Fashion Week Haute Couture AW18/19 Jour 5 (fin)

DEFILE RANI ZAKHEM AU PAVILLON CAMBON: Le couturier libanais a intitulé sa nouvelle collection « Telle une déesse guerrière dans son armure de cristaux » et a voulu en faire un hommage à la femme combattante et combative, « glamazone » à la fois séduisante et déterminée. Le motif camouflage est réinterprété et transformé en ornement somptueux brodé en relief dans de nouvelles tonalités: paillettes émeraude, bronze et or sur une jupe crayon; cristaux rouges, noirs et or en bouquets sur un fourreau brûlant ou sur les manches d’un spencer noir. On le retrouve également à l’état quasi brut, sérigraphié sur un crêpe de soie sable, sur un tailleur composé d’un spencer en V et d’un pantalon cigarette. Le galon militaire, surdimensionné, vient orner les manches d’une veste ou d’une robe. La « glamazone » traduit également toute la poésie d’une jungle imaginaire en se parant de fourreaux diaphanes colorés sur lesquels s’enchevêtrent des cascades de lianes brodées main de paillettes et de fils tressés, blanc, bronze, argent et or. Faune et flore se combinent dans un festival de couleurs aux dégradés remarquables et à renfort de tulle, crinoline et volants. Le minimalisme puissant d’une robe blanche sublimé par un léger ornement complète brillamment cet ensemble.

DEFILE EYMERIC FRANCOIS A LA CATHEDRALE AMERICAINE DE PARIS: Le créateur français a présenté sa nouvelle collection intitulée « Sortilèges » dans une ambiance mystique instillée par un décor de toute beauté constitué de grands chandeliers et de troublantes fumées violettes. Les silhouettes majestueuses sont généralement sombres, marquées à la taille sous l’effets de corsets, et épaulées. Les matières sont multiples et contrastées: mousseline de soie, dentelle de Calais, tulle, crêpe et satin de soie se combinent à d’impressionnantes pièces en plumes. Le noir est dominant, mais se décline en de nombreuses nuances, mat, satiné ou brillant. Des violets sombres et quelques teintes pastel (rose poudré, vert clair, beige) viennent compléter la palette de couleurs de cette collection mélancolique, toute en émotion. On remarquait aussi les coiffures spectaculaires réalisées par Frédéric Pavard pour Alexandre de Paris.

Le streetstyle du jeudi 5 juillet 2018:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Publicités

Fashion Week Haute Couture AW18/19 Jour 4

DEFILE ANTONIO ORTEGA A LA CATHEDRALE AMERICAINE DE PARIS: Pour cette nouvelle collection intitulée « Formes et désirs urbains » le designer mexico-canadien a trouvé son inspiration dans l’Art Nouveau et ses lignes courbes audacieuses. Il a ainsi conçu des silhouettes urbaines futuristes, tout à la fois créatives et chaleureuses. Les matières utilisées sont la soie, le tulle ou le lurex qui donne une impression de métal liquide. La laine et le cachemire sont également mis à contribution de façon originale. Les différents tissus se superposent pour créer des vêtements hybrides résolument modernes. Les lignes arrondies se combinent habilement aux formes rectilignes. Ce jeu de contrastes se décline dans des couleurs brutes rappelant le béton des villes, mais aussi pleines de vitalité comme le jaune vif et le fuchsia. Une grande impression de liberté se dégage de cet ensemble riche et varié.

Le streetstyle du mercredi 4 juillet 2018, aux abords des défilés Antonio Ortega, Elie Saab, Jean Paul Gaultier et Zuhair Murad:

Et, pour terminer, mon look du jour:

Fashion Week Haute Couture AW18/19 Jour 3

DEFILE YANINA COUTURE A L’HOTEL WESTIN: La créatrice russe nous a présenté une nouvelle collection inspirée par le folklore et les traditions russes, tout en y ajoutant une touche de chic à la française. Sont ainsi reflétées et mixées les influences des différentes époques significatives de l’histoire de la Russie: Pierre Le Grand, la Révolution, la grande Catherine. Elle s’est aussi inspirée des vêtements traditionnels des jeunes Komsomols (jeunesses communistes) et des paysannes. Ceci conduit notamment à des tailleurs et robes signatures de la maison avec taille cintrée et jupes amples. Vestes et manteaux en vison, zibeline et fausse fourrure. La peau lainée des paysannes se fait chic avec des broderies inspirées des imprimés traditionnels russes et de motifs paysans simples. Les autres matières utilisées sont le velours, le taffetas, la laine et le cuir, dans une gamme de couleurs sombres (noir, gris, bordeaux, vert émeraude). Les tenues de soirée étincelantes font référence aux robes d’or et d’argent des Tsars. Une attention spéciale a été portée aux accessoires avec moult chapkas et autres coiffes en fourrure ou brodées rappelant les coiffes traditionnelles russes.

DEFILE PATRICK PHAM A LA MAISON CHAMPS ELYSEES: Pour cette nouvelle collection intitulée « 4 Saisons » le créateur français d’origine vietnamienne s’est inspiré des couleurs du Vietnam de son enfance: rose pâle comme une fleur de lotus, bleu comme un ciel de soir d’été, rouge piment, vert des rizières… Il nous livre un ensemble de tailleurs sophistiqués et robes du soir perlées à base de broderies faites main, perles sur lit de soie, de cachemire, de dentelle, de velours ou de tulle. Le noir n’est pas en reste, ensorcelant en robes du soir pour nuits festives, caressant le corps de femmes au grand chic et mettant en lumière leur énergie naturelle. Une grande fluidité se dégage de l’ensemble, varié et très coloré.

Le streetstyle du mardi 3 juillet 2018, aux abords des défilés Chanel, Alexis Mabille et Yanina Couture:

Et, pour terminer, mon look du jour:

 

 

 

 

Fashion Week Haute Couture AW18/19 Jour 1

DEFILE EVA MINGE A L’HOTEL WESTIN: Pour cette nouvelle collection la créatrice polonaise s’est inspirée du Lac des Cygnes, nous entraînant ainsi dans une atmosphère majestueuse appuyée par les mouvements de danseuses de ballet qui semblent nager entre les mannequins, sous fond de musique de Tchaïkovski. Deux mondes se font face, l’un romantique, électrique, comme dessiné avec une plume dans la brume, l’autre empreint d’une dramaturgie forte et ensorcelante. Couleurs pastel d’une part, tons rouges et noirs d’autre part. Robes spectaculaires, impressionnantes sculptures en tulle et broderie, fleurs en plumes d’oiseaux rehaussées par des ailes gigantesques ajustées sur des corsets. Des formes monumentales, richement ornées de pierres précieuses, qui nous invitent à une luxueuse déambulation entre ciel et enfer.

Le streetstyle du dimanche 1er juillet 2018:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):

Fashion Week Femme AW18/19 Jour 8 (dernier jour)

PRESENTATION WENDY JIM AU YOYO-CLUB (PALAIS DE TOKYO): Pour cette nouvelle saison la marque underground autrichienne créée en 1999 par le duo Hermann Fankhauser et Helga Ruthner a présenté une collection intitulée Tapis Rouge reflétant comme à son habitude l’humour et la dérision de ses créateurs. En guise de tapis rouge le décor en montrait surtout les coulisses, avec un large couloir de béton dont les murs étaient recouverts d’un rideau de fer sur lequel étaient apposés des cartes météorologiques d’Europe et des logos de marques. La collection parfaitement androgyne est constituée d’un ensemble de looks pointus, aux tons assez neutres mais rehaussés de touches fluo plus ou moins imposantes, avec maquillage et accessoires assortis. « Chaos Making a New Chaos » est inscrit sur une robe ample en coton. Une veste tailleur se porte avec une jupe à dentelle et motifs floraux, collants roses et chaussures jaunes. Une parka bicolore gris et sable est combinée avec un collant et des cils jaune fluo. Plusieurs pantalons, voire un costume entier, sont recouverts de bandes réfléchissantes. Une collection urbaine au style radical qui donne envie de s’évader!

PRESENTATION LEO DANS UNE GALERIE DU MARAIS: La jeune marque belge fondée en 2016 par la créatrice Leonneke Derksen a présenté dans une ambiance de boîte de nuit une collection intitulée « Millennium », traduisant l’esprit d’une génération et se positionnant à la rencontre du luxe, de l’avant-garde et du streetwear. Pantalon de jogging taille haute avec double ceinture porté avec un sweat long à capuche. Ensemble en maille chinée jaune et noir avec un haut zippé et un pantalon sanglé de cuir. Tailleur pantalon imprimé python. Robes en soie asymétriques. Ensemble en jean composé d’un bustier porté court sous un blouson et d’une jupe longue qui se dégrafe par des fermoirs troublants qu’on retrouve également sur des bottes hautes à talons. Maxi-manteau accessoirisé avec un bracelet sur le haut de la manche, ou en (fausse) fourrure beige au poil long. Molleton, jean, soie, satin, fourrure se combinent à merveille. Une superbe palette de couleurs énergisante et très chic. En fin de compte, une allure sophistiquée dans l’air du temps, toute en délicatesse et avec un brin de romantisme. On rappelle que la marque se retrouve sur internet et les réseaux sociaux sous le nom Leo By Leo.

Le streetstyle du mardi 6 mars 2018, aux abords des défilés Chanel et Miu Miu:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):

Fashion Week Femme AW18/19 Jour 7

PRESENTATION LE STUDIO PIERRE DANS UNE GALERIE DU 11EME ARRONDISSEMENT: Avec cette nouvelle collection unisexe intitulée « Jurassic Pierre » le duo de jeunes créateurs Tina Pierre et Thomas Bellego nous convie à une double immersion, dans l’ère jurassique et dans la jeunesse des années 80, d’une façon régressive et très colorée. Des animaux préhistoriques sont brodés sur des pulls en laine ou bien imprimés sur des foulards en soie. Les lainages d’hiver se combinent au vinyle des années 90 dans des silhouettes oversize. Les foulards retrouvent une nouvelle jeunesse: noués sur un manteau en guise de ceinture ou sur une salopette en guise de bretelle, ou bien portés sur la tête pour protéger les bigoudis. Des pyjamas à rayures se mélangent à des tailleurs chic aux coupes revisitées. Un système de coulisse sur des pièces d’allure classique crée un effet froncé qui dévoile les bras et les jambes de façon audacieuse. Salopette en vinyle menthe à l’eau ou satin rose poudré, pattes d’éléphant démesurées rouge vif ou en velours marron. Une collection de belle facture qui donne la pêche!

Le streetstyle du lundi 5 mars 2018:

Et, pour terminer, mon look du jour (photos: Franck Malabre):

Fashion Week Femme AW18/19 Jour 6

DEFILE KRISTINA FIDELSKAYA A L’HOTEL NATIONAL DES INVALIDES: La créatrice ukrainienne installée à Dubaï a présenté une nouvelle collection aux inspirations multiples, combinant passé idéalisé et modernité assumée, touche d’androgynie à la Bowie et élégance nonchalante toute parisienne. Une collection qui reprend l’ADN de Montana, avec ses épaules oversize, ses silhouettes précises qui marquent et dessinent la taille. Matières de choix: shearling, mousseline de soie fil coupe; le cachemire réconfortant se mélange au coton laminé, à la laine et la soie; gabardines « enduit vinyl » au toucher très doux, jersey métallique noir ébène, cuir effet papier mat, franges fluides en soie. Les silhouettes sophistiquées aux couleurs sobres laissent parfois transparaître la douceur d’une mousseline blanc immaculé.

DEFILE FATIMA LOPES A LA MAIRIE DU 4EME ARRONDISSEMENT: Inspiration musicale pour cette nouvelle collection de la créatrice portugaise. Celle-ci donne corps au rythme des notes et à la puissance des décibels dans des lignes très graphiques et des matières inédites, comme une néo-dentelle structurée au laser qui rappelle les « trois petites notes de musique », ou encore avec des matières scintillantes distillant joie, poésie et virtuosité. Les viscoses et mousselines de soie se combinent à des froncés bohèmes, les laines à des cuirs aux grands volumes. Les manteaux oversize aux manches iroquoises s’opposent à la délicatesse de robes subtilement transparentes. Ce jeu de contrastes se décline dans une palette de couleurs raffinées: roses poudrés, cerises profonds, bleus Klein,ors précieux, noirs élégants, verts audacieux.

Le streetstyle du dimanche 4 mars 2018:

Et, pour terminer, mon look du jour: