Une journée entièrement consacrée au streetstyle, avec les défilés Chanel au Grand Palais et Valentino aux Tuileries (mardi 8 mars 2016):
Mon look du jour:
DEFILE VERONIQUE BRANQUINHO DANS UN BATIMENT SNCF: dans une atmosphère sombre, la créatrice belge a dévoilé une collection singulière trouvant son inspiration dans des références historiques du 16ème siècle et dans la peinture flamande. Longues robes noires en velours lisse, paillettes et voiles plumetis qui les recouvrent en totalité. Magnifiques cols fraise immaculés. Les robes longues touchent le sol. Les robes et jupes midi sont portées de façon très chic avec des bottes en cuir hautes et des vestes oversize. Les parkas, blousons et vestes d’homme se combinent à des robes longues ou de volumineux pantalons fluides pour sublimer la féminité. Imprimés panthère, rayures, mohair immaculé sont d’une grande élégance. La transparence associée avec des textures plus épaisses donne une allure très glamour aux silhouettes. Superbe!
DEFILE ESTEBAN CORTAZAR AU PALAIS DES BEAUX-ARTS: avec cette nouvelle collection le créateur colombien a eu le désir casser les codes pour s’adresser à une femme libre, pleine de rêveries, qui ose et prend soin d’elle-même. D’où des vêtements déstructurés et hybrides, dans un feu d’artifice de couleurs et de détails. Les silhouettes jouent sur des découpes impressionnantes que l’on trouve sur toutes les pièces: jupes, robes, tops, vestes, pantalons. La palette de couleurs est détonante et va des jaune et rose vifs au vert bouteille, bleu, marron et doré. Egalement combinaisons originales de matières, comme le cuir et le velours. Une collection très créative, qui célèbre le plaisir de s’habiller de façon festive!
DEFILE NEITH NYER A « LA GENERALE »: la jeune marque créée par Francisco Terra, designer brésilien installé à Paris, a présenté sa seconde collection intitulée « Haunted Season » et inspirée par un jeu de cartes populaire: le loup-garou de Thiercelieux. Dans une combinaison savante de streetswear et d’esprit couture, les différents personnages composant cette communauté détonante ont ainsi été réinterprétés. Le mélange de styles est total et très séduisant: en jean, en tweed ou en fourrure, les looks sont construits par superpositions inédites de matières et de couleurs. Les vêtements sont portés indifféremment par des filles ou des garçons. Les couleurs sont franches et leurs combinaisons sont tout simplement magnifiques. Il se dégage de l’ensemble une nonchalante modernité, un éclectisme empreint d’une grande sensibilité. Une fabuleuse découverte, à suivre sans modération!
Le streetstyle du lundi 7 mars 2016 (extérieur du défilé Hermès à la Garde Républicaine):
Et mon look du jour:
DEFILE JOHN GALLIANO AU LYCEE CARNOT: la marque lancée par John Galliano, dont le directeur artistique est depuis 2011 son ancien bras droit Bill Gaytten, a présenté une nouvelle collection mixant à merveille vestiaire militaire et tenues très féminines. De sublimes robes en soie, tout en transparence et fines dentelles, sont portées avec des vestes d’officier et des chaussures de boxe rebrodées. Capes de mousquetaire à brandebourgs foncées. Redingotes de hussard avec des détails tout en finesse. Les coupes sont parfaitement maîtrisées. C’est magnifique et plein de sensibilité.
DEFILE GEOFFREY B. SMALL A L’ESPACE SAINT MARTIN: le designer américain installé en Italie a présenté une nouvelle collection intitulée « Escape », dans laquelle, pour fuir les maux du monde actuel, il nous invite à une introspection, un voyage mélancolique et poétique au plus profond de nous-même. Les mannequins ont un air triste, les larmes aux yeux, certaines ont des pétales noirs dans les mains. La collection est tout en noir, mais les coupes sont variées et jouent sur les superpositions de teintes et de matières. Les robes et jupes sont au genou ou en-dessous, les pantalons se portent avec des bretelles. Les manteaux sont longs et fluides. Les drapés et les tops en soie sont d’une grande élégance, une élégance hors du temps.
Le streetstyle du dimanche 6 mars 2016:
Et mon look du jour:
DEFILE DIOGO MIRANDA A LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE: pour cette nouvelle collection présentée à Paris, le créateur portugais a trouvé son inspiration chez Joseph Hoffmann, un architecte autrichien du 20ème siècle connu pour son goût pour les lignes géométriques, au sein d’un mélange savant de simplicité et de sophistication. Il en résulte des robes droites aux coupes géométriques, des rayures, des manches amples, des manteaux oversize. Les couleurs sont sobres (noir, gris, ivoire, bleu azur), mais les vêtements sont rehaussés par d’élégants détails. Oppositions de matières entre pied de poule, soie, crêpe, brocard rigide. Une femme à la fois forte, distinguée et contemporaine!
DEFILE RAHUL MISHRA AU PALAIS DE TOKYO: avec cette nouvelle collection intitulée « It Felt Love » le designer indien a voulu témoigner son amour pour Paris. Les influences sont multiculturelles et mêlent les traditions de l’artisanat indien et chinois ancestral à des silhouettes occidentales d’aujourd’hui. Tie and dye et broderies inspirées des motifs et des couleurs de la porcelaine provenant des traditions indiennes et chinoises. Bleu très présent, comme en hommage à Paris, ville de l’amour. Grâce à un partenariat avec la Woolmark Company la laine mérinos a une place de choix dans la collection. Magnifiques robes fluides en soie et organza, robes longues ou jupes avec des découpes vertigineuses, vestes asymétriques, pantalon slim avec bomber en soie et néoprène brodé à la main, perfecto revisité, abondance de détails. Superbe!
Grande journée de streetstyle en ce samedi 5 mars 2016, notamment aux abords du défilé Elie Saab aux Tuileries (à partir de la 7ème photo):
Et mon look du jour:
DEFILE ISSEY MIYAKE A L’ESPACE EPHEMERE TUILERIES: le designer japonais Yoshiyuki Miyamae a présenté une collection intitulée « Beyond », qui se veut un voyage au-delà de la beauté connue à ce jour. Poursuivant ses expérimentations technologiques, il nous propose des jeux de plissés et de couleurs saisissants. Grâce à l’application d’une colle spéciale sur le vêtement qui gonfle après « cuisson », la technique maison « Baked Stretch » évolue. Des motifs colorés en forme de prismes apparaissent une fois le vêtement « cuit » grâce aux imprimés géométriques tissés au préalable; des imprimés en cercles concentriques s’entremêlent et conduisent à des plissés graphiques et intenses. La technique « 3D Stream Stretch » qui utilise la vapeur pour rétracter le vêtement s’enrichit elle aussi. Un fil chenille épais et coloré tissé dans la matière apporte confort et chaleur. Une seule et même pièce de tissu plissée en différents points crée sous l’effet de la chaleur des formes torsadées originales. Pari réussi: le résultat est magnifique. Les plis font vibrer les couleurs, il se dégage de l’ensemble une extraordinaire impression de mouvement, les combinaisons de couleurs sont de toute beauté.
DEFILE FATIMA LOPES AU « LABORATOIRE »: la créatrice portugaise a présenté une collection intitulée « Couture Rhapsody », se situant à la rencontre de l’esprit couture et d’un univers rock plus ancré dans le quotidien. Coupes ajustées, robes courtes et près du corps, manteaux longs de dandy et costumes féminins, robes-smoking aux décolletés plongeants. Mélanges audacieux de matières nobles: laine pure, cachemire, cuir, dentelle. Des touches de fourrure viennent donner un côté glamour à la collection. Couleurs raffinées allant du noir à l’écru, en passant par des nuances de gris, pied-de-poule, dark cherry et bleu canard. Maquillage nude avec bouche « lie de vin » qui souligne l’allure androgyne des silhouettes. Très moderne et délicieusement sexy!
DEFILE COPPELIA PIQUE A L’EGLISE SAINT-MERRI: la collection intitulée « A Bloody Love Story » s’inspire des histoires d’amour tragiques comme celle de Francesca da Rimini et de Paolo Malatesta au 13ème siècle italien. La créatrice Axelle Migé met en scène une femme passionnée qui s’affirme et se libère peu à peu. Cette transformation se traduit par des jeux de découpe et d’incrustation de matières. Les étoffes luxueuses à l’ancienne sont mélangées à des tissus techniques sportswear contemporains. Les coupes sont inspirées des tenues d’officiers et des vêtements d’apparat, et sont souvent asymétriques. Les couleurs classiques, telles que le bleu nuit, le gris et le noir, se combinent à des couleurs plus vibrantes comme le vermillon, l’indigo, et sont sublimées par le doré, symbole de puissance, que l’on trouve sur certains vêtements et sur les visages des mannequins. Une collection très originale qui mêle, avec beaucoup de talent, mode et art. Cette amazone à la fois moderne et mystique, tiraillée entre féminité et androgynie, est assurément poignante.
Le streetstyle du vendredi 4 mars 2016:
Et mon look du jour (avec mon imperméable préféré, de chez Wanda Nylon):
DEFILE RICK OWENS AU PALAIS DE TOKYO: le designer californien basé à Paris nous a présenté une collection d’inspiration tribale, mi-primitive mi-futuriste, dans laquelle il prend un malin plaisir à jouer avec les proportions et les volumes. Certains mannequins ont la tête entièrement recouverte de cocons de soie. Les corps sont enveloppés de drapés aux matières surabondantes. Mohair et doudounes sont à l’honneur. Manteaux asymétriques, tuniques aux plissés sculpturaux, pantalons extra-larges. Couleurs pastel dominantes: écru, gris perle, vert eau; quelques teintes plus chaudes: ocre, chocolat. Cuissardes en cuir sur semelles de gomme architecturées de style japonais. Des silhouettes hors normes, surnaturelles, mais assurément séduisantes!
DEFILE PASCAL MILLET AU PALAIS DES BEAUX-ARTS: une collection à l’esthétique recherchée. Très belles harmonies de lurex, cuir et fourrure. Les teintes sont chic et lumineuses: le kaki est judicieusement associé au gris, le bleu marine au noir, le rouge vif au gris. Grands manteaux, ceinturés ou non, capes, cardigans et vestons sans manches. Robes fluides avec décolletés en dentelle ou volants aux épaules. Tulles et jerseys pailletés s’invitent dans les tenues de jour, mais trouvent tout leur éclat dans les tenues de soirée, qui ne lésinent pas sur les broderies de perles et de cristaux, les boléros en fourrure et les plumes. Un esprit très couture et délicieusement glamour!
Le streetstyle du jeudi 3 mars 2016:
Et pour terminer mon look du jour:
DEFILE ATSURO TAYAMA AU LOFT SEVIGNE: le créateur japonais nous a présenté le vestiaire d’une femme aux multiples visages: de la working girl avec des rayures strictes aux tenues de soirée en noir dominant, en passant par des tenues de ville plus colorées. Toujours d’une grande élégance, entre volume et graphisme. Longs manteaux, capes ou ponchos, souvent agrémentés de volants. Références à l’orient avec des silhouettes fluides rappelant les kimonos. Les couleurs sobres du début du défilé laissent ensuite la place à de délicieux mélanges de bleus et de violets, puis à des silhouettes monochromes aux couleurs vives (orange, rouge, jaune) avant de revenir au noir des tenues pour le soir. Cols montants ou larges du plus bel effet. Coupes impeccables et parfaite maîtrise des différentes matières.
DEFILE CEDRIC CHARLIER AU PAVILLON CAMBON CAPUCINES: pour son dernier défilé à Paris (puisque les prochains auront désormais lieu à New York), le créateur belge a présenté une collection inspirée du thème du vêtement marin. Grands cabans de marin des villes, trenchs cirés, robes en maille fluide, pantalons à pont en drap de laine. Des bandes de smoking en couleur sont cousues à l’entrejambe des pantalons. Les robes sont très courtes. Comme les cabans, elles ont souvent des cols hauts. Subtiles combinaisons de couleurs au niveau des détails des vêtements. Jolis sacs coquille en cuir bleu piscine. Les mannequins portent des boots aux bouts pointus et aux lignes épurées. Une allure d’ensemble classique, mais chic et efficace.
DEFILE DRIES VAN NOTEN DANS UN BATIMENT DE LA SNCF: une collection détonante inspirée du personnage de la marquise Luisa Casati, icône des années folles et muse au style de vie excentrique des plus grands artistes du début du vingtième siècle. De longues silhouettes androgynes sortent de la nuit, dans un esprit très couture. Les mannequins aux yeux charbonneux et cheveux plaqués ont des allures de dandy, portant cravates et pantalons larges. Plumes, fausses fourrures colorées, imprimés panthère et perles à profusion. Résilles rebrodées de paillettes, velours fluides, pulls sans manches en maille torsadée, teddys en cuir et soie avec blason d’université, bermudas à rayures club, peignoirs d’intérieur imprimés de perles, pyjamas de soie chamarrée. La décadence comme style de vie, une sensualité non-conformiste, une démonstration d’élégance magistrale.
Le streetstyle du mercredi 2 mars 2016:
Et mon look du jour: