Fashion Week Haute Couture SS22 Jour 3

DEFILE JEAN PAUL GAULTIER x GLENN MARTENS AU SIEGE DE JPG: Depuis que Jean Paul Gaultier s’est retiré de la maison qui porte son nom en janvier 2020, les collections haute couture sont conçues en collaboration avec un designer extérieur qui change chaque saison. Après Chitose Abe (créatrice de Sacai) en juillet dernier, c’est au tour de Glenn Martens, le designer belge de Y/Project, de proposer sa vision de la couture Gaultier, chez qui il avait fait un passage en 2008. C’est ainsi qu’il a polarisé son attention sur le fameux corset, sous-vêtement captivant et élément consubstantiel à toute la carrière de Jean Paul Gaultier. Toutes les silhouettes sont corsetées et de nombreuses robes ont une longue traîne évoquant les sirènes ou les vagues. Le thème marin se trouve également décliné dans une robe fourreau entièrement brodée de coraux. De grosses mailles sculptent la silhouette comme cette robe en laine écru, dos nu avec une fente en arrière. L’emblématique marinière est déchiquetée ou décomposée en fils de fer sur une robe chair. On retrouve l’esprit Y/Project dans les constructions/déconstructions très impressionnantes et dans la touche de gothique flamboyant qui infuse les robes de madones moyenâgeuses.

Photos: imaxtree

Fashion Week Haute Couture SS22 Jour 2

PRESENTATION ZIAD NAKAD EN DIGITAL: Le créateur libanais a présenté une nouvelle collection intitulée « MuZeum », qui comme à son habitude sublime les femmes, tissant autour du corps féminin un écrin précieux et intemporel. Il nous invite à découvrir une collection de muses, toutes différentes, cosmopolites, ayant pour point commun une féminité affirmée, avec un choix de mannequins venant du monde entier (France, Australie, Géorgie, Etats-Unis, Allemagne, Pays-Bas, Corée) destiné à montrer que la beauté est universelle. La robe d’ouverture est un symbole de lumière, qui naît des ténèbres et qui est une invitation à faire un voeu. La signature du couturier se retrouve sur l’ensemble de la collection: épaules oversize, tailles marquées et soulignées par des ceintures bijoux et des broderies. Les robes phare sont créées comme des mosaïques, cousues carré par carré dans son atelier de Beyrouth: un travail de six mois et un nombre incalculable d’heures par robe pour créer cette architecture parfaite moulant le corps de la femme. Tulle, taffetas et dentelle soulignent ça et là une silhouette élancée. Celles-ci sont complétées par une ligne d’accessoires, ceintures Swarovski et boucles d’oreille oversize.

Photos: Mohammad Seif

Fashion Week Haute Couture SS22 Jour 1

DEFILE SCHIAPARELLI AU PETIT PALAIS: Le couturier texan Daniel Roseberry, directeur artistique de Schiaparelli depuis 2019, a présenté une collection spectaculaire, portée vers le divin, qui donne assurément un nouvel élan à la maison parisienne fondée en 1927 par Elsa Schiaparelli. La palette de couleurs sommaire mais percutante (noir, blanc, or) met en valeur des silhouettes ultra structurées aux volumes impressionnants: les immenses chapeaux circulaires et couronnes dessinent des auréoles autour des têtes; les tailleurs, robes, vestes et pantalons, habilement coupés dans des matières rigides, ondulent autour des corps par leurs formes courbes et géométriques. Les lignes et reliefs du corps sont exagérés par des vestes courtes rappelant l’habit de lumière des toreros, l’ajout sur la poitrine de seins coniques, ou encore par des bustiers corsetés et une robe en velours noir drapé. Des ornements opulents garnissent les tenues: rubans bouclés en tulle noir en bordure des jupes, parure de plumes jaillissant d’une chevelure, créatures et plantes sculptées dans l’argile ou la mousse avant d’être dorées à la feuille d’or et brodées de cabochons et cristaux vintage.

Fashion Week Homme AW22/23 Jour 6 (dernier jour)

DEFILE KENZO A LA GALERIE VIVIENNE: Ce défilé était très attendu, car c’était la première collection présentée par Nigo, nouveau directeur artistique de la marque, premier designer japonais à diriger la maison depuis Kenzo Takada et grande figure du streetwear au Japon. Le choix de la Galerie Vivienne était un hommage au fondateur, car c’est là que Kenzo Takada avait présenté son premier défilé parisien en 1970. Nigo a repris avec talent l’ADN de la marque tout en y greffant sa propre touche. On trouve ainsi dans cette collection mixte très colorée une foison d’imprimés floraux (comme le fameux imprimé Poppy de coquelicots ou des compositions florales peintes à l’aquarelle et imprimées sur les vêtements), des rayures fines ou effet tigre, du prince de Galles et du tartan revisité. Les coupes sont plus preppy que streetwear, avec de nombreuses chemises et robes-chemises midi, cravates et costumes trois pièces à pantalons amples ou ajustés, des bérets et autres couvre-chefs d’inspiration très parisienne. Mais on y trouve également du denim japonais, l’association de teddys et autres pulls en maille colorés aux robes et pantalons droits, des vestes bicolores avec de forts contrastes entre couleurs vives. Un début très prometteur!

Photos: imaxtree

Fashion Week Homme AW22/23 Jour 5

PRESENTATION LAZOSCHMIDL AU PALAIS DE TOKYO: Fidèle à son univers coloré, sexy et transgressif, le duo suédois-allemand Josef Lazo et Andreas Schmidl a présenté une nouvelle collection intitulée « It’s over », comme une vision préapocalyptique positive. On y trouve des hauts ajustés et sweats à capuche avec une écriture japonaise dans des couleurs pop lumineuses agrémentées de cristaux Swarovski, des jambières revisitées, des fentes effilochées peintes à la main, des leggings à bretelles en néoprène fluo, des denims de travail surteints, des chemises en mousseline de soie transparentes. Un motif papillon apparaît en garniture sur les vêtements et sur des cravates de cow-boy, comme une signature de cette collection exubérante et particulièrement créative.

Fashion Week Homme AW22/23 Jour 3

DEFILE RICK OWENS AU PALAIS DE TOKYO: Le créateur américain a présenté une nouvelle collection subversive intitulée « Strobe », faisant la part belle aux manteaux à épaules exagérées considérés comme une parodie de la musculature masculine. On y trouve également d’énormes parkas débordant de longs poils de chèvre, des blousons aviateur avec des manches coupées au coude, et des manteaux et vestes sur mesure aux proportions de Frankenstein. Derrière cette esthétique sombre et rebelle, pointent toutefois quelques touches de sensualité et de glamour avec l’utilisation de tissus luxueux comme la soie, le satin duchesse de coton, le jersey biologique ou encore de la laine italienne tissée sur des métiers ancestraux. Certains mannequins portent des casques surmontés de néons évoquant tout à la fois le travail de Dan Flavin (artiste contemporain américain connu pour ses sculptures et installations luminaires spectaculaires) et les coiffes égyptiennes. Comme à son habitude, une transgression destinée à transmettre un message de tolérance et d’acceptation.

Photos: imaxtree