Fashion Week Haute Couture SS23 Jour 3

DEFILE LENA ERZIAK A LA CATHEDRALE AMERICAINE DE PARIS: La maison Lena Erziak connue pour ses sacs à main et chaussures de luxe se réinvente en couture. La créatrice d’origine marocaine Leona Erziak a ainsi présenté une collection spectaculaire inspirée par l’âge d’or du cinéma et ses icônes emblématiques hollywoodiennes. Elle entremêle les styles et les matières sans retenue, passant de l’armature en taffetas de soie noire aux couleurs franches, rouge, bleu clair, rose et parme. Le satin de soie trempé dans du lait de soja s’accompagne de plumes de coq grand format et de plissés faits main dans l’atelier parisien de la marque. Des volumes envoûtants, parfois scintillants et vaporeux, mettent en évidence un travail minutieux exprimant une féminité sensuelle, magique et affranchie.

Fashion Week Haute Couture SS23 Jour 2

DEFILE JULIEN FOURNIE A LA SALLE GAVEAU: Le couturier français a présenté une collection innovante, célébrant une liberté féminine post-covid qui s’affranchit du soutien-gorge. Les tenues se veulent donc « plus légères, plus caressantes, moins près du corps », selon ses déclarations. Le défilé s’ouvre avec un tailleur pantalon blanc oversize brodé de fils d’or et des rubans portés en bandeau sur des cheveux relâchés. Pour les looks suivants les encolures et les emmanchures évoquent le débardeur, les petites robes en jersey sont un clin d’oeil à la grande couturière Madeleine Vionnet, un maillot de bain entièrement brodé devient une tenue de soirée. L’absence de maintien par le soutien-gorge conduit à repenser le modélisme des robes, notamment avec une taille un peu remontée pour affiner la silhouette. Dans une robe bleu clair l’effet « années 30 » est obtenu grâce au contre-balancement sous le poids de la broderie d’un pan de tissu ramené de l’avant sur le dos. Les boléros amènent une manche très loose et cachent le bras. Les transparences maintiennent le côté sexy. Rose pâle, orange, nuit violacée: les couleurs des robes et les broderies réalisées par l’atelier indien Shanagar évoquent des couchers et levers de soleil.

Fashion Week Haute Couture SS23 Jour 1

DEFILE SCHIAPARELLI AU PETIT PALAIS: Le couturier américain Daniel Roseberry, directeur artistique de la maison parisienne depuis 2019, a présenté une nouvelle collection spectaculaire, inspirée de la « Divine Comédie » de Dante. Le défilé s’ouvre par du noir et blanc, avec un bustier incrusté de coquillages sur un pantalon en jersey noir, accessoirisé de boucles d’oreilles triangulaires en laiton doré. Puis apparaissent de majestueux manteaux matelassés en forme de sablier, des boléros terminés par des pompons en mohair, une blouse en guipure peinte à la main avec un large col style Catherine de Médicis, un sublime fourreau de paillettes en métal beige avec un soutien-gorge orné de piercings en laiton et verre fait main. Une surprenante robe de cocktail façon léopard des neiges en laine et soie peinte à la main est surmontée d’une tête animale en résine hyperréaliste. Une robe en velours noire porte également une tête de lion géante en résine, tandis que Naomi Campbell apparaît avec une tête de loup se détachant d’un manteau en fausse fourrure. Une jupe en satin moulante est surmontée d’un plastron en marqueterie de bois de Ceylan. Un mannequin porte un masque de tête en laiton martelé fait main tandis qu’un autre, revêtu d’un pantalon de smoking noir, a son torse entièrement recouvert d’or. Des looks plus sobres mettent en scène des costumes à rayures de gangsters et des smokings en forme du fameux flacon de parfum Schocking.

Fashion Week Homme AW23/24 Jour 6 (dernier jour)

DEFILE WOOYOUNGMI AU PALAIS DE TOKYO: La créatrice Woo Youngmi poursuit son dialogue entre sa culture sud-coréenne et la mode parisienne. Le tailoring s’exprime largement dans la première partie du défilé, avec de grands manteaux, des costumes unis avec vestes un ou deux boutons, des manteaux croisés aux coupes amples dans des tons crème, écru, vert d’eau, ocre ou noir. Chaque mannequin porte en boutonnière, en collier, à la ceinture, sur l’anse d’un sac ou la tige des sneakers, un imposant bijou sphérique qui est une réinterprétation de bijoux historiques coréens dans un langage plus contemporain. La créatrice propose ensuite des silhouettes plus streetwear avec une thématique volcanique inspirée du volcan de l’île de Jeju, dans le sud du pays. Broderie sur le coeur d’une varsity jacket pastel. Imprimés d’éruption volcanique sur des pantalons denim ou dans des T-shirts en tricot portés sur un denim droit et large de cowboy, serré à la taille par une très large ceinture à imprimé python. Des ceintures extra-larges tombant jusqu’au genou, en vert émeraude, bleu turquoise ou orange, viennent accessoiriser les tenues casual ou plus formelles. Le motif volcan s’exprime aussi en grand par une broderie soignée sur l’avant d’un blouson court noir.

Fashion Week Homme AW23/24 Jour 5

DEFILE HERMES A L’UNESCO: La collection présentée par Véronique Nichanian, directrice artistique des collections homme d’Hermès, met en scène une élégance sportive et une nonchalance chic, en jouant sur les lignes, les matières et les volumes. Manteaux magnifiques, trenchs grandioses, blousons en fourrure, costumes amples associant le pantalon large actuel à de larges vestes croisées. Les encolures et les décolletés sont particulièrement travaillés: un col cheminée est placé sur un manteau hybride, mi vareuse mi veste de travail; le col des vêtements de pluie des randonneurs est intégré à d’élégants blousons urbains en cachemire; des mini plaquettes sont ajoutées sur des pulls en laine noir acier ou brun tabac; des attaches de pompiers sont cousues sur des trenchs en cuir gris porte-avion. La palette de couleurs est sobre: charbon, gravier, brouillard, caramel, bleu marine, ivoire. Les matières sont à la fois nobles et novatrices: cuir de veau, de mouton ou cachemire hydrofuge mixé à un satin technique, peau lainée enduite de caoutchouc ou toile de spi. La collection en monochrome dominant est égayée par des pulls et des twin sets aux broderies astucieuses et aux coutures ludiques.

Fashion Week Homme AW23/24 Jour 4

DEFILE OFFICINE GENERALE AU PALAIS DE TOKYO: Pierre Mahéo, fondateur de la marque lancée en 2012, a présenté une nouvelle version du chic décontracté et sans ostentation qu’il affectionne, déclinée de façon monochrome en deux coloris: bleu marine et gris. Le marine s’exprime avec de longs manteaux en drap de laine sur des chemises en soie fluides ou des mailles légères avec des pantalons droits ou plus amples. Pour l’homme, le costume peut être en laine, fitté et recouvrant un pull léger esprit marinière à manches longues, ou en velours côtelé plus large. Outre les costumes la femme s’habille d’une élégante combinaison en denim, d’un duo jupe longue-pull à côtes anglaises ou d’un blazer oversize porté sur un mini-short avec un bonnet de marin et des mocassins et chaussettes. Les looks gris répondent aux propositions marines. Un grand imperméable gris pour la femme fait ainsi écho à une belle pièce double matière, en drap de laine marine sur l’avant et en toile de coton beige dans le dos. Pour l’homme, un costume en velours satiné gris répond au velours côtelé bleu. L’exercice sublime les coupes et les matières, sans oublier les accessoires, comme ces foulards en soie élégamment noués autour du cou, ces petits sacs ceintures en cuir noir ou marron, ces broches dorées ou argentées aux revers des blazers ou ces chaînes en acier de différentes épaisseurs dépassant des poches droites de pantalons à pinces.

Fashion Week Homme AW23/24 Jour 3

DEFILE RICK OWENS AU PALAIS DE TOKYO: Le designer américain a proposé un spectacle dont il a le secret, d’une grande théâtralité, avec une certaine poésie gothique et de nombreuses références à sa nouvelle patrie hivernale, l’ancienne ville de Louxor en Egypte. Sa muse, Tyrone Dylan, a ouvert le défilé chaussé de cuissardes en cuir noir avec des talons à plateformes, portées avec un short et une cape de vampire laissant voir une bonne partie de son torse aux muscles parfaitement dessinés. Les cuissardes se trouvent également sur les looks suivants, souvent associées à des gilets sans manches matelassés aux épaules très larges. Fidèles à son ADN, on retrouve tout au long du défilé, en noir dominant mais pas que, des proportions exagérées, des silhouettes frappantes, des justaucorps et manteaux gothiques à épaules pagode, des capes tourbillonnantes, une série de vestes aviateur oversize, des blousons à épaules en pointe et d’immenses couvertures matelassées en cuir épais, attachées à la manière de sculptures modernistes.