est lancée dans l’homme en 2008. Appartenant à un conglomérat coréen de grande envergure qui lui permet de disposer de moyens importants, comme un studio collectif de près de 80 designers pour les lignes homme et femme, elle propose un style urbain chic très actuel, aux coupes et finitions soignées, portant une grande attention aux matières et à la fabrication réalisée en Corée. Pour un fort impact visuel, les mannequins hommes et femmes déambulent autour et à l’intérieur d’un vrai ring tout blanc, illuminé au centre d’une salle sombre. Le maître mot de cette collection est la dualité. La collection joue ainsi abondamment avec les superpositions et mélanges de matières. Les pièces classiques d’une garde-robe, vestes, manteaux, pantalons, mailles, sont revisitées en combinant habilement denim, soie et cuir dans des silhouettes amples et fluides, dans une palette de couleurs où dominent le noir, le marron et le beige. Une certaine sophistication se dégage de l’ensemble.

Le streetstyle du vendredi 18 janvier 2019:

Et, pour terminer, mon look du jour:

 

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 3

DEFILE ISSEY MIYAKE MEN AU PALAIS DE TOKYO: Pour cette nouvelle collection intitulée « Wind », le directeur artistique Yusuke Takahashi a trouvé son inspiration dans les sensations de liberté et d’énergie que procure le vent. Alliant comme toujours créativité et technicité, artisanat et technologie, il propose un ensemble très varié de silhouettes aérées, amples et colorées en s’appuyant sur différentes techniques de teinture et de tissage: batik, ikat, franges, jacquard, tweed,… Les imprimés sont du plus bel effet avec ces rayures en diagonale, horizontales et verticales, ces dégradés arty, ces délicieuses combinaisons de coloris à base d’orange et de jaune. Et, comme toujours, se dégage de l’ensemble une grande impression de confort.

Le streetstyle du jeudi 17 janvier 2019, aux abords des défilés Issey Miyake, Rick Owens et Louis Vuitton:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme AW19/20 Jour 2

DEFILE LOUIS-GABRIEL NOUCHI (LGN) A L’ESPACE 109: Pour cette nouvelle collection le jeune créateur français a trouvé son inspiration tout à la fois dans le roman « Ancient Evenings » (1983) de l’écrivain américain Norman Mailer qui explore le parcours de la réincarnation dans l’Egypte Ancienne, et dans le film « River of Fundament » (2014) de Matthew Barney qui inscrit ce voyage initiatique dans le déclin de l’industrie automobile à Detroit. Cette quête de spiritualité se décline ainsi dans un dialogue entre costume classique et vêtement de travail. Les silhouettes se construisent par accumulation de couches de textures différentes donnant à la fois une impression de richesse, de fluidité et de douceur. Les imprimés forts (léopard, tartan, crâne) aux couleurs subtiles, les étoiles et les accessoires en métal confrontent une certaine opulence aux codes du grunge et aux symboles du pouvoir. Cet exode imaginaire se fait avec beaucoup de style!

PRESENTATION HUGO COSTA DANS UNE GALERIE DU MARAIS: Pour sa nouvelle collection intitulée « Maybe we’ll be together again » le créateur portugais s’est inspiré d’une phrase inscrite sur le mur de Berlin pour inviter le monde à briser les barrières et les frontières, à combattre la haine et les extrêmismes. Présentées dans un décor de poutres en béton et de blocs de ciment posés sur le sol, où les murs sont abondamment recouverts de messages révolutionnaires, les silhouettes et les matières se caractérisent par une certaine austérité. Un fort pari sur les fibres naturelles, coton, laine, twill de soie,… Les poches sont imposantes. Les couleurs sobres (beige, bordeaux, rose ancienne, gris, noir, bleu) se combinent délicatement entre elles. Une collection qui se veut avant tout pratique et confortable.

Le stretstyle du mercredi 16 janvier 2019, aux abords du défilé Off-White aux Tuileries:

Et, pour terminer, mon look du jour: