Fashion Week Femme SS18 Jour 3

DEFILE RICK OWENS AU PALAIS DE TOKYO: Le créateur californien installé à Paris nous a livré une composition dont il a le secret. Les mannequins, telles des sculptures vivantes, marchent au bord d’un bassin qui dégage une brume opaque, puis ce sont de puissants jets d’eau qui éclaboussent les spectateurs auxquels ont été distribués des coupe-vents imperméables. La féminité s’inscrit ici dans une nature brute et dompte les éléments déchaînés. Les corps sont enveloppés dans des drapés imposants, les robes cocons sont parsemées de bosses irrégulières. Les couches de vêtements augmentent tout au long du défilé. Coton raide, toile laquée ou rebrodée de baguettes géométriques et caoutchouc dessinent des silhouettes hors normes. Les modèles portent des sacs volumineux qui semblent collés à leur ventre et des sandales de sport à semelles épaisses qui leur permettent d’affronter tous les terrains et tous les temps. Une ambiance post-apocalyptique hallucinante non dénuée d’une certaine poésie!

Le streetstyle du jeudi 28 septembre 2017, aux abords des défilés Balmain (à l’Opéra Garnier) et Rick Owens:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Femme SS18 Jour 2

DEFILE NEITH NYER A L’INTERNAT EUGENE NAPOLEON: Pour cette nouvelle collection le jeune créateur brésilien Francisco Terra a trouvé son inspiration dans son histoire personnelle, plus exactement celle de sa petite soeur décédée d’un cancer à l’âge de 18 ans, à laquelle il rend hommage. Il évoque ainsi son parcours de l’enfance vers l’âge adulte qu’elle n’atteindra finalement jamais. Une immersion dans sa chambre, son univers douillet et fleuri aux couleurs pastel. Le créateur imagine ainsi ce que Miss Petticoat, le personnage pour enfants, aurait pu être comme adulte. Le résultat est une collection qui joue sur les différentes expressions de la féminité, mixant références enfantines et éléments de pop culture, élégance et vulgarité, luxe et streetwear. Une créativité débridée qui repousse la frontière entre bon et mauvais goût. Les mannequins ont l’air de sortir du lit, certaines à moitié nues et encore dans leurs rêves. Pantalons baggy, pattes d’eph fleuris, asymétrie, déconstruction des vêtements, oversize et transparence caractérisent les silhouettes proposées. Les teintes pastel, la dentelle , les fleurs et autres papillons sont contrebalancés par des couleurs acides et des matières techniques comme le PVC et le nylon. Un pyjama ouvert laisse apparaître un soutien-gorge jaune. Des manteaux sont rembourrés avec des oreillers. Les looks sont rehaussés par des bottes de cow-boy avec franges développées en collaboration avec New Rock. Comme toujours une formidable sensation de liberté émane de l’ensemble.

DEFILE MAZARINE PARIS A L’ATELIER RICHELIEU: Cette nouvelle collection de la jeune marque créée en 2014 par Hélène Timsit et développée en association avec Quentin Poisson met en scène des aventurières du ciel, parties à la découverte de contrées lointaines en montgolfière. Pour leur périple et afin de faire face aux éléments, elles ont imaginé des tenues multi-fonctions associant boléros à manches ballons et pantalons treillis, cache-coeurs ajustés et bermudas, coupes structurées et détails sportifs. Ceintures à boucles de corne, encolures carrées dégagées, multiples poches, sacs mappemonde pour transporter jumelles, boussoles et compas, bérets brodés, blouses de soie rayées, vestes de satin duchesse, légers pantalons sergés, chemisiers d’organdi et robes en jersey. Tout cela s’exprime au travers d’une palette de couleurs exotiques dans laquelle dominent jaune d’or, marsala, kaki et terra cotta. Une délicieuse collection à l’esthétique raffinée. La marque est soutenue par Designers Appartment, le showroom dédié aux jeunes créateurs organisé par la Fédération de la Haute Couture et de la Mode.

Le streetstyle du mercredi 27 septembre 2017:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):

 

Fashion Week Femme SS18 Jour 1

DEFILE VICTORIA/TOMAS DANS LES JARDINS DE LA FACULTE DE PHARMACIE DE PARIS: Pour ce premier défilé de leur marque créée en 2012, les jeunes créateurs Victoria Feldman (28 ans) et Tomas Berzins (26 ans) ont trouvé leur inspiration dans leur propre histoire, une histoire d’amour entre une jeune fille plutôt sage et un garçon rebelle, un « bad boy », qui se sont rencontrés sur les bancs de l’école Esmod à Paris. La collection revisite ainsi une garde-robe masculine classique qu’elle fait évoluer de façon inventive mais portable vers un style plus féminin. Cette fusion s’opère par le biais d’une multitude de petits détails, comme par exemple une alternance de boutons pression métalliques et de boutons en forme de fleur sur une chemise ou une veste. Superbes manteaux en cuir, trench élégant, robes d’été amples en coton à rayures ou à carreaux madras aux manches gonflées, robe nouée à la taille qui se transforme en jupe, tailleur rayé gris porté avec une jupe asymétrique. L’asymétrie présente sur de nombreuses pièces donne un caractère fort à l’ensemble de la collection: écharpe cousue sur l’épaule d’une robe, pan de tissu qui prolonge sur un côté un blouson en jean ou un pantalon, échancrure sur le bas d’une robe ou d’une jupe. Matières de qualité: maille, popeline de coton, cuir (grande spécialité de la marque). Une palette de couleurs étendue et vivifiante qui se décline en imprimés géométriques variés. Un immense bravo pour cette collection d’une grande fraîcheur, décontractée, moderne et très séduisante!

Le streetstyle du mardi 26 septembre 2017, avec comme nouveauté de cette saison le défilé Dior en premier jour de fashion week:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Haute Couture AW17/18 Jour 4 (fin)

DEFILE ZIAD NAKAD A L’HOTEL WESTIN: Avec cette nouvelle collection intitulée « La forêt de cristal de neige » le couturier libanais propose sa vision romantique d’une saison aux couleurs magiques. Le blanc glacial de la neige se réchauffe petit à petit grâce à la présence de velours, plumes, tulle et dentelles qui se combinent au travers de savantes broderies. Différentes sortes de découpes sur la poitrine, le dos, les épaules viennent redessiner et sublimer le corps pour en exacerber toute sa féminité. La palette de couleurs de cette forêt magique et ensorcelante s’enrichit de bleu marine, de diverses teintes de gris, de rouge, d’argent et d’or.

DEFILE ANTONIO ORTEGA A L’AUTOMOBILE CLUB DE FRANCE: Cette nouvelle collection présentée par le créateur mexicain et intitulée « Un cocktail d’émotions » s’appuie sur une inspiration écossaise. « Sans Peur », la devise d’un clan des Highlands écossais, est le leitmotiv de cette collection audacieuse. Le tartan aux couleurs vives évoque le cri de guerre primitif des gens du nord, les spikes en métal sont un clin d’oeil à l’esprit punk qui bouscule les convenances. Ce cocktail d’émotions particulièrement enivrant se décline au travers de matières nobles: laine, cuir, métal, soie. Les coupes sont franches, les couleurs sont explosives.

Le streetstyle du mercredi 5 juillet 2017:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):

Fashion Week Haute Couture AW17/18 Jour 3

DEFILE JULIEN FOURNIE A L’ORATOIRE DU LOUVRE: Pour sa deuxième saison sous le label officiel de la Haute Couture, le créateur français a présenté une collection intitulée « Premier Oracle » qui combine subtilement les codes de sa maison de couture, une inspiration Belle Epoque et des accents gothiques. Longues robes fluides d’allure monacale, mais aussi avec des transparences recouvertes de broderies. Tailles marquées, cols hauts couvrant le décolleté. Les couleurs se concentrent, tout en élégance, sur le noir, le nude et le doré. Pour les mannequins: coupe garçonne brune ou blonde, cils oversize ou aux allures de couronnes d’épines. Les dernières silhouettes prennent du volume pour conclure en apothéose.

DEFILE LASKARIS AU FAUST: Le créateur grec Laskaris Valavanis a présenté une nouvelle collection qui se veut un passage vers un monde surréaliste où le rêve est omniprésent, et dont le Prisme est la clé. Comme des déesses antiques les mannequins défilent, lumineuses, dans des silhouettes épurées aux matières nobles et puissantes: lin, cachemire, cuir. La palette de couleurs est construite autour du noir, du rouge, du blanc et de l’or. Les émaux recouvrant les vêtements sont moulés et entièrement modelés à la main dans l’atelier athénien du créateur.

Le streetstyle du mardi 4 juillet 2017:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):

Fashion Week Haute Couture AW17/18 Jour 2

DEFILE YANINA COUTURE A L’HOTEL WESTIN: Pour cette nouvelle collection la créatrice russe a trouvé son inspiration dans l’un des contes d’Andersen qu’elle affectionne tout particulièrement, « La Reine des Neiges », et dans la beauté des hivers russes. Sa Gerda des temps modernes est une voyageuse érudite et romantique, qui vit dans ses rêves et recherche l’amour et la passion. Le réel et le magique s’entremêlent dans cette collection dans laquelle les robes représentent les différents héros et héroïnes que Gerda rencontre dans son voyage: un petit voleur, une finlandaise, une femme de Laponie…Ceci se traduit par un ensemble de capes, de robes de toutes longueurs, de fourreaux, de capuches, de manches, de moufles. Noir et blanc dominant, allure très graphique, matières fluides jouant sur la transparence. Sublime!

DEFILE PATUNA AU FAUST: La créatrice d’origine géorgienne a présenté une nouvelle collection qui se veut une rencontre entre l’architecture organique inspirée de la nature de Gaudi et l’abstraction onirique de Dali. Les silhouettes proposées combinent rigueur et fluidité, et jouent sur le contraste féminin/masculin. Les tenues aux lignes ondulantes et asymétriques semblent s’enrouler autour du corps. Les matières utilisées, soie, laine, velours, coton, maille permettent cette flexibilité et sont déclinées dans une palette de couleurs cohérente qui va du noir au rose pâle, en passant par le gris, le violet et le blanc; Une collection qui a du caractère!

DEFILE TONY WARD A L’ORATOIRE DU LOUVRE: Une nouvelle collection pour laquelle le créateur libanais déclare avoir trouvé son inspiration dans une rencontre entre la géométrie et les fleurs. La délicatesse des fleurs est ainsi associée à des motifs géométriques réinventés qui sont finement brodés à la main sur des robes de soie vaporeuses. Les courbes des fleurs sont transposées dans les silhouettes. Les couleurs franches comme le bordeaux et le jade sont complétées par des teintes plus douces comme l’argent et le rose, sans oublier le noir et blanc intemporel. Magnifique!

Le streetstyle du lundi 3 juillet 2017:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Haute Couture AW17/18 Jour 1

DEFILE EWA MINGE A L’HOTEL SHANGRI-LA: La créatrice polonaise a présenté une collection inspirée par les anciennes fables tziganes et leur monde enchanté, joyeux et dansant. Les silhouettes multicolores aux nombreuses superpositions, les détails et les accessoires évoquent l’univers riche et chantant de cette culture. De somptueuses robes longues, mais aussi des pantalons et des robes courtes qui apportent une touche de modernité. Un large éventail de matières: fourrure, soie, dentelle, tulle, organza, mousseline, cuir. De la transparence, des plumes et des motifs floraux pour le glamour. Les vêtements sont recouverts de broderies artisanales et de papillons, ces derniers ayant été réalisés par les « élèves » de la fondation Black Butterflies dans un cadre d’art-thérapie: sous l’oeil de la créatrice, des femmes qui se battent contre le cancer ont ainsi réalisé des « petites oeuvres d’art » à partir de perles. La créatrice a également fait défiler plusieurs mannequins « plus-size » afin de montrer que la beauté n’a pas de taille.

DEFILE GUO PEI A L’HOTEL SALOMON DE ROTHSCHILD: Pour cette quatrième collection présentée à Paris, la créatrice chinoise a choisi pour thème de rendre hommage à l’âge d’or de la Haute Couture, en y associant également la Haute Joaillerie grâce à une collaboration avec Caroline Scheufele, co-présidente et directrice artistique de Chopard. Dans un décor très fleuri, Guo Pei a ainsi présenté pas moins de 43 tenues somptueuses et ultra-féminines, les lignes classiques aux tissus délicats s’enrichissant de brillance métallique texturée, de couleurs moirées, de constructions et superpositions complexes donnant une impression d’illusion tout en gardant une grande fraîcheur. Broderies et perles sont toujours au rendez-vous, notamment des broderies en relief associées à de délicats ornements, qui sont sublimées par les opulentes parures de Chopard et nous offrent ainsi un mélange féérique de culture et d’esthétique chinoises et occidentales.

Le streetstyle du dimanche 2 juillet 2017:

Et, pour terminer, mon look du jour: