Fashion Week Femme SS20 Jour 1

DEFILE KIMHEKIM AU GARAGE LUBECK: Pour le second défilé à Paris de sa marque fondée en 2014, et pour la première fois dans le calendrier officiel, le jeune créateur sud-coréen Kiminte Kimhékim a proposé une collection intitulée « Me » dans laquelle il met en scène le nombrilisme de la génération instagram. Il reprend les éléments de base de son esthétique mixant inspirations asiatiques et occidentales, mélangeant le costume traditionnel coréen (hanbok), l’uniforme imposé aux lycéens dans son pays, des tenues pour sortir le soir et le streetwear, non sans quelques pointes de provocation. Une partie de la collection intitulée « Buy it if you can » est une invitation à réaliser ses rêves via des pièces expérimentales aux proportions exagérées, avec par exemple une veste gigantesque associée à un pantalon très long ou une cravate démesurée. Les immenses noeuds qu’il affectionne particulièrement apparaissent à nouveau cette saison, en couvre-chef ou en jupe ceinture sur un body. De façon très tendance le nom de la marque apparaît en gros sur certaines pièces. La jupe traditionnelle coréenne est revisitée en la mixant avec un body sportswear ou une chemise blanche. Style néo-couture avec des robes à traîne et des tissus drapés, couleurs poudrées et organza, total look blanc, corset pointu, transparences, robes très courtes. Très actuel, une grande maîtrise, un talent indéniable!

Le streetstyle du lundi 23 septembre 2019:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme SS20 Jour 6 (dernier jour)

DEFILE FRENCH DEAL AU YOYO-CLUB (PALAIS DE TOKYO): French Deal est une marque parisienne créée par le designer Steeven Kodjia, qui se situe à la rencontre d’influences multiples: la rue, le hip-hop, la black culture, le luxe. Elle entend incarner l’élégance africaine à l’intérieur de la tradition classique du vestiaire masculin occidental. Cette nouvelle collection intitulée « Volume 4 » réinvente le pagne traditionnel Baoulé (originaire de Côte d’Ivoire) en l’intégrant dans un vestiaire urbain et contemporain, et en le déclinant sur des pièces intemporelles se mariant à la fois aux cultures africaines et française. Les silhouettes flamboyantes aux couleurs brutes et intenses combinent ainsi pagnes traditionnels, guipures d’Italie et cuirs français, nous invitant au voyage et transmettant un très beau message d’ouverture et de liberté.

Le streetstyle du dimanche 23 juin 2019, aux abords du défilé Kenzo:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme SS20 Jour 5

DEFILE GEOFFREY B SMALL A L’ESPACE SAINT MARTIN: Cette nouvelle collection intitulée « Radical Numbers » est dédiée au père du créateur, un scientifique à l’esprit indépendant décédé en début d’année. Un hommage est ainsi rendu à toutes les personnes qui par le monde pensent différemment. Dans un décor de tables d’écoles et de murs recouverts d’équations, les mannequins dévoilent une collection variée qui combine les recherches permanentes du créateur en termes de mode durable avec les tendances stylistiques actuelles. Les recherches textiles sont poursuivies avec des pièces toujours tissées à la main dans les ateliers du créateur à Venise. Les teintures naturelles sont développées: violet (à base d’écorces de bois), gris, orange, doré. La cire d’abeille permet d’imperméabiliser la laine. Une nouvelle silhouette allégée apparaît avec col skinny et épaulettes. On remarque également un jeu sur les rayures et les carreaux qui ne s’accordent pas, l’aspect froissé de plusieurs pièces, des chemises sans manches, des manteaux d’été légers. La soie est très présente dans cet ensemble qui se caractérise par une grande légèreté. Egalement une veste en toile de jute qui consomme moins d’eau. On ne peut que soutenir un tel engagement sans faille pour une mode écologiquement et socialement responsable.

DEFILE ENAMI DANS UNE GALERIE DU 10EME ARRONDISSEMENT: Pour cette troisième collection la jeune créatrice franco-algérienne Imane Medjahed a trouvé son inspiration dans l’univers de la moto et propose de nouvelles expérimentations autour des formes géométriques et des volumes, en jouant sur les textures et les proportions des vêtements. Des matières techniques et robustes sont associées à d’autres plus douces et nobles. Le costume devient brillant et s’orne de genouillères. Le blouson sport joue avec les coupes géométriques et le nylon imperméable. Le tee-shirt se décline en style motard. Les pantalons ont une allure fluide et futuriste. Le noir de la précédente collection est complété par quelques touches de couleur, un blanc immaculé en total look et différentes teintes de gris mats et brillants. Les silhouettes sont agrémentées d’accessoires et de bijoux réalisés en collaboration avec Thismx Jewelry à partir de tôles d’acier automobiles et de pièces électroniques. Un e-shop est annoncé pour la fin de l’année. On lui souhaite beaucoup de succès.

DEFILE GAMUT DANS UN ANCIEN ENTREPOT DU 18EME ARRONDISSEMENT: Le collectif atypique, construit autour de six designers et d’une photographe et pensé comme un laboratoire, a présenté sa deuxième collection, reflétant la grande créativité de ses membres. Pour cette nouvelle collection, GAMUT a collaboré avec Messalina Mescalina, drag queen lyonnaise dont le travail de performance sur le genre et la démarche très artistique ont conduit à une réflexion sur la dualité et la mise à nu des intérieurs. Muse de la collection, Messalina Mescalina se retrouve aussi en motif photographique sur les pièces en jersey. GAMUT propose un vestiaire unisexe original reprenant tout à la fois les codes surannés de la couture et exposant le corps de façon surprenante. Les techniques et finitions retenues se polarisent entre tailleur ultra-artisanal et pièces techniques conçues de façon industrielle. Une grande importance est accordée aux embellissements textiles (broderie, sérigraphie, peinture sur soie); la ligne de maille est par ailleurs développée et déclinée en pièces estivales. Cet ensemble où les coupes rigoristes alternent avec des formes organiques s’avère très séduisant.

Le streetstyle du samedi 22 juin 2019:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme SS20 Jour 4

DEFILE « IMPASSE DE LA DEFENSE » AU CENTRE CULTUREL TCHEQUE: Pour le retour de sa marque Impasse de la Défense créée en 1998 (du nom de la rue du 18ème arrondissement de Paris qui accueille son atelier), le créateur Karim Bonnet a repris son concept original et avant-gardiste qui est de mélanger la couture et la peinture. Les vestes, robes et autres vêtements sont issus de pièces recyclées et peints par des artistes. Selon le créateur la peinture donne une certaine classe au vêtement et redonne à des matières et formes très simples un côté précieux. Cette collection est inspirée par le début des années (19)20, période en quête de simplicité vestimentaire et artistique où la liberté d’expression donnait une aura toute particulière à des villes comme Prague, Paris et New York. Une période où l’on aimait porter des pantalons et des rayures. Un résultat magnifique reflétant l’univers familial coloré du créateur (Antilles, Tunisie et un père adoptif marin breton qui lui a donné le goût des rayures).

Le streetstyle du vendredi 21 juin 2019:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme SS20 Jour 3

DEFILE « HOMME PLISSE ISSEY MIYAKE » SUR LA PLACE DES VOSGES: Pour cette saison la marque a souhaité mettre en avant sa ligne « Homme Plissé Issey Miyake » récemment créée (2013) et nous a ainsi invité à une « promenade au parc » très enjouée et très festive, imaginée par le chorégraphe Daniel Ezralow. Cette ligne qui est une déclinaison masculine des fameux « Pleats Please » entend libérer le vestiaire masculin et permettre aux hommes de s’habiller de façon originale et créative en toutes occasions. Se sont ainsi succédé dans le Square Louis XIII des promeneurs, joggeurs, danseurs et acrobates portant des pantalons en coton avec des tuniques ou vestes-capes plissées, de larges bermudas plissés, des pantalons resserrés à la cheville associés à des vestes souples, des pantalons à coulisse avec des manteaux de soie sans boutons, de jolies tenues à carreaux et en tricots jacquard. Les silhouettes jouent sur des combinaisons de couleurs saturées très vivifiantes (rose, violet, orange, vert, jaune, bleu). Les mouvements gracieux des danseurs montrent à l’évidence la légèreté et la souplesse de toutes ces pièces très fluides, très élégantes et d’allure japonisante rappelant la forme des kimonos. Bravo pour ce magnifique show, particulièrement réussi et plein d’émotions!

Le streetstyle du jeudi 20 juin 2019, aux abords des défilés Issey Miyake, Rick Owens et Louis Vuitton:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Homme SS20 Jour 2

DEFILE Y/PROJECT A L’ORATOIRE DU LOUVRE: Avec cette nouvelle collection, le directeur artistique Glenn Martens, qui a repris la marque parisienne en 2013, continue à s’amuser à déconstruire les bases du vestiaire masculin en jouant sur les asymétries et les proportions. La structure traditionnelle des costumes et des pardessus est déformée afin de créer des effets de drapés et de relief inattendus. Une épaule semble plus haute alors que l’autre est en retrait. La doublure sort de l’envers d’un blazer pour en devenir la boutonnière. Le corps est presque enfoui dans certains blousons dont la manche droite se gonfle sous de nombreux plis, tandis que la manche gauche tombe vers l’avant. Ce mouvement de spirale se retrouve également dans un coupe-vent tire-bouchonné sur lui-même, les poches zippées en diagonale. Le col d’une chemise grandit d’un côté, comme prêt à s’envoler. Le revers gauche d’un col descend jusqu’au bas d’un manteau, accentuant l’effet de longueur. Une audace remarquable qui transforme chaque vêtement en sculpture du quotidien!

Le streetstyle du mercredi 19 juin 2019 aux abords des défilés Off-White et Y/Project:

Et, pour terminer, mon look du jour:

 

Fashion Week Homme SS20 Jour 1

DEFILE LOUIS-GABRIEL NOUCHI (LGN) A L’ESPACE NIEMEYER (SIEGE DU PARTI COMMUNISTE FRANCAIS): Le jeune créateur français a présenté une collection intitulée « The Skin » en référence au roman « La Peau » de l’écrivain italien Curzio Malaparte qui raconte l’expérience de la guerre d’un soldat italien pendant la libération de Naples par l’armée américaine en 1943. La collection se veut être ainsi un message d’amour et de paix dans le monde violent actuel. Les silhouettes d’allure classique et élégante sont construites en combinant différentes techniques comme la maille, les imprimés, la teinture. On apprécie notamment les coupes amples des pantalons, les shorts longs, des pièces originales comme des combinaisons et des tuniques, une chemise blanche sans manches très chic. Les coupes tailleurs des années 1940 s’enrichissent de détails militaires. Des éléments grunge, chers au créateur, s’invitent dans des bords francs ainsi que dans des manches et ourlets déconstruits. La gamme de couleurs sobres est directement inspirée de la cité antique italienne. Les associations de couleurs délicates, parfois ton sur ton, sont du plus bel effet.

PRESENTATION HUGO COSTA DANS UNE GALERIE DU MARAIS: Pour cette nouvelle saison le créateur portugais a présenté une collection intitulée « Haenyo » (littéralement femmes de la mer) en hommage à ces femmes plongeuses en apnée originaires de la province du Jeju-do, une île du sud de la Corée. Représentatives de la structure matriarcale de cette province, elles devinrent en effet les « chefs » de leur famille lorsqu’elles se mirent à la plongée à la place des hommes pour aller chercher la nourriture quotidienne de la famille dans des conditions souvent difficiles et ceci jusqu’à l’âge de 90 ans. Cette inspiration a conduit à une collection unisexe toute en sensibilité, avec des vêtements amples et confortables jouant parfois sur la transparence, dans lesquels les tissus classiques se combinent aux matières plus techniques comme le waterproof et le 3D net. Les silhouettes sont sublimées par des foulards et cravates nouées de façon nonchalante. Thème cher au créateur, les tenues sont dotées de nombreuses poches dont certaines semblent amovibles. Les couleurs vives et fortes sont dominées par l’orange, le vert et le bleu et se combinent habilement, non sans une certaine audace. Evoluant dans un décor rappelant le monde de la pêche, les mannequins sont équipés de grands sacs ou de pochettes portées en bandoulière.

Le streetstyle du mardi 18 juin 2019:

Et, pour terminer, mon look du jour: