Fashion Week Homme AW24/25 Jour 1

DEFILE AURALEE AU PALAIS DE TOKYO: La marque japonaise fondée en 2015 par Ryoto Iwai à Tokyo proposait son premier défilé à la Fashion Week parisienne (après être intervenue depuis plusieurs années dans le programme des présentations). Dans cette collection mixte toute en délicatesse le créateur revisite le vestiaire du quotidien en mettant en avant de somptueuses matières développées par la marque elle-même. Il imagine ce moment particulier qui caractérise la fin d’une journée de travail, quand on sort du bureau avec l’envie de rentrer chez soi ou la perspective d’une soirée au théâtre ou entre amis. Certains hommes ont le temps de passer au pressing récupérer leur tenue pour le dîner, d’autres ont mis leur doudoune ou leur chandail dans un sac, tandis que quelques-uns ont encore le badge du bureau autour du cou. Les mannequins arborent une élégance nonchalante, mélangeant avec un chic indéniable de l’outerwear, des pièces de workwear, comme cette veste en denim qui semble taillée dans ces grosses toiles servant à confectionner les typiques combinaisons de travail beiges, et un habillement de bureau plus classique à base de costumes aux proportions simples et confortables. Le créateur s’amuse à mixer et superposer habits et matières. La veste courte en tweed aux manches légèrement arrondies s’enfile sur un hoodie à capuche ultra doux, lui-même superposé à un pull-over ultra léger en cachemire. Le coupe-vent mauve long se porte sur la gabardine, qui protège à son tour du costume. Des couleurs incisives comme le rouge, le turquoise ou le violet s’immiscent avec naturel dans une palette de tons pastels. De superbes cabans sont réalisés dans une nouvelle matière, une laine éponge double-face. Une doudoune-parka en alpaga est à la fois résistante et légère. Les manteaux tombent impeccablement, tandis qu’en guise de chemise, une femme endosse sous la veste de son tailleur un cardigan mandarine impalpable. La qualité est omniprésente, s’exprimant à travers la douceur et la fluidité des vêtements.

Fashion Week Femme SS24 Jour 9 (dernier jour)

DEFILE CHANEL AU GRAND PALAIS EPHEMERE: La directrice artistique Virginie Viard a présenté une collection estivale, pleine d’énergie et de joie de vivre, inspirée par la Provence et la célèbre Villa de Noailles à Hyères. Apparaissent ainsi des robes plissées et corsages hippie chic, associés à des blazers écossais, de superbes caftans légers en laine bouclée, faciles à enfiler ou à enlever. Egalement d’astucieuses jupes-culottes, des shorts portés avec des tops rebrodés de cristaux, ou encore des débardeurs de kayakistes, monogrammés CC. La créatrice a innové en présentant pour la première fois chez Chanel des jeans et tuniques en denim vieilli, associés à des ceintures perlées. Des jupes portefeuille de forme irrégulière, en laine bouclée, ont un côté plus long de quelques centimètres. Les mannequins marchent à plat: mules diamantées, tongs monogrammées, ou ballerines incrustées de perles avec des noeuds en ruban noir. Sauf pour le soir: dans la tendance actuelle de la semi-transparence, de superbes robes en mousseline de soie noire, style négligé, sont combinées à des cuissardes bleu glacier à talons hauts. Des imprimés floraux fantaisie, déclinés en tailleurs pantalon, blazers et jupes plissées sont une allusion à l’insouciance propre à la Villa Noailles et à son heure de gloire.

Fashion Week Femme SS24 Jour 8

DEFILE LOUIS VUITTON AU 103 AVENUE DES CHAMPS-ELYSEES: Le directeur artistique des collections féminines Nicolas Ghesquière a présenté sa nouvelle collection dans le chantier de ce bâtiment imposant destiné à devenir d’ici quelques années un complexe Vuitton, à la fois magasin, restaurant, musée et même hôtel, revenant ainsi à la fonction initiale du bâtiment qui, lors de son inauguration en 1898, était un palace. La marque a fait revêtir l’espace du défilé d’une bâche orange en polyéthylène recyclé pour « donner l’impression d’être dans une montgolfière », le point de départ de la collection étant une voyageuse face à sa valise et les contraintes qu’un petit bagage impose. Les tissus ont donc été travaillés pour être les plus légers possibles: mousseline de soie dans tous ses états (lisse, crêpée ou satinée), cachemire waterproof superfin, nylon tissé comme du tweed mais mince comme un coupe-vent… Un blouson à manches bouffantes est associé à une robe longue et froufroutante, le tout dans des rayures colorées contrastantes. Des tops drapés à la main par les ateliers sur mesure sont contraints par des pantalons taille haute soutenus par des bretelles, tout comme les robes péplum dont l’épanouissement est restreint par une ceinture. Dans ce foisonnement créatif, quelques silhouettes plus simples parviennent également à attirer l’attention, comme une jupe crayon d’où dépassent les pans d’une blouse évanescente, ou encore un manteau façon peignoir révélant une robe courte et des jambes galbées par des escarpins en cuir torsadé.

Fashion Week Femme SS24 Jour 7

DEFILE VALENTINO A L’ECOLE DES BEAUX-ARTS: Le designer italien Pierpaolo Piccioli a présenté une collection destinée à mettre en valeur le corps féminin et qui s’articule autour d’une remarquable série de robes en imitation stuc (« Altorilievo » ou « Haut-relief »), consistant à assembler des broderies florales en 3D pour créer une robe ou un manteau sans manches. L’effet sculpté est saisissant et cette technique a aussi l’avantage de laisser voir beaucoup de peau, car entre deux orchidées ou marguerites brodées, il y a toujours un peu de vide… Un ensemble de looks entièrement noirs arborait des coupes anatomiques, tout comme plusieurs tenues rouge Valentino évoquant le péché. La plupart des silhouettes comportaient un sac, notamment le nouveau sac V Logo Moon. Le modèle existe en trois tailles, toutes d’une grande élégance. Le plus grand se porte à l’épaule pour une allure décontractée, tandis que le plus petit s’enroule autour du poignet et se porte comme un petit bijou de soirée.

Fashion Week Femme SS24 Jour 6

DEFILE ALEXANDER MCQUEEN AU CARREAU DU TEMPLE: C’était l’événement attendu de ce sixième jour de fashion week parisienne, car Sarah Burton présentait son dernier défilé pour la marque après y avoir travaillé 26 ans (d’abord comme bras droit de Lee Alexander McQueen puis, à la mort tragique de celui-ci en 2010, comme directrice artistique). La collection met en évidence, avec beaucoup d’émotion, l’immense talent de la créatrice et couturière, qui a déclaré que « les sources d’inspiration de cette collection sont l’anatomie féminine, la reine Elizabeth I, la rose rouge sang et Magdalena Abakanowicz, une artiste (polonaise) transgressive à l’incroyable puissance créatrice, qui refusait tout compromis dans sa vision ». On peut lire une référence aux tissus effilochés de Magdalena Abakanowicz dans les franges rouges cousues sur le plastron d’un costume noir qui se prolongent le long des manches, dans des jupes où les fils de soie ne sont pas tissés entre eux mais seulement alignés et retenus par des panneaux en viscose qui structurent l’ensemble. L’anatomie du corps féminin se lit sur une robe blanche brodée de fils représentant les organes digestifs et le système lymphatique, ou encore sur une robe sculpturale où les volants, les fentes et le dégradé de couleurs évoquent le sexe féminin. Les nombreux costumes sont comme toujours ajourés, laissant apparaître les côtes, une partie du dos ou la poitrine. Le défilé qui s’est ouvert avec Kaia Gerber en redingote noire à la coupe parfaite, avec un dos lacé rouge sang, s’achève en beauté avec Naomi Campbell en corset coeur plongeant argenté et jupe en boucles de perles de rocaille.